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les frontières floues du corps propre

 

 

dernière modification de cette page le 02-avr.-2017

journal n° 66 du 04/2017

 

 

 

 

 

 

Femme assise, Pablo Picasso (1932) ©

Burstein Collection / Corbis

 

« Le contour de mon corps est une frontière que les relations d’espace ordinaires ne franchissent pas. » Ainsi le philosophe Maurice Merleau-Ponty affirmait-t-il la spécificité de l’espace du corps propre dans son livre La phénoménologie de la perception en 1945. Que signifie cette affirmation ? Quelles différences existe-t-il entre cette portion limitée de l’espace qu’est mon corps et le reste du monde ?

En un sens, aucune. Le corps est un objet comme un autre, avec une certaine forme aux frontières délimitées, qui évolue dans un espace plus global occupé par une multitude d’autres objets. Il peut être mesuré, dessiné, sculpté, voire découpé. Rien ne semble le distinguer à première vue de la chaise sur laquelle ce corps est peut-être assis.

Mais à la réflexion, je n’ai qu’un accès externe à la chaise, par la vision par exemple, alors que j’ai un accès interne à mon corps. Je peux fermer les yeux, et connaître la position de mes bras, ressentir le contact de mes vêtements, des démangeaisons sur une jambe ou les contractures de mon dos, je peux aussi avoir froid aux mains et mal au genou.

En effet, en plus de l’information donnée par les cinq sens classiques (vision, toucher, audition, olfaction et goût), nous recevons constamment des signaux sur l’état de notre corps d’une série de récepteurs sensoriels, tels que la nociception (pour la douleur), la proprioception (pour la position du corps), la thermo réception (pour la température) et le système vestibulaire (pour l’équilibre).

 

Le corps, un objet singulier

Alors que les sens classiques nous informent sur un nombre quasi infini d’objets, les « sens » internes sont spécialisés dans le traitement de l’information concernant notre corps uniquement.

Notre vie quotidienne s’articule ainsi autour d’une vaste gamme d’expériences corporelles, plus ou moins agréables et plus ou moins en arrière-plan de notre conscience, expériences que nous n’avons que pour notre propre corps. Curieusement, très peu de philosophes se sont intéressés à la nature des sensations corporelles, et encore moins à leur dimension spatiale.

Pourtant, l’étude de la façon dont nous les localisons remet en cause notre conception classique de l’espace.

Les sensations corporelles semblent avoir en commun de nous sembler localisées en un point précis ou dans une zone du corps.

La représentation mentale des frontières du corps ne coïncide pas toujours avec l’enveloppe charnelle, des sensations pouvant ainsi être ressenties dans un membre amputé, par exemple.

 

« Je crois qu’il y a une douleur quelque part dans la chambre, dit Madame Gradgrind, mais je ne suis pas tout à fait certaine de l’avoir. » Dickens, Les temps difficiles (1854)

 

Dès lors, localiser les sensations dans son corps fait-il appel aux mêmes principes que toute autre localisation spatiale ? Autrement dit, le traitement de l’information est-il le même quand on localise une douleur dans un genou et quand on repère une tache d’herbe sur ce genou ?

Bien qu’il s’agisse du même emplacement, il existe des différences essentielles : c’est bien mon genou qui est vert, c’est bien mon genou qui est blessé, mais la douleur elle-même se situe-t-elle vraiment dans mon genou ? La sensation de douleur ne doit pas être confondue avec la blessure elle-même qui résulte du choc de mon genou sur le sol, ni avec l’activation des nerfs périphériques sous l’effet du coup. En effet, la douleur, comme toute autre sensation corporelle, est un événement mental dont le siège se situe dans le cerveau. Je pourrais aussi bien ne pas m’être blessée et avoir mal au genou. Dire que j’ai une douleur dans le genou ne doit donc pas être compris littéralement.

 

Comment localiser la douleur ?

