P Adoptez l'éco-attitude. N'imprimez ces pages que si c'est vraiment nécessaire

sophrologie et addictions

 

 

dernière modification de cette page le 24-sept.-2012

journal n° 10 / journée du 24/03/2001

QUESTIONS ET INTERROGATIONS SUR LES ADDICTIONS OU Dépendances

la dépendance

un manque à combler

état de souffrance non exprimé

un besoin non identifié

recherche d'un plaisir

refuge - substitut

vers une illusion d'un monde meilleur

remplir un vide

combler la solitude

auto destruction

un trop plein, un « ras le bol »

révèle l'incommunicabilité

conséquence à un état de culpabilité

répétition compulsive

un appel au secours pour aimer et être aimé

LA PRATIQUE

Groupe ouvert

Pas de renseignements sur la personne

1 - ancrage et sensation corporelle

2 - le moment positif du passé

3 - moment positif du futur

La loi de la répétition vivantielle

- comment instaurer l'alliance avec une personne dépendante

- comment transformer le « il faut » « je dois » activer ma volonté visitée en une intentionnalité : j'ai envie, je désire

- comment poser un cadre, des limites comment préparer et quel serait le déroulement de la première séance

- la gratuité ???

LES ADDICTIONS OU DEPENDANCES *

Les constats pour des personnes dépendantes

1) Une personnalité fragile

Souvent pulsionnelles, émotionnelles et quelques fois instables, les personnes qui viennent consultation ont en commun une certaine méconnaissance d’elles-mêmes. Les peurs qu'elles ont activent les limitations qui les empêchent de prendre conscience de leur potentiel positif les plaçant ainsi dans une impossibilité d’exploiter leurs ressources.

2) Un scénario de Vie négatif

Ces personnes entretiennent ponctuellement un manque de confiance en elles. Accumulant des échecs douloureux (à des degrés divers) dont elles ne peuvent tirer un enseignement. N’étant pas, peu ou mal structurées, elles vivent le plus souvent dans l'urgence du temps ou bien encore dans un passé ou un futur lointain, fantasmé et idéalisé et ne peuvent ni se programmer des objectifs progressifs ni établir des relations de cause à effet.

3) Une méconnaissance des réalités sociales

Mais aussi des concessions quelles impliquent: assiduité, ponctualité, respect, réalisme... Chaque échec les amène à agrandir le fossé entre les aspirations (de plus en plus irréalistes) et leur possible social de plus en plus restreint. Bercées par des rêves de grandeur qui servent à compenser leur sensation de médiocrité présente, elles en arrivent à faire une complète confusion entre rêves, désirs et besoins. Elles ne relient plus leurs buts aux moyens dont elles disposent. De plus, leur manque de conscience du temps les incite à ressentir une pression d'urgence qui les angoisse et renforce leur impulsivité.

4) Des relations sociales difficiles

La méconnaissance que les personnes dépendantes ont d’elles-mêmes entraîne une égale méconnaissance de l'autre. Ego centrées, elles n'ont pas conscience de l'effet rétroactif de la communication et de l'impact de leur attitude sur les réactions de leurs interlocuteurs. Leur sensibilité exacerbée les place dans un processus de transfert de responsabilité : tout est forcément la faute de l'Autre !

5) Une demande d'approche diversifiée des malades consultants

Des consultants ont fait connaissance, lors de leur cure de désintoxication avec des techniques de Sophrologie et ont pu se rendre compte à quel point ces techniques les ont aidés dans ces moments difficiles.

Se détendre en se recentrant sur soi-même, guidé par une voix neutre facilitait l'atténuation, la réduction des tensions douloureuses rencontrées lors du sevrage. C'est ainsi qu'est née l'idée de continuer en post-cure ce soutien par la Sophrologie ; la prise en charge sophrologique s'inscrivant en deuxième intervention d'un projet personnel de rupture avec l'addiction pour retrouver une vie "normale" hors de la dépendance.

6) Conclusion : La nécessité de développer une prise en charge multidisciplinaire

Les principes générauxd'un traitement

Ou plutôt d'un soutien, souvent multidisciplinaire, reposent sur l'adhésion du sujet, la constance de sa motivation, la confiance placée dans le ou les thérapeutes, la continuité d'un suivi et donc la qualité de la relation thérapeutique et son maintien à long terme.

Au-delà de ces principes, peu de traitements "standardisés" de l'addiction ne peuvent être proposés sans réductionnisme : il peut être fait appel à des méthodes diverses, chimiothérapiques, psychothérapiques et socioprophylactiques, en fonction de la personnalité de la personne, du moment évolutif de la conduite addictive et de son type ainsi que des orientations des soignants. Aucune n'a fait la preuve d'une efficacité supérieure ou spécifique : leur association, simultanée ou successive, est le plus souvent nécessaire.

