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le stress positif

 

 

dernière modification de cette page le 25-juin-2014

journal n° 55 / journée du 22/03/2014

(1ère partie)

Stress Positif, un titre provocateur pour nous interroger à nouveau sur le Stress, les recherches à son sujet, ses conséquences sur l'individu, et les propositions pour mieux gérer notre adaptation.

 PLAN

+ Rappel :      les Définitions des 2 mots STRESS et POSITIF

                        Le Stress agit sur la personne dans sa globalité : Corps Cerveau Comportements

                        Les recherches sur le Stress au cours de l'histoire

                        Les processus d'adaptation

                        Les méthodes pour gérer le stress

                        Nous sommes acteur de notre stress

 

STRESS : vient du latin stringere qui signifie « rendre raide », « serrer », ou « presser ». Cette racine latine est reprise par la langue anglaise  en1303.

®    Au XVIIe siècle(1600), la notion de stress signifie « état de détresse » et renvoie à l'idée d'oppression, de dureté de vie, de privation, de fatigue, d'adversité, de peine ou encore d'affliction.

®    Dès le XVIIIe siècle(1700), le stress prend une connotation contemporaine en renvoyant à une force, une pression, une contrainte, une influence, un grand effort de la matière, des organes et même du psychisme.

 

 Aujourd'hui Stress prend de multiples définitions :

            En biologie : C'est l'ensemble des réponses de l'organisme pour maintenir l'équilibre biologique dans un état fonctionnel.

 

            En médecine : il s'agit d'une séquence complexe d'évènements provoquant des réponses physiologiques et psychosomatiques. Par extension tous ces évènements sont qualifiés de Stress.

 

            En psychologie : le Stress est la réaction d'adaptation de l'individu soumis aux contraintes, et changements de l'environnement dans lequel il vit. La contrainte met la pression  ET engendre de la tension. La réaction  face au changement est directement liée à la "vision subjective" de l'individu en relation au monde. Cette évaluation est dépendante des capacités cognitives de la personne, de son état émotionnel, de sa culture, de son éducation, des influences familiales, religieuses, et de ses croyances.

 

            En sociologie : l'étude du Stress professionnel donne cette définition :

Le stress est ressenti lorsqu'un déséquilibre est perçu entre ce qui est exigé de la personne et les ressources dont elle dispose pour répondre à ces exigences.

Les réactions aux circonstances stressantes varient d'un individu à l'autre.

 

POSITIF : Du latin positivus (« posé », « qui repose sur quelque chose » d’où par extension « établi, conventionnel »).

®    LE MOT POSITIF signifie la réalité ne peut être mise en doute, par opposition à négatif (nier, opposition, refus)Un fait positif.

®    POSITIF signifie aussi tenir compte des réalités, avoir le sens pratique : Tenez compte de la situation ; il faut être positif.

®    POSITIF révèle  un effet, un résultat favorable ou qui constitue une étape dans une progression : Votre intervention a été positive.

 

Le positif en sophrologie est ce qui permet à l'individu de découvrir, conquérir puis appliquer à l'existence une conscience harmonieuse et lucide désignée par "conscience sophronique". 
Il ne doit donc pas être confondu avec l'agréable (une expérience désagréable peut être positive ; à l'inverse, la consommation de drogue - par ex.. - peut être agréable (à court terme) mais est négative.

L'action positive en sophrologie passe par la perception et la stimulation corporelle, contrairement à la pensée positive avec laquelle elle ne doit pas être confondue.

 

  Le STRESS agit chez l’être humain simultanément sur plusieurs plans :

BIOLOGIQUE (Corps) NEUROLOGIQUE (Cerveau) PSYCHO-RELATIONNEL (Comportements        en société)

 

HISTORIQUEMENT LA COMPREHENSION DU MECANISME DU STRESS REMONTE TRES LOIN

 

La Vision Hippocratique  du stress : C'est un processus potentiellement pathogène.

Hippocrate (460-356 Av JC) reprenant la théorie Pythagoricienne des humeurs  est  à la base  du concept d’homéostasie  et de ses conséquences en termes de maladies… "Toute rupture de l'équilibre normal des liquides est cause de maladies …"

 

En 1865Claude Bernard  médecin physiologiste français  décrit le concept d’homéostasie sans toutefois le nommer : « Tous les mécanismes vitaux quelques variés qu’ils soient, n’ont toujours qu’un seul but, celui de maintenir l’unité des conditions de la vie dans le milieu intérieur ».

