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ski/surf : la pente est mon amie

 

 

dernière modification de cette page le 19-sept.-2015

journal n° 25 / journée du 07/10/2006

Proposer cet atelier “sophro et ski - la pente est mon amie” était un pari plutôt osé ! Combien de personnes allaient être intéressées …?
J’ai demandé que les participants aient une expérience à ski, même minime. Tout simplement parce que cette préparation sophro ne remplace pas une formation technique. Elle la complète.
 

“Au même titre que tu as une préparation physique et une préparation technique, je suis convaincue que le mental, ça se travaille, ça se prépare !

Le mental, c’est la clef de tout, c’est ce qui fait la différence !

J’ai bien exploité la Sophrologie parce que je trouvais que c’était un moyen important et qu’il aurait été dommage de le délaisser.”

Perrine PELEN - Championne du Monde de Slalom 85

(extrait de SKI FRANÇAIS - Novembre 99)

 
 
Aussi, je tiens à adresser mes remerciements à Michel, d’avoir écouté mes arguments et à vous, d’être venus si nombreux !
Merci et surtout BRAVO, de venir porter un regard neuf sur la pente, de chercher à l’apprivoiser, à vous en faire une amie …
 

Bienvenue donc dans cet atelier, pour une Sophro adaptée, “de terrain”, qui se veut simple et concrète.

 
Ce que je vous propose aujourd’hui est extrait d’un module de 5 séances que j’ai imaginé et utilisé avec des skieurs/surfeurs de différents niveaux (de débutants débrouillés à une compétitrice de 13 ans qui commence à tout gagner en slalom au niveau régional).
Les résultats ont enthousiasmé les participants et m’ont étonné moi-même !
 
 

La pente …

Nonbreuses sont les personnes qui, un beau jour, ont suivi des “amis” qui les ont entraîné dans cette descente … “facile, tu verras” !
Et là … “la pente déjà raide se redressait encore” (Gaston REBUFFAT) ; les bosses sont devenues énormes ; la vitesse a augmenté bien au delà du monde connu !

Une chute, réelle ou frôlée …

Depuis, ces personnes restent sur la défensive, donc dans la tension … alors qu’il faudrait relâchement et souplesse !
 
Entraîner (dans les 2 sens du mot) quelqu’un dans la pente n’est pas un acte anodin ! Je vais donc prendre un instant pour vous éclairer sur ce qui fait que je me sens autorisé à le faire avec vous!
 
Il y a une petite 30aine d’année, j’ai choisi de tourner le dos à l’industrie automobile et de vivre en montagne.
J’ai d’abord exercé le dur labeur de moniteur de ski à Val Cenis  ;-))
Puis j’ai suivi toute la filière du secours en montagne jusqu’au BE 3ème degré de Pisteur Secouriste. Pendant 7 ans, ce fut un véritable métier-passion.
 
Il consiste à organiser et assurer au quotidien tout ce qu’il faut pour transformer une zone de (haute) montagne en espace sécurisé du mieux possible pour accueillir les vacanciers dans les meilleures conditions.
 
Qu’il fasse grand beau, “jour blanc” ou nuit noire, les Pisteurs sont sur le domaine skiable. Je garde surtout le souvenir d’expériences humaines et d’instants en lien avec la nature extraordinaires et … quasi quotidiens !
Par exemple, se lever quand il fait encore nuit et monter avec son équipe aux premières lueurs de l’aube pour aller faire un déclenchement préventif d’avalanche. Et savourer le plaisir d’avoir le domaine pour nous seuls !
Ou bien chaque soir, fermer les pistes face au soleil couchant. Descendre lentement et s’assurer qu’il ne reste personne là-haut …
 
Mais au delà de la prévention, il faut aussi assurer les secours aux blessés (je crois que j’ai géré près de 1 500 évacuations !)
Là, quelle que soit la météo, la qualité de la neige et l’inclinaison de la pente, il fallait “tenir debout” et surtout … ne jamais lâcher le traîneau ! (pourtant, certains devaient attaquer la tartiflette dès le petit déj’ !)
 