Quel que soit le tableau clinique, et quelle que soit la méthode choisie, l'accompagnement du consultant, l'acuité de l'engagement du thérapeute, sa présence permanente au cours du travail de reconstruction et d'aménagement de la vie de la personne sevrée sont des facteurs essentiels d'efficacité thérapeutique.

Les axes dominants du groupe sont autonomie, dignité humaine et sociabilisation

Pour atteindre ces objectifs, les étapes suivantes paraissent nécessaires

1. RESTAURER L'ÉGO

Reconstruire une image positive de soi suffisamment solide pour accepter l'introspection.

Apprendre à se connaître et à s'accepter.

Accepter ses imperfections et ses hésitations: se donner le droit à l'erreur pour pouvoir s'auto-évaluer.

2. REPRENDRE CONTACT AVEC LES RÉALITÉS

Sentir et connaître son corps.

Savoir respirer, gérer ses émotions par la relaxation, apprendre à se contrôler.

Être structuré dans le temps :

= tourner le dos au passé,

= se construire une plage de présent confortable et sécurisant (apprendre la patience),

= se programmer un futur motivant comportant des objectifs réalistes à court, moyen et long terme.

Différencier nécessaire et superflu, rêves et besoins, envies et possibilités.

Comprendre les règles sociales pour en accepter les contraintes.

Relativiser l'échec, réfléchir ; prendre du recul, se donner des solutions autres que l'alcool.

3. ETABLIR DES RELATIONS AVEC L'AUTRE

Prendre conscience de l'existence de l'Autre.

Comprendre que l'Autre a aussi ses priorités.

Se positionner dans un groupe.

Prendre la parole et savoir écouter.

Savoir faire passer et recevoir un message dans le respect de Soi et de l'Autre.

Comprendre l'impact de son attitude et de ses paroles sur un interlocuteur.

Méthodologie et pédagogie

La démarche sera présentée aux consultants du CHAAA ainsi qu’aux partenaires intéressés par le projet à l'occasion d'une présentation vivantielle assurée par Y. Trevidy, début novembre 97. Une convention de partenariat sera signée entre le CHAAA et le "Sophro Centre d'Annecy".

1. Public concerné,

Durant la période expérimentale: des consultants du centre souhaitant une activité de groupe et/ou retrouver une activité approchée en centres de soins, sur indication médicale uniquement - le médecin étant le garant de la démarche thérapeutique.

2. Nombre de participants

Dix maximum (si plus de demandes prévoir 2 groupes) s'engageant sur la base d'un contrat de 12 séances. 12 séances semblent souhaitables car la découverte de la Sophrologie ne peut s'entendre qu’à partir d'une pratique régulière en séances mais aussi chez soi (retour au bien-être vécu durant les séances).

3. Une forme structurée et modulable

Hebdomadaire, comportant des horaires, un déroulement de séance régulier, un "code de conduite" établi par les participants, le groupe aura une structure rassurante (rituel prévisible) et contraignante (rythme et code de conduite à respecter).

A l'intérieur de cette structure, une grande souplesse sera accordée pour traiter sur le vif les sujets qui auront une actualité, s'adapter au pouvoir de concentration des personnes et de leur capacité de fonctionner en groupe.

4. Moyens en temps

Durée: 6 mois: Le travail doit être lent et progressif pour modifier profondément et durablement les fonctionnements mentaux sans provoquer de blocage.

Dates: Décembre 97 à juin 98 (pour les 2 groupes)

Rythme: 2 heures par semaine

5. Le contenu concret et pratique

Les questions abordées lors des séances s'appuieront sur le vécu des participants et sur leurs attentes, de façon à donner un caractère actif et impliquant au groupe. Les participants seront encouragés à exprimer leurs idées (affirmation de soi, développement de la créativité), à approfondir leurs réflexions (causes à effets, conséquences, raison d'être des états de fait) et guidés vers une pluralité de solutions (tolérance, choix comportementaux enrichis).

Le respect par le sophrologue et le co-animateur des défenses individuelles est indispensable. Il serait dangereux et inutile de mobiliser imprudemment. Ceci nécessite que les intervenants soient formés en alcoologie, à la sophrologie et à la relation soignant-soigné.

Chaque séance sera conclue par un engagement personnel de chaque participant à mettre en application pendant la semaine un ou plusieurs des principes retenus. La mise en commun des expérimentations ouvrira la séance suivante.

6. Lieu

L'autonomisation et la socialisation passent par des prises de conscience parfois douloureuses sur ses propres comportements limitant. C'est pourquoi, il est indispensable que le groupe trouve un climat affectif, sécurisant et encourageant.