Dès 1878 Cl Bernard montre que lorsque la stabilité du milieu intérieur est perturbée, il ya une vulnérabilité  à la maladie.

 

William Osler (1849-1919) médecin anatomo-pathologiste au Canada, aux Etats Unis, en Angleterre. Il est considéré comme le père de la médecine moderne.

Il montre « qu’un travail pénible et de lourdes responsabilités conduisent aux tourments et  à l’anxiété dont la persistance peuvent entrainer des problèmes médicaux ».

 

Walter Cannon neurophysiologiste américain dès 1915 Il parle d'homéostasie (mot qu'il créa des racines grec; stasis: état, homoios: égal) et qui se traduit par : « tendance des corps vivants à stabiliser leur organisme ». Sous stress les réactions de l'organisme recherche à  rétablir l’homéostasie. Il décrit le stress ainsi : une sécrétion d’adrénaline par les médullosurrénales dans le cadre d’un hyperfonctionnement sympathique  adaptatif.

Cannon compare le stress à la résistance des matériaux aux contraintes et cite :

 « Tout comme un matériau ne peut résister qu’à des contraintes modérées, l’homéostasie ne peut être maintenue que si les écarts à la normale restent relativement faibles. Au-delà, les processus correctifs permettant de faire face sont nécessaires : c’est le stress. » (stress positif par sa fonction même de rééquilibrer l'organisme)

 

HANS SELYE

Hans  Selye (1907-1982) médecin endocrinologue - a été un pionnier de la recherche sur le stress et a démontré que le stress avait un impact sur la santé.

Il a défini le stress comme l'ensemble des moyens physiologiques et psychologiques mis en œuvre par une personne pour s'adapter à un événement donné.

Le changement brutal survenant dans les habitudes d'une personne, jusque-là bien équilibrée, est susceptible de déclencher un bouleversement dans sa structure psychique et même somatique.

Selye a montré comment les hormones corticosurrénales sont mises en circulation lors d’agressions violentes de l’organisme.

Dans son ouvrage" Stress" il écrit : « Le stress est une réponse non spécifique du corps à toute demande qui lui est faite ».

C’est ainsi qu’il a suggéré la première définition du stress :

"une contrainte non-spécifique sur le corps, causée par des irrégularités dans son fonctionnement normal (non-spécifique), car n’importe quelle maladie peut causer cette contrainte). Ce stress résulte en une sécrétion d’hormones ; les hormones du stress.

 

C’est ce que Selye a défini comme le Syndrome Général d’Adaptation, c’est-à-dire, les réactions à court et à long-terme de notre corps face au stress.

 

                              ALARME                    RESISTANCE              EPUISEMENT

 

3 GRANDES PHASES

ALARME : réaction physiologique hormones / neuro transmetteurs  par l’intermédiaire du système nerveux autonome (sympathique, parasympathique)

L’organisme réagit pour fournir l’énergie nécessaire et rétablir l’Equilibre.

 Nous agissons et adoptons les actions nécessaire à l’évènement (ou situation) qui se présente à nous.

Au niveau adaptatif à court terme cependant, le stress va conduire aux réactions de fuite ou de lutte qui sont la conséquence d'un hyperfonctionnement sympathique.

 Le Stress d’Urgence bénéfique  pour rétablir d’urgence l’équilibre.

 

RESISTANCE : Entre en jeu la sécrétion du sucre (énergie musculaire) mise en alerte de la vigilance au niveau du cerveau, mise en veille des systèmes moins concernés (système digestif, reproductif)

 Le stress a donc un rôle adaptatif essentiel à jouer.

 

Au-delà de la phase d'ALARME, des processus correctifs permettant de faire face sont nécessaires : c'est le stress.

Le stress (selon les études de Cannon) est donc le complément à l'homéostasie qui permet de minimiser les dégâts déjà engendrés à l'organisme.

C'est une aide à la réaction d'urgence à court terme qui favorise la fuite ou la lutte, c'est-à-dire l'évitement, de la situation pathogène.

