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ut conscientia noscatur

 

 

dernière modification de cette page le 23-juin-2013

journal n° 51 du 06/2013

Introduction

 

Généralement appréhendée comme une simple pratique de relaxation visant le bien-être, comme une thérapeutique ayant des effets bénéfiques sur de multiples troubles psychiques ou somatiques, la Sophrologie reste rarement envisagée dans l'objectif initial pour lequel elle a été créée par son fondateur Alfonso Caycedo, celui de l'étude de la Conscience et des Valeurs de l'Être.

 

A l'instar du marxisme qui s'est peu à peu coupé de la pensée originelle de Karl Marx jusqu'à la subvertir, la Sophrologie, dans sa pluralité syncrétique actuelle, s'est éloignée de sa devise initiale "Ut conscientia noscatur” (1).

 

Savoir discerner l'objectif et les enjeux de ses différentes approches (majoritairement orientées vers la relaxation, la thérapie ou la découverte de la conscience) permettra au public non averti de choisir, de façon éclairée, son sophrologue ou son école.

 

 

I. La relaxation

 

Selon le dictionnaire Larousse, la relaxation est définie comme une "détente physique et mentale résultant d'une diminution du tonus musculaire et de la tension nerveuse" (2). Pour arriver à cette détente, nombreuses sont les pratiques et services proposés par différents établissements spécialisés tels que les centres de "bien-être" et de massages, les espaces de relaxation, les hammams et les saunas.

 

L'objectif de la relaxation est de proposer au client un temps de pause durant lequel il pourra éprouver une sensation de bien-être.

 

Même si ce sentiment peut également être éprouvé au travers de certaines techniques de respiration, cela ne confère pas à ces dernières l'appellation de Sophrologie.

 

Ces pratiques et services de relaxation ne permettent aucune transformation de la personne qui, après avoir passé un moment de détente, retrouve sa même présence au monde.

 

 

II. La thérapeutique

 

Considéré en son étymologie therapeuein signifiant en grec "prendre soin de", le mot thérapeutique désigne dès le 17ème siècle la partie de la médecine qui étudie puis qui applique les moyens de soigner les maladies (3). Il est aujourd'hui synonyme du mot thérapie.

 

Même si le savoir et pouvoir "prendre soin" reste une capacité importante et nécessaire pour le sophrologue, cela ne lui attribue nullement le droit de soigner les maladies, ni de se prétendre médecin (hormis les sophrologues titulaires d'un diplôme de docteur en médecine).

 

Pourtant, force est de constater que la Sophrologie, en se qualifiant parfois de "médecine douce", "médecine alternative", voire de "sophrologie médicale", approche les limites de la légalité et entretient l'idée dans l'esprit du public qu'elle pourrait être une thérapie à part entière.

 

Non, les sophrologues ne sont pas des "médecins doux", ni des "médecins alternatifs" !

 

Ceci étant, nous pouvons affirmer qu'une pratique régulière d'entraînements de Sophrologie peut avoir de réels effets bénéfiques sur la motivation, l'aptitude à l'attente, l'effort, l'estime de soi, la confiance, le discernement, la parole assumée.

 

Quant à la Sophrologie qui viserait l'amélioration de la souffrance par un retour à un état de santé initial, nous pouvons observer qu'elle sort de son champ de compétence pour aller sur celui d'autres méthodes telles que l'hypnose, la réflexologie, les "thérapies" énergétiques (magnétisme, reiki, etc.), les techniques de psychothérapies, etc.

 

 

III. L'étude de la Conscience et des Valeurs de l'Etre

 

La Sophrologie a été originellement créée par Alfonso Caycedo pour étudier la conscience et les valeurs de l'existence de l'être (4). L'objet de son étude, ainsi clairement défini, constitue un élément majeur de son épistémologie. Cet objet rejette de fait toute pratique en rapport avec la relaxation, les changements et modifications des états de conscience, les procédés orientaux, voire les sciences occultes. Par ailleurs, il nous invite à l'acte d'étudier, qui ne doit pas être confondu avec l'acte de soigner. La mission du chercheur qui travaille en laboratoire sur les cellules souches ne doit pas être confondue avec celle du médecin au chevet de son patient.