Les locaux du Centre d'Hygiène Alimentaire et d'Alcoologie à Annecy (CHAAA).

Les Intervenants : Yannick Trevidy et Sylvie Brunier

Le système de suivi et d'évaluation

1. L'évaluation qualitative par un suivi individuel

Le contrat de 12 séances permettra d’apprécier l'évolution de chaque participant. Celle-ci sera "mesurée sur des progrès concrets repérés par les participants eux-mêmes s'ils le souhaitent. La synthèse des différentes évolutions donnera l'axe de travail du mois suivant, sur la base dune grille d’évaluation, où sera aussi mesuré le respect du cadre (régularité des présences, ponctualité).

Des modifications de comportement, du savoir-être des stagiaires, de leur autonomie et de leur socialisation devraient déjà être sensibles à l'issue du contrat. C'est pourquoi, il est souhaitable de prévoir une réunion de synthèse des animateurs du groupe et l'équipe du CHAA afin de mettre en commun les difficultés relevées et surtout les évolutions repérées.

Bien entendu, cela n'exclut pas le suivi médical et/ou social en cours dans le cadre du CHAA et sous entend une collaboration étroite avec le médecin et l'ensemble de l'équipe du CHAA.

2. L'évaluation quantitative par le suivi du groupe

Afin d'étudier la faisabilité de ce projet, le suivi du groupe sera assuré sur la base d'une grille dévaluation quantitative selon des indicateurs tels que le rythme effectif des séances, l'assiduité des consultants, le planning des évaluations individuelles, les difficultés rencontrées et de tout élément permettant le suivi du projet. Une synthèse de ces éléments est programmée à mi-parcours (3 mois) et à l'issue des 6 mois de l'expérience afin de pérenniser ou non cette action, avec l'ensemble de l'équipe du CHAA.

Un animateur de Secteur - Chef du projet sera chargé du suivi des indicateurs.

Extraits de Phénodescriptions

Christine utilise la Sophrologie pour gérer les "flashs" et les envies d'alcool.

- Centrée, je retrouve confiance en moi et je dépasse mes peurs et mes envies négatives. Quand j'ai des "flashs" ; je me remets en moi pour Activer le Positif et mes Capacités! Merci.

Phénodescription de Melle E. (Première personne venue au Sophro Centre d'Annecy pour se sortir de sa dépendance à l'alcool après 1 an de pratique au Sophro centre).

- Quand je pratique la Sophrologie au quotidien. J'ai un regard plus clair, plus juste (au propre comme au figuré). Je me sens lucide, lumineuse, détendue, disponible.

- Mon paysage m'apaise, m'illumine, me rend gaie, heureuse, bien.

- C'est fou comme j'aime la lumière !

- je me sens aussi plus présente dans ma vie, plus centrée.

RDC1, lère fois - déjà : l'impression "in vitro" Bizarre.

- Début de l'année. Ça y est ! J’ai revécu ma vie d'avant ma naissance ! Stupéfiant ! Douloureux aussi. Mais je me sens libérée en grande partie. J’ai vécu ça avec une grande intensité.

- Quand je suis dans mon paysage, j'ai des mots tout doux comme:

- Oxygène (s'aimer), Soleil (s'aimer), Lumière (s'aimer),

- Je me sens plus autonome et j'ai pris de grandes décisions grâce à la Sophro, comme laisser tomber les Alcooliques Anonymes, la télé, rompre avec certaines relations sans issues ou insatisfaisantes. Actuellement, je suis en train de prendre conscience de l'importance d'une meilleure alimentation, dune meilleure hygiène de vie pour mon bien-être et ma santé (physique et mentale).

- Dès les premières séances en Mai-Juin j'ai pu faire des créneaux d'un seul coup, avec une belle assurance

- Je suis plus à l'écoute de mon corps (sensation, besoins)

- L'esprit, ça vient. Je revis mon corps sain.

- Je me sens plus consciente Ici et Maintenant, Souvent.

- A présent, j'arrive à faire mes capacités et de temps en temps je vais réconforter la petite fille que j'étais et qui est en moi! Elle en a encore bien besoin. Il me faut juste persévérer, que, "je me le mérite". En tout cas je sais que "Ma" solution est là, dans la Sophrologie, dans ma pratique quotidienne, dans les vivances.

- Ah ! Et je laisse germer la part spirituelle qui est en moi, jour après jour.

* SOPHROLOGIE. Tome 2 - CHAMPS D'APPLICATIONS page 381- édition Ellébore, Ouvrage collectif sous la direction de Patrick-André Chéné

Yannick Trevidy (24/03/2001)

 

     P Adoptez l'éco-attitude. N'imprimez ces pages que si c'est vraiment nécessaire

Retour au début de la page                                             parenthese2@wanadoo.fr