 Et en ce sens, le stress est fondamental à l'adaptation d'un organisme. DONC POSITIF

Finalement, Hans Selye a montré que le phénomène de stress est un dispositif de vigilance salvatrice et que la sur-vigilance est dommageable lorsque la quantité de demandes dépasse la capacité de réponses du sujet.

Hans Selye parle de stress négatif (défavorable) et de stress positif (favorable) et de a-stress (de type neutre) en état de méditation.

 Il est possible de transformer un stress négatif en stress positif.

Le stress qualifie à la fois une situation contraignante et les processus physiologiques mis en place par l'organisme pour s'y adapter.

 

En phase D’ EPUISEMENT

Les capacités de l’organisme peuvent être débordées.

L’organisme produit toujours plus d’hormones, de cortisol, de sucre.

Le système de régulation devient inefficient.

L’organisme submergé d’hormones, est en permanence activé : il est déséquilibré et il s’épuise. Si de plus, nous maintenons l’organisme à l’hyperactivité, par des pensées «négatives » (nous pensons toujours devoir rester en alerte) c’est le débordement et nous favorisons l’épuisement. Le cerveau ne fait pas la différence entre la réalité et ce que nous pensons et analysons de la réalité.

 Dans cette phase d’épuisement, chaque situation stressante et les réactions physiologiques qu’elle a engendrées, sont stockées en mémoire corporelle et psychique. 

 C’est en partie ce qui produit la phobie, le stress post-traumatique ou les attaques de panique.

Un stimulus banal aujourd’hui, peut être associé à une situation stressante antérieure mémorisée. Nous subissions un conditionnement opérant.

Dans ces conditions les Risques encourus sont de : favorisées des Maladies ; Dépression, burn out.

 

Stress aigu  -Réaction immédiate dans des évènements d'urgence

 Stress Chronique – dure dans le temps le corps fonctionne en surrégime entretenu par nos pensées

 

HENRI LABORIT (1914-1995) Médecin Chirurgien et Neurobiologiste –Publie une trentaine d'ouvrage dont  "Eloge de la fuite" en 1976 et "L'inhibition de l'action" 1979 Cet ouvrage  a inspiré le film d'Alain Resnais "Mon oncle d'Amérique" sortit en 1980.

Dans ce film, Henri LABORIT, lui-même, décrit et démontre bien les 3 comportements s liés au Stress.

Selon LABORIT, la conduite de l'Etre Humaine  est réglée par quatre éléments: la consommation (boire, manger et copuler), la récompense (plaisir), la punition (déplaisir) avec pour issues : la lutte ou la fuite et enfin l'inhibition de l'action.

 

La lutte

      Aspect négatif L

     Agitation, impatience, susceptibilité, agressivité …

      Aspect positif J

     Mobiliser nos forces pour s’adapter, passer à l’action.

     Mise en œuvre de la motivation

La fuite

      Aspect négatif: L

     dispersion, agitation, confusion…

      Aspect positif: J

Rechercher à s’échapper, à fuir une menace ou un danger pour nous protéger

 

L’inhibition

      Aspect négatif: L

     Découragement, vision négative, lassitude, sentiment d’impuissance…

      Aspect positif: J

     «L’inhibition» ou l’évitement.  Il a comme vertu adaptative instinctive de chercher la protection.

 

Le BIO PSYCHO COMPORTEMENTAL

Henri LABORIT est considéré comme le précurseur des neurosciences

En reprenant la théorie de Paul D. Mac Lean des trois niveaux cérébraux (ou "cerveau tri-unique", qui guidait la réflexion neuroscientifique à l'époque) :

      Un cerveau reptilien, commun à tout le règne animal, qui assure nos réflexes de survie et qui dirige notre comportement de consommation ;

 

      Un deuxième « cerveau », le cerveau limbique, commun à tous les mammifères, celui de la mémoire, qui guide notre comportement de récompense : il nous fait fuir les expériences que l'on a connues douloureuses (Chat échaudé craint l'eau froide) et agir pour rechercher le plaisir. Si toutes les issues sont bouchées, l'inhibition de l'action provoque le stress et déclenche des maladies ;

 

      Notre troisième « cerveau », le néocortex, plus développé chez l'espèce humaine, permet d'associer des idées provenant d'expériences différentes plus abstraites.