De fait, la localisation des sensations corporelles n’obéit pas à certaines règles fondamentales, par exemple celle de la transitivité spatiale : si A est dans B, et B est dans C, alors A est dans C. Cela ne s’applique pas à la douleur : si j’ai une douleur dans le pouce alors que mon pouce est dans ma bouche, je ne dirai pas pour autant que j’ai une douleur dans la bouche. Une autre notion spatiale classique est celle de distance, par exemple, je peux comparer la distance qui sépare trois points et dire que « A est plus proche de B que de C ». Mais il paraît dénué de sens de comparer en ces termes mon mal de dents, ma douleur au genou et celle du pouce. La notion de mouvement prend elle aussi une autre signification quand il s’agit de sensations corporelles. En effet, ma douleur ne se déplace pas alors même que la partie du corps qui me fait souffrir bouge.

On pourrait être tenté d’affirmer que la notion d’espace ne s’applique pas aux sensations corporelles. Cette théorie a été défendue par un grand nombre de scientifiques de la fin du XIXe siècle, tel William James.

Selon eux, les sensations corporelles sont des sentiments éprouvés de nature non spatiale.

En ce sens, elles se rapprochent des émotions : quand je ressens de la tristesse, je ne l’éprouve pas ici plutôt qu’ailleurs. Mais l’analogie a ses limites, car chacune de nos sensations corporelles est bien localisée en un endroit spécifique du corps.

Certes, il peut nous arriver d’avoir des difficultés à localiser précisément là où nous avons mal. Mais si le médecin appuie avec énergie sur différents points, celui où l’intensité de la douleur est renforcée autorise cette localisation. Ainsi, la théorie des sensations non spatiales a été abandonnée, car rien ne semble la valider. Prenons par exemple le cas du très jeune enfant. Il semble qu’il ne puisse pas situer la douleur et qu’il ne ressente qu’une sensation déplaisante. Et il est vrai que l’enfant ne communique pas où il a mal, mais cela ne veut pas dire pour autant que sa sensation n’ait aucun ancrage spatial. De fait, dès la naissance, le comportement des nourrissons montre qu’ils ont une conscience rudimentaire de l’endroit où ils éprouvent des sensations.

Par exemple, ils portent leur regard vers l’endroit où ils sont touchés. Certes, la localisation de leurs sensations est probablement imprécise, mais ce n’est pas la même chose que de ne pas les localiser du tout.

Si j’ai mal, j’ai donc nécessairement mal quelque part. Les anomalies de localisation des sensations corporelles ne doivent pas nous faire conclure qu’elles sont similaires aux émotions non localisées. Elles nous invitent plutôt à reconnaître la spécificité de l’espace des sensations corporelles, qui ne doit pas être confondu avec l’espace « ordinaire », comme l’affirmait Merleau-Ponty.

 

L’homoncule de Penfield

Le corps se projette sur le cortex somatosensoriel et le cortex moteur primaire. Les aires motrices et sensitives primaires sont organisées sous forme d’une carte : chaque zone du cortex est associée à une partie du corps et la projection tient compte de la densité des récepteurs sensoriels sur la surface de la région du corps représentée. Cette carte est ainsi une image déformée du corps, un « homonculus » dont les mains et le visage sont surdéveloppés par rapport au reste du corps. Dans cet homonculus, le corps est segmenté en parties, lesquelles sont caractérisées par des relations de proximité (par exemple, la main est en continuité avec le visage) ; chaque partie occupe un espace spécifique (ainsi, la représentation de la main est particulièrement importante par rapport au reste du corps) ; enfin, cette carte est dynamique et flexible.

Ainsi, la stimulation répétée d’une zone particulière de la peau entraîne l’expansion de la représentation de la partie du corps concernée. Inversement, on constate chez les personnes amputées une réduction de la zone corticale normalement dédiée au membre disparu pour lequel le cerveau ne reçoit plus d’informations proprioceptives ni tactiles. Même si l’interruption des informations provenant du corps est temporaire, elle provoque des modifications rapides des représentations corticales sensorielles et motrices. Mais ces modifications sont réversibles.

 

Le corps anatomique et le corps propre ne coïncident pas forcément :

Ils ne partagent pas toujours les mêmes frontières.

