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qu'est-ce que la conscience awareness

 

 

dernière modification de cette page le 10-mars-2013

journal n° 1 du 11/01/1997

 

Corollaire : Il m’a semblé opportun de vous livrer cette présentation « gestaltiste » de la Conscience qui peut éventuellement éclairer notre démarche sophrologique, la « Gestalt Thérapie » puisant également une partie de ses racines dans la Phénoménologie. Michel

 

La conscience est une forme d'expérienciation. C'est le processus qui consiste à être en contact vigilant avec l'événement le plus important du champ individu/environnement, avec un soutien sensori-moteur, émotionnel, cognitif et énergétique total. Un continuum de conscience incessant, ininterrompu conduit à une réaction, à une saisie immédiate de l'unité manifeste d'éléments dispersées dans le champ. La conscience est toujours accompagnée de la formation d'une gestalt. De nouveau, des ensembles signifiants se trouvent créés par le contact conscient.. Ainsi la conscience est-elle, en elle-même, intégration d'un problème.

Etant donné que la compréhension de la Gestalt-thérapie dépend de la compréhension du concept de conscience, je suggère une seconde lecture attentive et réfléchie du précédent paragraphe et des corollaires ci-après. Chaque corollaire réfère précisément à la conscience dans le contexte de la personne comme un tout et dans son espace de vie humaine. bien que toutes les créatures vivantes disposent de quelque conscience, de quelques moyens d'expériencier et de s'orienter dans le monde, des gens ont une capacité particulière de survivre avec une conscience partielle. Par exemple, un névrosé peut penser à sa situation habituelle sans ressentir ni connaître ses sentiments ou bien peut exprimer physiquement ses émotions sans connaissance cognitive. Ces deux formes ce conscience humaine sont incomplètes : elles ne sont pas la conscience que nous cherchons en Gestalt thérapie.

 

Premier Corollaire

- La conscience n'est effective que lorsqu'elle est basée sur et énergétisée par le besoin dominant et actuel de l'organisme.

Sans cela, l'organisme - personne ou animal - est conscient mais pas de ce qui va l'alimenter ou l'empoisonner de la façon la plus aiguë. Par ailleurs, si l'énergie, l'excitation, l'émotivité de l'organisme n'est pas investie dans la figure qui émerge, la figure n'aura pas de sens, pas de puissance ni d'impact. Exemple : un homme a un rendez-vous et s'inquiète d'un entretien à venir. Il n'est pas conscient de ce qu'il attend de ce rendez-vous et donc réduit l'excitation et la signification de son contact.

 

Second corollaire

- La Conscience n'est pas complète sans la Connaissance directe de la réalité de la situation et de la manière dont on est dans la situation.

Dans la mesure la situation, externe ou interne, est niée, la conscience est déformée. La personne qui accepte verbalement sa situation mais ne la VOIT pas réellement, ne la CONNAIS  pas, n'y REAGIT pas, n'est pas consciente et n'est pas en réel contact. La personne qui connaît sa conduite de cette manière, mais ne SAIT pas réellement, de façon sensible, physique ce qu'elle fait, comment elle le fait, ne sait pas qu'elle dispose d'alternatives et qu'elle CHOISIT d'être comme elle est, n'est pas conscient.

 

La conscience s'accompagne d'une appropriation, c'est-à-dire d'un processus de connaissance de son contrôle sur, de son choix de, de la responsabilité de son propre comportement, de ses sentiments (réponse-habilité, aptitude à répondre, à être le principal agent à déterminer son propre comportement). Sans cela, une personne peut fort bien être attentive à sa propre existence, à son espace de vie, mais pas du tout au pouvoir qu'elle a, ni au pouvoir qu'elle n'a pas. Aussi, la conscience qui fonctionne pleinement est-elle équivalente de la responsabilité, c'est-à-dire que, lorsque je suis pleinement conscient, je suis à cet instant response-able et que je ne peux pas être responsable sans être conscient.

 

Dire «je suis» ou « je sais » avec la conviction que ce n'était pas choisi, ou croire que ma manière d'être peut disparaître grâce à quelques mots incantatoires, n'est qu'une duperie de moi-même ou de la « mauvaise foi » (Sartre). La conscience doit inclure l'acceptation de soi, la réelle connaissance de soi. L'acte de connaissance du «comment je suis» ne signifie pas que je transcende (sublime, dépasse) ce qui est «en train d'être connu». II y a des gens, souvent, qui sont conscients de quelque chose d'eux-mêmes, avec une attitude subtile qui consiste à être au-dessus de ce qui est manifestement en train d'être « connu ». Etre « conscient » du «comment je suis» tout en se rejetant soi-même est ainsi une fausse connaissance. Cela revient à dire à la fois « je suis » et dans le même temps nier le « je suis » en le disant comme si c'était l'observation d'une autre personne, disant en réalité : « j'étais ainsi, mais maintenant que je l'avoue, moi qui avoue, je ne suis pas ainsi ».

Ceci, ce n'est pas une connaissance directe de soi-même mais une façon de ne pas réellement connaître. C’est à la fois un savoir à propos de soi-même et une négation de soi même. Ainsi, se contenter de savoir que l'on est insatisfait d'un problème sans savoir, clairement et intimement ce qui est fait pour créer et perpétuer la situation et comment c'est fait, n'est pas de la conscience.

 

Troisième corollaire

- La conscience est toujours ici et maintenant et toujours en train de changer, d’évoluer, de se transcender elle-même.

La conscience est sensorielle, pas magique : elle existe. Tout ce qui existe, existe ici et maintenant. Le passée existe MAINTENANT comme souvenir, regret, tension physique etc... Le futur n'existe pas sinon MAINTENANT comme fantaisie, espoirs, etc... En Gestalt-thérapie, nous mettons l'accent sur la conscience dans le sens de savoir ce que l'on est en train de faire MAINTENANT, dans la situation telle quelle EST et sans confondre ce qui EST avec ce qui était, pourrait être ou devrait être. Nous élaborons notre conduite à partir de la conscience de ce qui est, en énergétisant la figure qui attire notre attention en fonction de qui nous intéresse au moment, et de ce qui nous concerne de façon vive.

L'acte de conscience est toujours ici-et-maintenant, bien que le contenu de la conscience puisse être éloigné. SAVOIR que « maintenant je m'en souviens » est très différent de s'introduire dans la remémoration sans la conscience. La conscience est expérience et connaissance de ce que je suis en train de faire maintenant (et comment).

 

Le maintenant change à chaque instant. La conscience est quelque chose de nouveau qui survient simultanément, elle exclut toute façon inamovible de voir le monde (caractère fixé). La conscience ne peut pas être statique ; c'est un processus d'orientation sans cesse renouvelé. La « conscience » statique n'est que la représentation abstraite de la conscience fluctuante qui peut être ressentie. Nous faisons confiance à la conscience évolutive plus qu'à n'importe quelle idée abstraite et préétablie.

 

Michel Billard

Texte utilisé lors d’une formation en Gestalt-Thérapie avec Catherine Deshays – Formatrice

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