P Adoptez l'éco-attitude. N'imprimez ces pages que si c'est vraiment nécessaire

l'usage du vélo à grande échelle

 

 

dernière modification de cette page le 19-sept.-2015

journal n° 60 du 09/2015

L’usage du vélo à grande échelle pourrait avoir un impact considérable

 

Si nous parlions vélo ? De nombreuses entreprises innovent pour en développer la pratique. Notre partenaire Courrier International fait le point.

 

Un rapport de l’ONG américaine, Institute for transportation and development policy,  rédigé septembre en partenariat avec l’université de Californie, affirme que "les transports, poussés par une hausse rapide de l’usage de la voiture ont été la source de croissance la plus rapide d’émissions de gaz à effet de serre dans le monde". Parmi les moyens pour remédier à cette pollution les experts indépendants citent la mise en circulation de véhicules plus propres, le développement des transports en commun, mais aussi une solution "abordable bien que très largement négligée" : le vélo.

 

Sans attendre ces recommandations, un peu partout dans le monde ont fleuri des entreprises centrées sur la pratique du vélo. Des initiatives toujours écologiques, souvent à vocation sociale et parfois très originales.

 

 

Déménager sur deux roues ?

 

Image: Comrade Foot sur Flickr

 

 

 

 

 

Il y a dix-huit mois, ouvrait à Londres le premier magasin d’Angleterre dédié au Cargobike, ce vélo muni d’un espace de chargement que The Independent définit comme "une alternative écologique au transport traditionnel de marchandises, ou, comme c’est souvent le cas, d’enfants". Le quotidien britannique cite l’exemple de Copenhague où "un quart des familles ayant deux enfants utilise ce moyen de locomotion. Qu’il s’agissent des services postaux ou des commerces familiaux, tout le monde utilise" ces imposants vélos.

 

Pour arriver un jour peut-être au niveau des Danois, le London Green Cycle "a mis en place des partenariats avec des municipalités afin d’encourager des commerces locaux à les utiliser pour leurs livraisons". Vente, mais aussi location pour une heure, un jour ou une semaine, le commerce se porte bien. "Dans une ville plate et engorgée comme Londres", The Independent y voit la solution idéale. Moins cher (ni parking, ni carburant), moins polluante et plus… rapide. À en croire Chandra Southall, l’une des fondatrices de l’entreprise,  "on peut transporter à peu près n’importe quoi". La jeune femme raconte ainsi au journal qu’elle a effectué presque tout son déménagement à l’aide de ces vélos capables de transporter jusqu’à 400 kilos. Difficile de la contredire.

 

 

Supplique pour être enterré à vélo

 

Le site américain TreeHugger, spécialisé dans l’écologie, rapporte que les Danois - là aussi pris en exemple pour leur pratique assidue du cyclisme et leur engagement pour le développement durable - peuvent "aller de leur conception jusqu’à la tombe en vélo".

En 2011, la banque du sperme de Copenhague a effet décidé d’effectuer ses livraisons d’une façon respectueuse de l’environnement. Les échantillons sont gardés au frais dans le compartiment frigorifique du Spermbike, un vélo en forme de spermatozoïde qui a aussi le mérite de faire la promotion du don de sperme à moindre frais. Le pays en fait même un emblème, comme on peut le voir sur une vidéo de l’office du tourisme :

Et alors que certains font leur premier voyage à bicyclette, une entreprise de pompes funèbres (danoise une fois de plus) propose depuis juillet aux défunts les plus écolos de faire leur dernier voyage à vélo. Le site News raconte l’histoire de Sillie Kongstad qui depuis des années propose déjà des cercueils et des urnes biodégradables. L’idée lui est venue en regardant des photos de corbillards antiques tirés par des chevaux. "En plus de sa singularité et de sa beauté, la faible empreinte carbone de ce corbillard à pédales a attiré bien des clients" explique le journal en ligne qui conclut: "un trajet en voiture, ce n’est peut-être pas grand-chose, mais est-ce que des personnes engagées dans la défense de l’environnement ont vraiment envie que leur dernier voyage pollue ?"