Il ne nous sert, hélas bien trop souvent, qu'à tenir un discours qui permet de justifier nos deux premiers comportements.

Le néocortex devrait nous permettre de comprendre que ces deux premiers cerveaux n'instaurent que des comportements de domination entre les hommes.

Or l'homme n'est fait que de son contact avec les autres hommes.

Je cite Henri LABORIT :

"Ne pas être conscient qu'il faut au moins canaliser les instincts de domination (puisque nous ne pouvons les éliminer), ne peut conduire qu'au malheur individuel et collectif."

 

Approche du STRESS selon les travaux de Richard  LAZARUS et Judah. FOLKMAN (1984) qui donnent la définition suivante :

« Le stress psychologique est une relation particulière entre la personne et l’environnement qui est évalué par la personne comme mettant à l’épreuve ou dépassant ses ressources et mettant en péril son bien-être ».

 Cette définition est axée sur des perceptions, il s’agit de prendre en considération l’évaluation que ce fait l’individu de la situation et des ressources dont il dispose pour y faire face.

C’est donc la mise en correspondance d’un environnement et d’un individu qui permet de parler de stress. 
L'approche transactionnelle s'intéresse avant tout aux dimensions psychologiques et cognitives du stress
, afin de mettre en place des méthodes de gestion du Stress.

 

GESTION = EVALUATION et JUGEMENT

Le processus et le résultat de ces évaluations dépendent non seulement de 
la réalité des choses (qui sont les contraintes présentes dans la situation, et les  ressources dont disposent l’individu) mais aussi des caractéristiques particulières de l’individu qui procède à ses 
évaluations qui influencent son jugement, son MODE DE PENSEES.

Au final pour passer au coping c'est-à-dire appliquer une STRATEGIE D'ADAPTATION.

 

http://www.france-acouphenes.org/site/images/stories/modelisationdossiercouple.JPG

 

Enfin,  la définition du Stress donnée par Olivier ROQUES (1999) aborde les stratégies d’adaptation :

« Le stress est une relation entre un environnement donné et une situation donnée dans laquelle l’individu considère que les sollicitations de l’environnement mettent à l’épreuve ou dépassent ses capacités d’ajustement. Elle se traduit par une altération du bien-être et peut conduire à des stratégies d’adaptation ». 


 

 

 

BOUCLE DU STRESS POSITIF

Schéma  créé par LAZARUS pour passer à un mode adaptatif face au Stress

Où sont nos ressources pour passer en Stratégie d'Adaptation ?

Prendre du recul c'est déjà passer au niveau du néocortex, territoire de l'intelligence créatrice et relationnelle.

 

 

http://www.unisson06.org/dossiers/relation_aide/stress_clip_image004.jpg

 

En Conclusion

Nous comprenons bien que le Stress est sur un mode double :

interne (biologie neurologie, corps et cerveau) et en externe (psycho-comportemental et en relation avec notre environnement).

Il est positif pour permettre le rééquilibrage biologique mais la marge est faible, il devient négatif lorsque notre biologie fonctionne en surrégime. En fonction d'un trop grand nombre de sollicitations (stresseurs) par jour (+50/jour) ce surrégime s'installe très vite.

Il est essentiellement dû à nos pensées, notre point de  vue sur les autres, et notre environnement.

Le Stress est POSITIF dans la mesure où nous le prenons comme une sonnette d'alarme pour changer nos modes de pensées, de comportements, de jugement, afin de mieux nous adapter en faisant fonctionner notre NEOCORTEX.

 

 (2ème partie)

Nous avons pu nous rendre compte que le stress est controversé et…. Surprenant.  Il peut être positif ou négatif, selon les personnes, les situations et la durée du stress (aigu ou chronique).

Là, par exemple, je perçois mon cœur  battre fort et très vite ;

Dans une peur de ne pas être à la hauteur pour mon exposé, ma peur de parler en public, peur du jugement,  je pourrais être tentée de fuir : J’aurais pu me déclarer malade pour la journée ; Je pourrais être sans voix ; Je pourrais vite vouloir en finir et bâcler ma présentation, etc. etc.