 

Seulement, en Sophrologie, le chercheur est le cherchant lui-même. L'étude de notre conscience ne peut pas être "sous-traitée" à un tiers.

 

En ce qui concerne la méthode, ou moyen de parvenir à l'objectif, celle-ci est clairement établie. Elle consiste un cheminement progressif qui permet au cherchant de découvrir, étape par étape, les différents enjeux du degré (présentation, contemplation, méditation, etc.).

 

Au fur-et-à-mesure de son parcours et en fonction de la sincérité et profondeur de son engagement, la personne va vivre un réel dévoilement de sa conscience. Un plus grand sentiment de présence au monde, un sentiment de confiance, d'espérance ou d'harmonie - pour ne citer qu'eux - vont pouvoir se manifester en elle. Et plus généralement, un renforcement du sentiment existentiel de l'être va lui permettre de se vivre de façon différente. Les évènements du monde - et de son monde - ne changent pas, mais elle ne vit plus son existence comme avant.

 

 

IV. Conclusion

 

Il est un lieu commun d'affirmer que la Sophrologie n'est pas unitaire. Ses différents courants, écoles et méthodes devraient même nous amener, si nous étions plus rigoureux, à employer le terme au pluriel (les Sophrologies) plus qu'au singulier (la Sophrologie). Par ailleurs, ce même souci de rigueur, tant scientifique que philosophique, devrait également nous permettre de remarquer l'incohérence, et dans une certaine mesure le danger, du terme "Sophrologie plurielle" parfois employé.

 

Même si les trois approches présentées ci-dessus (relaxation, thérapeutique, étude de la conscience) restent toutes respectables dans l'objet que chacune poursuit, il n'en demeure pas moins l'importance, tant pour le public que pour les sophrologues eux-mêmes, de les distinguer.

 

Dans cette présente époque où l'égalitarisme idéologique - voire pathologique - conduit une certaine pensée unique à nier les différences des individus, donc les individus eux-mêmes, développer nos capacités de discernement reste d'une importance majeure.

 

Ainsi, bien au-delà d'une intention de diviser les différents courants de la Sophrologie, de juger, ou d'établir un classement des "bonnes" ou "mauvaises" écoles, celles qui seraient dans la lignée "authentique" (issue du "Canal historique"), celles qui détiendraient un morceau de la vraie croix, les orthodoxes, ou les réformés, nous invitons chacun (école et sophrologue) à affirmer sa propre spécificité.

 

Notes

1) Traduit par Alfonso Caycedo par "Pour que la conscience soit connue".

2) http://www.larousse.fr/

3) Dictionnaire historique de la langue française - Alain Rey - Dictionnaires Le Robert - 2012

4) Code Déontologique de la Sophrologie et de la Sophrologie Caycédienne

http://www.sofrocay.com/2/contingut-11153-11204-fr/code-deontologique-de-la-sophrologie.html

 

 

Hervé Bassanino - 27 Mai 2013

 

Site http://www.axiologos-sophrologie.fr

 

Je vous invite à aller consulter ce site qui est riche de textes tels que :

 

La dimension corporelle comme porte d'accès à la conscience (Hervé Bassanino)

Découverte de la psyché au 2ème degré (Hervé Bassanino)

Articles et communications en lien avec la Sophrologie

• SOPHROLOGIE & PHENOMENOLOGIE

- Étymologie du terme Sophrologie (Hervé Bassanino)

- La sophrologie : Une méthode pour se découvrir soi-même (Hervé Bassanino)

- Approche phénoménologique de la tolérance (Hervé Bassanino)

- Atelier "Le retour à la chose-même" (Nathalie Guillot)

• MÉDECINE ET SCIENCES

- Mythes et réalités sur le processus psychanalytique (André Green)

- La spiritualité en soins palliatifs ("Apprivoiser la mort" - Inexploré n°14 - Avril/Juin 2012)

• PHILOSOPHIE ET SPIRITUALITÉ

- La transformation de la conscience (Eckart Tolle)

- Une tornade de liberté (Francis Lucille)

- La souffrance (Thierry Vissac)

- Le silence qui guérit (Yolande)

Lexique des termes relatifs à la Sophrologie et au développement personnel

 

Michel

 

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