Puis un accident de la route m’a amené à tourner la page (et même la 4ème de couv’) de l’album de cette tranche de vie …
Quand j’ai pu remarcher et reskier, j’ai du affiner encore mes sensations et développer un style très fluide pour ne pas déclencher tous les 10 m mes fixations réglées ultra souples pour protéger mes genoux.
 
Devenu Sophrologue, j’ai proposé mes services pendant les hivers 1999-2000 et 2000-2001, à un grand centre de vacances (350 lits) de la station des 7 Laux.
J’ai répondu à 2 demandes distinctes :
- Se détendre et récupération maxi le soir, en salle
            Ici, vous en savez autant que moi. Je passe …
- Progresser à ski ou surf, grâce à une sophro pratique, sur les pistes
            Là, nous sommes dans le vif du sujet !
 

Ma “recette” ?

Sur les pistes, j’observais sans intervenir pendant quelques minutes pour repérer les 2 ou 3 “défauts préférés” de chaque participant.
Puis je profitais d’une remontée sur un télésiège (les 4 places sont nombreux maintenant) pour placer une séance adaptée, visant à préparer la descente à venir …
 
C’est ainsi qu’une petite dame de 68 ans (encore très alerte, certes !) a descendu une piste noire … sans s’en rendre compte ! Arrivée en bas, elle refusait de croire qu’elle était passée là, dans ce champ de bosses que je lui montrais …
Oh temps, suspend ton vol ! Que voilà un joli sourire …
 
 
Voilà. Pour cet atelier, bien sûr nous devrons faire sans information sur vos petits “défauts préférés” …
Pour info, les plus courants sont : la jambe aval tendue, raide (à l’ESF, on dit avoir “la jambe amoureuse”) ; les bras mous le long du corps ou au contraire levés en V (version le Grand Charles dans “je vous ai … compris !”) ; le regard figé et baissé (ne portant guère plus loin que les spatules) ; une posture trop en arrière (dite “à cul”) ; …
 
 
 

Mais en bons Sophrologues, nous devrions pouvoir nous adapter ! Chiche ?

 
Je vous propose de vous remettre dans le bain du ski grâce à des chrono-photos de moniteurs démontrant le geste juste pour des virages à différentes vitesses.
Visualisez et mémorisez les postures, les gestes correspondant à votre niveau de pratique. Cela vous sera utile dans la séance qui va suivre …
 

Un peu de théorie :

Mais d’abord, pourquoi l’apprentissage du ski est-il si difficile ? Au point de devoir y consacrer des années de vacances d’hiver …
Le ski est un sport de glisse, n’est-ce pas ? C’est même ce qui est “excitant” dans la chose. Pourtant, quand on observe les pratiquants (arrêtez vous toujours au bord de la piste, pas au milieu ! et surtout, jamais derrière une bosse !), on constate que 90% tournent avec les skis en travers de leur trajectoire … Pourquoi ?
Pour se freiner ! Pour eux, le plus important est d’augmenter les frottements ! A mon sens, ils font donc … de “l’anti-glisse” ! Cherchez l’erreur …
Forcément, dans ces conditions, tout devient plus difficile, plus fatiguant !
 

Voici donc les premiers “secrets” pour progresser à ski :

 
- Placez un skieur sur un sol enneigé horizontal. Il ne bouge pas. Inclinez le sol … le voici qui glisse et s’en va …
Quel est donc le moteur de ce mouvement ? Son poids ! (ou plus exactement la composante du poids qui est parallèle au sol).
Le poids, vous savez …? Mais si, cette force qui nous relie tous à la Terre ! Et que nous faisons redécouvrir à nos clients dans la RDC 2 ! Voici l’occasion idéale de stimuler nos points d’appuis (ici, je vous déconseille les points “d’ancrage” !)
 
- Ne luttez pas contre la pente (et son corollaire, l’accélération) mais jouez avec !
C’est facile, il suffit de bien “boucler” vos virages. En fait, vous accélérez seulement au milieu du virage, quand vos skis sont proches de la ligne de plus grande pente. Continuez alors à tourner (jusqu’à remonter s’il le faut !) et tout naturellement votre vitesse va décroître !
 