 

Représentation du corps et plasticité cérébrale

Plus exactement, il est important de distinguer une description purement anatomique du corps, qui ne diffère en rien d’autres objets, et une description psychologique, qui représente le corps tel que nous le percevons de l’intérieur par le biais de nos sensations.

Ce corps tel que nous le ressentons dans notre vie mentale, c’est ce que Merleau-Ponty appelle le corps propre. Et le corps où nous situons nos sensations n’est pas le corps anatomique, mais bien le corps tel que nous nous le représentons mentalement. Or le corps anatomique et le corps propre ne coïncident pas forcément : ils ne partagent pas toujours les mêmes frontières.

D’une part, il est possible d’avoir mal dans une partie du corps qui n’existe plus.

L’exemple le plus notable est celui des membres fantômes. Plus de 90 pour cent des personnes amputées continuent à ressentir la présence du bras ou de la jambe qu’ils ont perdu. Cette sensation, qui peut être très douloureuse, dure de quelques jours à quelques semaines, voire des années. Vilayanur Ramachandran qui dirige le Centre de recherche sur le cerveau et la cognition, de l’Université de Californie à San Diego, et ses collègues ont montré que l’on peut soulager ces douleurs en mettant à profit la plasticité cérébrale. Le sujet regarde l’image dans un miroir de la main ou du bras disparu, et pratique des exercices, par exemple serrer le poing ou bouger l’avant-bras non amputé, tout en regardant l’image dans le miroir. Il a ainsi l’illusion de voir bouger le membre disparu.

On constate que la zone corticale correspondant au membre disparu est progressivement recolonisée, et il arrive que les douleurs du membre fantôme disparaissent.

D’autre part, nous pouvons ressentir des sensations dans un objet qui n’est pas une partie de notre corps et ne l’a jamais été. C’est le cas de l’illusion dite de la main en caoutchouc.

Quand un expérimentateur passe plusieurs fois doucement un pinceau sur votre main, cachée à vos yeux, ainsi que sur une main en caoutchouc, que vous voyez devant vous, vous ressentirez peut-être la caresse du pinceau non pas sur votre main, mais sur la main en caoutchouc.

La similarité temporelle et spatiale entre le mouvement observé du pinceau sur la main en caoutchouc et son mouvement ressenti sur votre propre main vous conduit à prendre la main en caoutchouc pour la vôtre.

 

La segmentation du corps

 

 

 

 

 

 

Le corps est segmenté en parties, qui sont organisées selon une structure hiérarchique (les doigts font partie de la main) et topologique (la main est contiguë avec le bras). Comment les frontières des parties du corps sont-elles établies ? Sont-elles délimitées par les articulations et la capacité de se mouvoir les unes par rapport aux autres ? Pourtant, le doigt ne semble constituer qu’une seule partie malgré ses trois articulations. Correspondent-elles à des discontinuités visuelles, tel le nez au milieu du visage ? S’agit-il seulement d’un effet du langage qui découpe notre corps en parties distinctes ? Notons que la catégorisation linguistique des parties du corps varie notablement d’une culture à l’autre.

Par exemple, le bras et la main sont parfaitement individualisés en français, mais ce n’est pas le cas dans plus d’un tiers des langues.

Ainsi, en russe, un unique terme désigne l’ensemble du bout des doigts jusqu’à l’épaule. Inversement, dans certaines langues d’Asie du Sud-Est, la cuisse est segmentée en deux parties distinctes. Il reste à déterminer si cette variation linguistique s’accompagne de différences plus fondamentales au plan perceptif et cognitif.

 

L’intégration d’un objet au corps propre

De même peut-il arriver que vous éprouviez des sensations dans certains objets que vous utilisez. Par exemple, l’aveugle sent les reliefs du sol au bout de sa canne, comme l’avait déjà remarqué Descartes. Si nous pouvons ressentir des sensations dans des objets tels que la canne de l’aveugle, mais aussi des outils, c’est parce qu’ils sont intégrés dans la représentation du corps. De nombreuses études montrent que la représentation des différentes parties du corps dans le cortex, l’homoncule de Penfied (voir l’encadré page 74), est dynamique et flexible au point qu’elle est susceptible d’incorporer même des objets.

