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renaître

 

 

dernière modification de cette page le 24-sept.-2012

journal n° 39 du 27/06/2010

IPS

Préambule : Si je vous invite à renaitre avec moi, c’est qu’avant de renaitre je vais vous proposer de mourir. Je me suis dit que j’y allais un peu fort et que vous ne seriez pas disposés à mourir comme çà sur commande. Alors pour ne pas provoquer d’émotions trop fortes, je vous invite à vivre ces petites morts qui vont jalonner ma séance non pas comme un engloutissement sans espoir mais bien comme la porte qu’on peut être amenés à franchir pour accéder à la renaissance, à l’accueil de l’impulsion de la vie.

Quelques mots sur la réalité objective du sophrologue qui est l’auto évaluation de son état de conscience pendant la séance,  afin qu’il puisse produire l’alliance avec le sophronisant. Je vais vous parler de ma réalité objective, mais au stade précédent, lors de son élaboration pendant laquelle j’ai essayé de rester présente dans ce que me révélait l’état de ma conscience,  pour continuer à être autant que possible dans mon authenticité.   L’histoire immédiate ou plus ancienne que nous portons  en nous, sophrologues,   fait  que nous projetons notre vision du monde dans ce que nous proposons à l’autre.

Qu’est ce que je vais m’autoriser à poser en votre présence qui me permette d’entrer dans un processus que vous aurez envie d’accueillir vous aussi. Déjà ce que je vais vous dire lors du dialogue pré sophronique pour vous inviter à vous pencher en quelque sorte sur l’objet de ma réflexion afin que nous arrivions à une covivance,  et ensuite  de ce que je vais choisir comme orientation dans la pratique, comme rythme dans la séance pour que cela génère une résonance chez vous.

Certains évènements que j’ai vécus m’ont plongée petit à petit dans une sorte d’immobilité mortifère puis quelque chose s’est infiltré en moi me transformant jusqu’à ce que je me sente bouger à nouveau et renaitre à une autre perception. Et lorsque je me suis sentie « renaitre », il y a eu comme une exigence en moi, faire une séance de ce sentiment si profond du renaitre comme pour condenser et mettre un cadre sur ce que j’avais expérimenté. Il m’a semblé alors que la résonance chez l’autre pouvait être très puissante.

J’ai donc tenté d’être la plus vigilante possible par rapport à ma démarche, de l’effet qu’elle pouvait produire sur vous pour établir une relation entre vous et moi et ceci de la façon la moins inductive possible.

Ces derniers mots nous emmènent vers une problématique assez vaste mais qui peut parfois nous arrêter, nous interroger dans la réalité concrète de l’élaboration du Terpnos logos. 

Il me semble que si l’induction plus ou moins marquée peut être une porte pour l’autre, elle risque parfois d’être trop étroite pour lui permettre de le laisser devenir. Comment le sophronisant peut-il être phénoménologique   s’il a l’impression que le sophrologue lui dicte plus ou moins ce qu’il doit ressentir ? N’est ce  pas une façon pour lui d’en  être empêché par les aprioris du sophrologue ?

Je me suis souvenue de ce que Richard Esposito dit à propos de la Réalité objective qui n’est pas un état de fait pour lui mais plutôt une visée, un but, une sorte d’idéal que l’on poursuit sans vraiment l’atteindre et qui ne peut donc s’inscrire que dans des degrés. C’est peut être un peu la même chose pour l’exigence du ressenti phénoménologique, il peut commencer la ou on se trouve, quelque soit la réalité que l’on vit.

C’est peut être un point à l’horizon qu’on ne perd jamais du regard tout en ayant conscience qu’il n’est pas fixe, et qu’il n’y a pas de lieu d’arrivée.  On peut aussi à tout moment être ou ne pas être phénoménologique, avoir le sentiment de l’être très peu ou beaucoup, en être conscients et l’accepter. Etre phénoménologique en quelque sorte face à la constatation qu’on ne l’est pas !!!

C’est pourquoi si il y a des mots que je prononce au cours de cette séance qui vous semblent trop rigides et clos sur eux mêmes, que vous n’avez pas envie d’inviter dans le champ de votre conscience parce qu’inopportuns pour vous, je vous propose tout simplement de les laisser, de vous donner la liberté de les observer, de les distancier ou même plus de les ignorer car ils n’auront peut être de sens que pour moi.

Quelques mots sur ce que veut dire pour moi « renaitre » : Nous sommes calibrés pour être dans le mouvement à quelque niveau que ce soit. Dans l’infini petit de notre corps, au cœur de nos cellules, dans leur rythme, dans le mouvement de nos émotions, dans nos gestes quotidiens, dans les moments très importants de notre existence qui nous propulsent dans notre intériorité et par le faire à l’extérieur , sans oublier que nous sommes en correspondance avec les mouvements infinis de l’espace, l’énergie de l’univers.