- Utilisez des skis bien fartés. Ils glisseront un peu plus vite mais surtout ils pivoteront nettement plus facilement ! Une journée et 100 ou 1 000 virages plus tard, ce sera beaucoup d’énergie économisée …
 
- Si vous n’avez plus chaussé “les planches” depuis des années, essayez donc les skis paraboliques actuels : ils tournent vraiment beaucoup plus facilement. Leurs spatules taille XXL apportent une véritable direction assistée !
 
- Enfin et surtout : PRENEZ DU PLAISIR !
C’est un jeu ! Et vous avez des atouts en main :
Le ski / surf, comme tous les sports de glisse, nécessite un bon schéma corporel, de bons points d’appuis, de lâcher les tensions inutiles (pour être souple), d’être dans le rythme juste pour se projeter vers les 3 ou 4 virages à venir, en valorisant les quelques virages passés réussis.
Bref, d’être à l’écoute de ses sensations, dans un “ici et maintenant” très court qui s’intègre dans une totalisation de l’espace (réellement en 3D)-temps …

Comme dans un 4ème Degré “de terrain” …

Entre nous, ami(e)s Sophrologues … Considérez tous vos avantages par rapport à Irina et Igor Lambdaski qui découvrent tout ça !
 
Pratique : voir Ski/Surf à la rubrique « Séances »
 
Si les champs de neige vierge, hors piste, vous attirent … je vous rappelle quelques règles de sécurité incontournables. A vous d’en faire bon usage …
Enfin, pour rêver un peu et aller plus loin dans votre relation avec la pente, je vous propose 2 textes, de Jean-Mi ASSELIN (ex-rédac’chef de la revue VERTICAL ; voir la pente à la rubrique « textes ») et de Arno ADAM (double champion du monde de freeride)
 
 

La sécurité en Hors Piste :

mettez toutes les chances de votre coté !
 
En tant qu’ancien professionnel du secours en montagne, il m’est impossible d’évoquer le ski et la pente sans rappeler les risques liés aux avalanches.
 
Autant le dispositif mis en place par chaque Service de Sécurité des Pistes sur son domaine balisé assure votre sécurité (mais le risque zéro n’existe pas !) …
Autant l’approche du hors piste reste délicate. On ne joue pas avec la poudre sans prendre de risques.
 
En France, lors de l’hiver 2005-2006, il y a eu 57 décès par avalanche liés à des activités de loisirs (chiffres officiels fournis par l’ANENA - Association Nationale pour l’Etude de la Neige et des Avalanches). C’est quasiment le double de la moyenne enregistrée depuis 1971 (30 par an).
 

Sur ces 57, 27 personnes pratiquaient l’activité ski/surf en hors piste, soit 47 % !

Et le bilan aurait pu être plus lourd, car 113 personnes ont été emportées par une avalanche en hors piste …
 
Mon intention ici, n’est pas d’être alarmiste mais de stimuler une prise de conscience. L’enjeu est d’arriver à associer la notion de jeu et la sécurité.
La meilleure prévention reste la formation et l’information.
 
 

Voici donc un rappel des consignes de sécurité :

Equipez vous :

- ARVA + pelle + sonde
            C’est le pack de sécurité minimum en cas d’avalanche
- Entraînez vous sérieusement, jusqu’à maîtriser votre ARVA
            C’est vous qui détenez l’efficacité de votre appareil !
            Souvenez vous que ce n’est pas vous mais vos compagnons en surface qui vous
            sauveront la vie … Partagez donc votre savoir !
- Sac Airbag
- Pastilles RECCO

Informez vous :

- Prévisions météo et infos nivologiques (nivologie = étude de la neige)
- Passez dire un petit bonjour aux Pisteurs Secouristes
            pour préciser les conditions locales du moment (en quelques heures, la neige peut
            changer de structure, donc de cohésion !)

Faites vous accompagner :

- Par un professionnel
- En tous cas, ne partez jamais seul !
 

“Pour moi, le freerideur

doit skier sur la montagne
comme une goutte d’eau
descend le long d’une vitre.

C’est fluide, c’est beau,

ça accélère et ça ralentit,
ça laisse une trace simple, efficace …”
 

Arno ADAM

Champion du Monde de Freeride 98 et 99

 

 

Sylvain Mazimann le 07/10/06

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