 

Plus classique, l’édition mexicaine du magazine Forbes fait l’éloge d’un "commerce garanti sans émissions de gaz à effet de serre : les coursiers à vélos". Présents de nombreuses villes du globe, le journal estime que "beaucoup de clients réguliers ne feraient probablement pas appel à ces coursiers s’ils n’avaient pas cet engagement pour l’environnement".

 

Autre activité qui essaime de par le monde, les taxis à vélo, copiés sur le modèle des rickshaw asiatiques. A Melbourne, ce service est né de l’association entre un designer industriel et un artiste australien tous deux intéressés dans les questions environnementales. Partis du principe que substituer ces gros tricycles aux taxis conventionnels pour les trajets courts pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de près de cinq tonnes par an, ils ont mis en place une petite flotte en septembre 2014. Si leur service est encore limité, ils estiment que "les taxis vélos à grande échelle pourraient avoir un impact considérable sur les villes", comme l’explique Tim Collins l’un des fondateurs dans cette vidéo :

 

 

Les poubelles, comme sur des roulettes

 

crédit : epSos.de

 

Plus insolite, depuis plus de 10 ans, les 30 000 habitants de la ville américaine de Northampton peuvent opter pour un enlèvement écolo de leurs ordures ménagères.

Alors que ce service implique généralement les arrêts fréquents de gros camions bruyants (et polluants), la petite entreprise locale PedalPeople vient retirer ordures, recyclage ou compost à vélo pour quelques dizaines de dollars par mois. L’entreprise qui propose des tarifs spéciaux aux personnes âgées ou à mobilité réduite a récemment dépassé les 10 000 collectes annuelles.

 

Alors que l’encre de son diplôme d’école de commerce était encore fraiche, Ry Morgan, un anglais de 23 ans a lancé en 2011 la plateforme PleaseCycle, "faites du vélo, s’il vous plait". Son but? Que les autorités locales, les écoles ou les entreprises encouragent leurs employés à venir travailler à la force du mollet.

 

Chaque kilomètre parcouru, relate The Guardian, est enregistré par une application mobile et permet de cumuler des points qui se transforment ensuite en bons d’achats ou en dons à des associations caritatives, payés par l’employeur. L’avantage pour l’entreprise ? En plus d’un bénéfice non négligeable en termes d’image, les employés qui pratiquent une activité physique seraient plus productifs et tomberaient moins souvent malades. Lors de la création de la plateforme, le but de Ry était d’inciter en dix ans un million de personnes à circuler à vélo. Trois ans plus tard, le service compte plus de 100 000 membres.

 

 

Des inventions pour affronter la pluie et le vent

 

Certes tout le monde n’a pas la chance d’habiter dans une ville plate, a proximité de son lieu de travail ou d’avoir l’argent nécessaire pour investir dans un vélo électrique qui prend le relai des muscles fatigués dans les côtes trop prononcées, ou sur les trajets trop longs. Pour y remédier, il existe des kits qui permettent à moindre frais de transformer votre vieille bicyclette en vélo électrique, explique le site TreeHugger.

 

Et s’il pleut trop ? Là aussi, la solution existe, le site latino-américain Unocero, spécialisé dans les nouvelles technologies, présente l’invention d’une entreprise californienne : le Virtue Bike. Sa particularité? Il a été conçu en s’inspirant des avantages… de la voiture.

 

Le résultat est un petit véhicule à pédales équipé d’essuie-glaces, de rétroviseurs et de clignotants. Fin et écologique, il se faufile comme un vélo dans les embouteillages et son habitacle léger protège de la pluie.

 

Il semblerait que nous n’ayons plus d’excuse. Et si l'année prochaine nous prenions la direction du salon du vélo ?

 

Camille Drouet pour Courrier International - 12 octobre 2014

Transcrit par Michel Billard

 

 

     P Adoptez l'éco-attitude. N'imprimez ces pages que si c'est vraiment nécessaire

Retour au début de la page                                             parenthese2@wanadoo.fr