Dans le désir de donner une bonne image de moi,  pour vous donner le sentiment d’une grande assurance, je pourrais prendre mes grands airs… et lutter pour être dans le paraître et je ne serai plus dans la présence. Intérieurement, je pourrais vivre de la colère de ne pas accepter tel que je suis.

Je pourrais aussi, dans mes doutes,  être dans le découragement, et la tristesse.  « Ton exposé est nul ! », et imaginer que le stress n’a plus de secret pour vous. Me taire, faire un exposé sans investissement de ma part.  Etre dans l’inhibition.

Mais, je peux aussi éprouver du stress, dans ma motivation de partager avec vous sur un thème qui nous intéresse tous. Les modifications de la biologie liées au stress  me procurent certains phénomènes dans mon corps, me rassurent et  me font  sentir plus vivante, plus concernée, plus engagée, sentir qu’il se passe quelque chose en moi.

Le désir du lien, du partage, de la reconnaissance du clan des sophrologues, ou la peur de l’échec, de la sanction et du rejet peuvent avoir un effet  motivant et je ressens le plaisir du défi et du dépassement de soi.

Je me rends compte que je suis un peu dans la confusion. Stress positif ou négatif. Les 2, je crois.

 

Comment basculer  de cet état de stress où j’éprouve les mêmes sensations physiques que l’animal qui est en survie face à un danger, au plaisir de simplement passer un bon moment avec vous ?

 

J’accueille mes pensées qui ne sont que des pensées et j’oriente mon attention sur mes sensations, présence de mon corps, ma respiration,  mes points d’appui. Merci  Sophro-jolie. J’ai envie d’être dans le plaisir d’échanger avec vous.

Qu’est- ce que je risque ?

Une mort imminente ? Non, ça c’est sûr.

D’être jugée, de ne pas satisfaire tout le monde ? Peut-être, et après ?.....

Une expérience nouvelle qui me fera évoluer ? Oui, j’en ai la certitude.

Suite à l’exposé de Florence, je souhaite survoler avec vous  l’approche des neurosciences dans la compréhension du stress, son évolution,  les modes mentaux et la pratique de la sophrologie.

 

Au commencement le stress était externe ou défensif

Comme nous l’a évoqué Florence, dans le monde sauvage et animal, le stress est un mécanisme de défense et de survie. Il entraîne un signal d’alarme qui déclenche un processus physiologique pour faire face au danger. Il vit le stress pour l’essentiel, qu’en contexte de danger immédiat.

Apparemment, le stress humain, au niveau de la biologie, se manifeste de la même manière que celui de l’animal, dès que l’individu se sent l’objet d’une menace quelconque, même si, objectivement, sa vie n’est pas ou plus en danger. Tout semble se passer comme si nous n’étions, nous humains, pas ou plus capables de faire spontanément la distinction entre un danger de mort imminente et un simple désagrément subjectif dû  à une contrariété, parfois tout à fait bénigne, un jugement négatif porté sur nous-même par notre entourage.

De nombreuses études montrent qu’on ne peut pas identifier de causes externes réelles dans près de 90 % des cas de stress humain, en situation sociale moderne.

Ce sont en fait nos pensées, nos incohérences contradictoires, qui déclenchent le stress. Le stress humain est donc principalement interne. Nous semblons vivre, pour certains d’entre nous , constamment en état d’alerte biologique. (Propriétaire ou locataire de notre stress)

 

« 3 centres de décisions » pour l’homme moderne :

 

Les 3 cerveaux : Le Reptilien, le Limbique et le Préfrontal ou Néo-cortex.

 

Reptilien, qui gère notre organisme dans ses fonctions primaires, manger, dormir, séduire et nous reproduire, fuir ou mordre. Il ne connait ni passé, ni avenir et ne vit que dans le présent. Il ressent.

Puis vint le grand pas de la vie en groupe, faire plus que se croiser, rester ensemble. Il fallait s’organiser, reconnaître un chef, lui obéir. Savoir se blottir les uns contre les autres pour se protéger ou faire front…

 

Nous parlons du cerveau Limbique. Il assure la routine, le groupe et la sécurité. Il apporte le souvenir, la mémoire à long terme, pour enregistrer ce qui marche, ce qui ne marche pas, ce qui est dangereux ou amical. Il ressemble à un programme informatique nommé « conditionnement ». Ces conditionnements sont de tous types mais régissent essentiellement notre comportement social. Il pense. Sa force, c’est sa capacité à gérer des situations connues, complexes avec une extrême rapidité. Notre journée ou presque, n’est faite que de choses que nous faisons sans y penser.