Ainsi, Lucilla Cardinali et ses collègues de l’Unité INSERM U864, à Lyon, ont demandé à des sujets de juger la taille de leur bras avant et après l’utilisation répétée d’un râteau qui leur permettait d’attraper des objets hors de leur portée. Ils ont montré qu’après avoir manipulé l’outil, les sujets surestimaient la longueur de leur bras, ce qui indiquait que le râteau avait été intégré à la représentation du bras qui le tenait.

Plusieurs mécanismes sont susceptibles de favoriser l’incorporation d’un objet. Nous avons vu avec l’illusion de la main en caoutchouc l’importance de la simultanéité – dans le temps et dans l’espace – entre ce qui se produit sur l’objet et ce qui se produit sur son propre corps. On peut aussi ajouter des facteurs de ressemblance visuelle, ainsi qu’une dimension affective ou émotionnelle. Au point que certains objets peuvent être perçus comme des parties constituantes du corps propre. C’est le cas de la canne de l’aveugle ou des prothèses des amputés.

Le fait que nous puissions localiser nos sensations dans une prothèse ou dans une canne n’indique pas pour autant que nous pourrions situer les sensations corporelles totalement en dehors de l’espace du corps propre. Une telle possibilité, nommée exosomesthésie, a pourtant été évoquée par certains chercheurs (voir l’encadré ci-dessus). Si cette possibilité reste controversée, il est en revanche possible d’éprouver des sensations dans un espace qui n’est pas le corps, mais qui n’est pas non plus totalement indépendant du corps : l’espace péripersonnel.

 

Les sensations en dehors du corps : l’exosomesthésie

Les expériences d’exosomesthésie où les sujets rapportent éprouver des sensations corporelles en dehors de leur corps bousculent nos intuitions.

 

 

 

 

 

 

 

 

Et c’est avec prudence qu’il faut aborder les rares exemples rapportés dans la littérature. Par exemple,

le biophysicien hongrois Georg von Békésy (1899-1972), lauréat du prix Nobel de médecine en 1961, décrivit la possibilité de ressentir des vibrations dans des enceintes acoustiques situées à l’autre bout de la pièce où se tenait le sujet. Mais ce résultat étrange ne constitue pas vraiment un cas d’exosomesthésie. Ainsi, quand je parle au téléphone, j’entends la voix de mon interlocuteur juste à côté de mon oreille, mais je peux imaginer l’entendre parler dans son bureau. On distingue ici la localisation directe qui dépend de l’expérience auditive (dans l’écouteur du téléphone) et la localisation indirecte qui découle de la connaissance que j’ai de la source de mon expérience auditive (le bureau d’où il m’appelle). On peut supposer que les participants aux expériences de Von Békésy sentaient directement les vibrations sur leur peau, mais indirectement dans les enceintes. De fait, Von Békésy admit lui-même que les sujets devaient au préalable apprendre à projeter mentalement les vibrations sur les enceintes.

Malgré ce que suggèrent ces expériences, les sensations restent avant tout localisées sur le corps.

 

L’espace péripersonnel

Cette dernière notion a été proposée par le zoologiste suisse Heini Hediger, directeur du zoo de Zurich dans les années 1950. Il avait remarqué que les animaux adoptaient des réflexes défensifs lorsqu’un objet menaçant se rapprochait trop de leur corps, pénétrant dans leur « zone de protection ». De même, on a découvert chez les humains qu’il existe une sorte de périmètre de sécurité : nous n’aimons pas que les autres se rapprochent trop de nous. Alors même qu’ils ne nous touchent pas, nous avons presque l’impression d’être en contact. L’équipe de Charles Spence à l’Université d’Oxford a ainsi montré que des objets situés à moins de 30 centimètres de notre peau perturbent nos sensations tactiles.

Quand notre corps bouge, l’espace péripersonnel – sorte de bulle – nous accompagne.

L’espace péripersonnel aurait un rôle de prédiction et d’anticipation. Nous risquons d’entrer en contact avec les objets qui sont dans l’environnement immédiat du corps, de sorte qu’il est nécessaire de leur porter une attention particulière. L’espace péripersonnel serait une forme de surestimation spatiale des frontières du corps. Le cerveau calcule les limites du corps, mais il est probable qu’il prend en compte une marge d’erreur. D’un point de vue évolutionniste, il est plus sûr de surestimer l’encombrement du corps que de le sous-estimer.