Mais parfois il semble que la conscience de tous ces mouvements s’arrête et nous nous sentons comme gelés, pétrifiés dans un engourdissement. Ce peut être pour un très court instant lorsque notre respiration est coupée par une émotion ou sur une période plus longue de notre vie où plus rien ne semble se passer en nous et autour de nous. Ou parfois même le sentiment diffus que tout bouge autour de nous mais qu’à l’intérieur notre sang est comme coagulé.

Il y a donc dans « renaitre », l’idée de la reprise du mouvement après un arrêt. Peut être que ce mouvement qui reprend vie en nous, semble différent qu’auparavant, plus lent ou plus rapide, plus ample ou plus mesuré, mais c’est comme si la voiture qui repartait avait dans son réservoir un autre carburant.

Çà a été une expérimentation pour moi, que j’ai eu envie de  partager car il me semble qu’elle peut nous orienter dans un sentiment d’humanité commun à chacun d’entre nous mais ce n’est qu’une proposition. « Renaitre » a été pour moi, retrouver sa capacité de  bouger et d’accueillir à nouveau sans faire barrage, les impulsions  de la vie.

Les impulsions de la vie, c’est donc autour de çà que va se constituer cette séance : Idée du mouvement par les sensations sans cesse achevées et recommencées, par la respiration, le mouvement premier, le mouvement vital, puis par le geste qui nait en nous et dans l’espace autour de nous,  qui meurt ensuite, et enfin l’expérimentation du mouvement issu de l’immobilité par un voyage dans l’imaginaire.

Insister sur l’importance de l’intentionnalité car si le contenu de cette séance se base sur des exercices spécifiques, je vais les présenter d’une façon légèrement différente, les colorer avec des mots véhiculant une intention un peu particulière juste pour le plaisir de les présenter autrement.

 

Protocole de la séance

Position debout : Sophronisation avec enroulement du dos suivi d’un déplacement du négatif.

Exercice des rotations axiales dont vous allez essayer  de saisir le commencement et la fin du mouvement à l’intérieur.

Position assise, approfondissement de la détente avec SDB5S, conscientisation de la respiration et exercice sur l’imaginaire.

 

Pratique

Sophronisation…

Restons attentifs à l’émergence de la sensation, dans quelle partie du corps commence t’elle peut être d’une façon très fine, très subtile, où s’installe t’elle, reste t’elle au même endroit ou navigue t’elle pour mourir ailleurs. L’accueillir lorsqu’elle nait et la laisser s’amplifier sans faire barrage et puis lorsque nous sentons que le mouvement commence à descendre, accepter qu’il  meurt en nous.

Peut être aussi pourrions nous aller chercher dans cette quête intérieure, non pas la dualité, immobilité, mouvement mais plutôt la complémentarité entre les deux car si nous restons quasiment immobiles en ne faisant aucun geste, nous pouvons sentir l’ajustement progressif de notre corps à la posture.

Verticalité…

Je vous propose de faire l’exercice d’enroulement du dos en commençant tout tranquillement à laisser glisser le haut de la tête en direction du sol dans un non agir, juste suivre le mouvement qui a pris place en nous.

A notre rythme, nous nous dirigeons dans un mouvement centripète à l’intérieur pour pouvoir regarder ce que nous sommes, dans un retour sur nous-mêmes comme si nous voulions explorer l’intérieur de la caverne, les zones d’ombre.

Et dans notre remontée progressive, la vivre comme un retour vers la lumière avec peut être un autre regard.

Puis nous allons continuer avec le SDN  un peu différent.

Les raideurs que nous constatons sont des traces d’émotions du passé comme si le corps petit à petit s’était déformé sous la pression des évènements subis. Au lieu d’expulser ces tensions à l’aide de la respiration, pour les bouter hors du champ de la conscience, je vous invite à essayer de continuer à approfondir notre détente comme si nous voulions nous amollir à l’intérieur, enlever les rigidités, fluidifier ces résistances qui n’ont plus lieu d’être, ici et maintenant mais en les gardant sous la lumière de notre conscience. Et dans ce mouvement de fluidification, essayer de retrouver ce que nous étions avant de nous confronter au monde extérieur. Comme si nous étions des historiens, des chercheurs et que nous voulions retrouver en remontant le cours de notre histoire notre forme première, celle qui est toujours la, mais enfouie sous toutes les modifications qu’a subi notre corps et nous même depuis notre naissance.

Inspire, nous recherchons, dans le passé de nos organes, de nos tissus, de nos os, de nos cellules, la forme qui était la notre à la naissance et sur l’expire, sans forcer comme si çà allait de soi, nous dévoilons doucement  cette forme comme si nous voulions naitre une deuxième fois.

Si vous ne sentez pas cet exercice, vous vous concentrez sur la respiration, sur l’expire vous rendez au monde ce que vous ne voulez plus pour vous, comme si vous mourriez à votre passé et sur l’inspire vous vous appropriez d’une façon douce mais ferme ce que vous avez envie d’accueillir comme une renaissance tout simplement la dans l’instant.

Approfondissement de la détente…

Rotations axiales : Dans un premier temps, plongeons  nous dans notre enracinement, vivons profondément notre lien à la terre comme si nous étions en train de forer le sol…

C’est comme si nous nous solidifions dans une immobilité très dense comme dans l’attente de quelque chose et nous allons observer comment le mouvement des rotations de notre corps va s’installer en nous. Est ce qu’il se déclenche au niveau des bras, ou dans le bassin ou plutôt à partir des membres inférieurs ? Soyons attentifs à cette espèce de frémissement qui s’élève en nous pour ensuite envahir tout le corps, soyons attentifs au moment où il nous semble qu’il a atteint son apogée pour entamer un repli.

Nous nous laissons aller dans les impulsions que nous avons envie de vivre, nous les suivons, les accompagnons en allant jusqu’à la perception des sensations  les plus fines, les plus subtiles, jusqu’à leur déclin, puis jusqu’à l’arrêt total tout en ayant conscience que cette immobilité est relative.

Pause d’intégration avec perception des mouvements internes qui naissent et qui meurent en nous mêmes.

Nous nous apprêtons à changer notre position dans l’espace, quitter la position debout pour nous couler doucement dans la position assise. Essayons de percevoir les mouvements intermédiaires entre   cette position debout et la position assise.

Sophro de la forme par les systèmes…

Continuation sur notre rythme respiratoire qui prend place naturellement en nous, que nous observons sans le modifier.

Progressivement nous laissons la respiration gagner tout notre corps, la tête, les bras, les jambes.

Nous pouvons même la laisser, prendre plus de place, comme si elle dépassait les limites de notre corps…

Accueil de ce qui nous meut, comme un flux et un reflux naturel, un mouvement rythmé qui donne et qui reçoit. Nous pouvons nous concentrer sur l’image de la vague qui, sur l’inspiration prend forme et s’élève et sur l’expiration retourne dans l’infini de l’océan pour s’y engloutir et y mourir. Dans ce retour à cette vastitude, cet abandon de l’expiration,  nous allons récupérer peut être de nouvelles forces.

Continuons à observer sans essayer de modifier le rythme de notre respiration…

Puis nous allons chercher une émotion dans notre passé, pour la faire revivre en nous-mêmes, ne nous attachons pas particulièrement au souvenir de cette émotion, contentons nous  d’observer le changement dans notre rythme respiratoire…

Laissons mourir l’émotion en nous pour à nouveau contacter un rythme respiratoire apaisé pour vivre notre P I.

Je vous propose d’entrer dans la magie de notre imaginaire pour pouvoir laisser notre conscience s’exprimer à l’aide des images qui vont venir spontanément. Je vous rappelle que vous avez la possibilité d’arrêter l’exercice à tout moment.

Posture d’intégration pour ceux qui le souhaitent. Nous sommes dans un paysage de votre choix et nous regardons autour de vous les détails de ce paysage…

Petit à petit nous sentons notre corps se dissoudre dans de l’eau, doucement mais complètement, toutes nos cellules fondent dans l’élément liquide jusqu’à que nous ne soyons plus que de l’eau.

Nous pouvons imaginer que nous sommes dans une fontaine au milieu d’un jardin, un étang parmi les roseaux ou un lac de montagne ou une mare aux canards dans un pré à la campagne…

Puis nous nous rendons compte que nous nous engourdissons petit à petit, qu’une sorte d’immobilité  s’installe en nous, une immobilité confortable comme une lente hibernation. Le silence s’installe en nous et autour de nous, comme si nos sens ne pouvaient plus rien capter de ce qui se passe. Nous l’observons et nous pouvons même remarquer peut être que le rythme de notre respiration se fait moins ample comme si nos besoins à ce niveau la aussi s’amoindrissaient.

Laissons-nous, nous transformer à notre rythme en cette eau qui se solidifie peu à peu…

Puis nous percevons que des gouttes d’eau commencent à dégouliner en nous et sur nous et nous sentons que nous reprenons vie et que des petits ruisseaux à l’intérieur se fraient un chemin.

Nous laissons ce renouveau prendre place en nous, ces mouvements comme des frémissements d’abord,  puis comme des jaillissements ici ou la, jusqu’à que nous nous sentions irriguer de partout.

Et nous commençons aussi à percevoir des bruits, des sons qui viennent jusqu'à nous, des odeurs, certaines images deviennent plus précises, des mouvements d’air à la surface…

Toujours dans les sensations mais peut être au delà en laissant émerger un sentiment profond de régénération comme si toutes nos cellules avaient profité de cet engourdissement pour se restructurer, se dynamiser.

Sentiment du renaitre…

Je nous laisse intégrer ce sentiment de la vie retrouvée et reconnue au rythme tranquille de votre respiration…

PT en posture du second degré avec activation des 3 qualités.

Capacité d’harmonisation que nous avons pu expérimenter entre les deux mouvements du mourir et du vivre.

Capacité de confiance dans le mouvement éternellement renouvelé de la vie en soi.

Ce qui débouche sur la capacité d’espoir puisque toute mort est le creuset d’une renaissance…

Désophronisation.

 

Geneviève Josserand - soirée n° 75 du 30/04/2010

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