La notion d’espace péripersonnel montre qu’il est nécessaire d’abandonner la dichotomie entre espace corporel et espace externe, et de prendre en compte un espace intermédiaire qui enveloppe notre corps dans une bulle, bulle où il est possible de ressentir des sensations dans certaines circonstances.

L’étude des sensations corporelles et de leur spatialité montre qu’il faut abandonner toute conception simpliste de l’espace. Non seulement il convient de distinguer l’espace tel que nous l’enseigne la géométrie avec ses règles et l’espace tel que nous le percevons, et qui n’est pas uniforme. Il se découpe en espace corporel, espace péripersonnel et espace externe.

 

Perdu dans son propre corps

 

 

 

 

 

 

 

Le corps est un espace au sein duquel il est possible de se perdre, et la perte du sens de la spatialité du corps peut prendre différents aspects. En 1924, le neurologue autrichien Josef Gerstmann décrivit le cas d’une femme qui à la suite d’une lésion cérébrale souffrait de difficultés pour écrire et compter, mais aussi pour distinguer le côté droit et le côté gauche de son corps, reconnaître ses doigts et les nommer. Ces symptômes, qui constituent ce que l’on nomme aujourd’hui le syndrome de Gerstmann, ont une cause commune : un trouble de la représentation spatiale des parties du corps et de leurs relations.

De même, les patients souffrant d’autopoagnosie ne parviennent plus à nommer les parties du corps pointées par l’examinateur.

Ils indiquent des parties adjacentes (le front au lieu de la joue) ou des parties fonctionnellement équivalentes (l’épaule au lieu du coude). Dans un trouble apparenté, nommé alloesthésie, le patient localise les stimulations effectuées sur un côté du corps au niveau du côté opposé. Le phénomène miroir se manifeste chez des patients qui, à la suite d’une atteinte du système nerveux périphérique, ne sont plus capables de ressentir quand on les touche ni de connaître la position de leurs membres s’ils ne les regardent pas. Ces patients, dits déafférentés, peuvent néanmoins ressentir le chaud et le froid. Ils sont capables de nommer la partie du corps exposée au froid, mais pas de la montrer avec la main.

En 1945, Merleau-Ponty se rendit compte qu’un patient ne pouvait plus décrire la position de son corps, ni localiser les stimulations tactiles, mais qu’il restait capable de frotter l’endroit où un moustique l’avait piqué. C’est ce que l’on nomme aujourd’hui le « toucher insensible ».

Ainsi, il existe plusieurs types de dissociation possibles au sein de l’espace du corps propre, lesquels dépendent de la lésion sous-jacente.

 

En Bref

Toute sensation corporelle a son siège dans le cerveau, mais sa localisation dans le corps n’est pas toujours bien définie.

Nous pouvons ressentir des sensations dans des parties du corps qui n’existent plus : c’est le cas des douleurs des membres fantômes.

Un objet peut être intégré dans la représentation mentale du corps. C’est, par exemple, le cas de sa canne pour un aveugle.

Chacun est entouré d’une sorte de « bulle », ou espace péripersonnel, où l’on peut ressentir des sensations dans certaines circonstances.

 

Bibliographie

L. Cardinali et al., Tool-use induces morphological updating of the body schema, in Current Biology, vol. 19(12), pp. 478-479,2009.

M. Botvinick et J. Cohen, Rubber hands « feel » touch that eyes see, in Nature, vol. 391, p. 756,1998.

M. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Gallimard, 1945.

W. Penfield et E. Boldre, Somatic motor and sensory representation in the cerebral cortex of man as studied by electrical stimulation, in Brain, vol. 60, pp. 339-448, 1937.

Article de Frédérique de VIGNEMONT (chercheur en philosophie au CNRS, Institut Jean Nicol, à Paris)  - cp 52 septembre 2012 - Transcrit par Michel Billard

 

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