 

Préfrontal, évolution du cerveau, qui cherche. Il réfléchit. Il est la curiosité, il pousse à la découverte, à la nouveauté. Préfrontal sait que stagner sur ses acquis est un danger certain. Il regarde avec un œil neuf pour prendre la décision la plus adaptée à chaque situation.

Majoritairement notre intelligence Préfrontal est inconsciente. Parfois nous avons des intuitions très malignes sans savoir d’où elles viennent.

 

 

La Conscience :

 

« JE » La Conscience, où se situe-t-elle dans nos trois cerveaux ?

Maintenant que nous connaissons les 3 acteurs de notre cerveau il nous faut répondre à une question. Et « Moi » dans tout ça ? Où est la conscience ? Nous pourrions croire que Reptilien, Limbique et Préfrontal donnent leur opinion, que nous les entendons et prenons une décision qui serait la nôtre. Nous sommes les 3 cerveaux.

Au risque de décevoir : c’est limbique le maître de la conscience. Nous habitons dans la maison du juge, maître des automatismes et des règles sociales.

 

Limbique est maître du « JE » selon Antonio Damasio

 

Alors comment cela fonctionne-t-il ? Qui dit « Je » quand je dis « Je » ?

D’une certaine manière, la conscience, le « Moi » est naturellement sous contrôle de Limbique.

Mais parfois, dans les situations nouvelle, c’est Préfrontal, qui possède les solutions les plus pertinentes à nos problèmes d’homo sapiens, mais il a des difficultés à accéder à la conscience, à « nous »  , sauf si Limbique le veut bien.

 

Quand Limbique ferme la porte……

Normalement, devant toute situation nouvelle ne répondant pas à un automatisme enregistré, Limbique devrait laisser Préfrontal prendre le contrôle pendant que, lui, prépare un nouvel automatisme pour la prochaine fois. Les 3 cerveaux travaillent de concert, tendus vers un même but, nous sommes intelligents, calmes, concentrés, en un mot performants.

Mais souvent Limbique n’ouvre pas les portes.

L’habitude de se débrouiller seul, Limbique bloque l’accès de la conscience à Préfrontal.

La situation est totalement nouvelle, aucun automatisme n’est adapté et Limbique va la gérer comme il peut avec des conditionnements inadaptés.

La situation n’est pas nouvelle, mais limbique, trompé par des pseudos vérifications (croyances) antérieures utilise un conditionnement défectueux.

 

Préfrontal prends les chemins de traverse.

Le Préfrontal grâce à son accès privilégié à toutes les informations, voit bien que la réponse de Limbique n’est pas adaptée, qu’une meilleure réponse serait possible. Il va chercher à faire connaître son opinion. Bloquée par le limbique la conscience n’entend pas les alarmes de Préfrontal.

Reptilien, lui, va entendre les alarmes de Préfrontal, mais n’a pas la capacité de les comprendre et répond de la seule manière qu’il connaisse : en activant ses états d’urgences. Voilà le stress.

Le stress, c’est Préfrontal qui alarme Reptilien car « nous » sommes rendus sourd par Limbique.

Le stress : signal de détresse d’une intelligence préfrontal inconsciente.

Notre vie d’homme moderne, professionnel ou privé, est d’une immense complexité, pleine de situations mouvantes et changeantes, variées et délicates. Dans ces cas, le mode limbique n’est pas toujours capable de gérer correctement. Mais il ne le sait pas ! Il a été seul à bord pendant des millions d’années et n’a pas l’habitude de donner la main.

Comment faciliter l’accès du Préfrontal à notre conscience, pour que le conflit à l’origine du stress se résolve en idées et actes plus adaptés et créateurs ?

Le cerveau humain, sommet d’une longue évolution, dispose de 2 grands modes de fonctionnement selon les structures que nous décidons d’utiliser.


 

 

 

L’ECHELLE D’EVALUATION DES MODES MENTAUX (EEMM)

 

Echelle établie par Jacques Fradin : « L’intelligence du Stress ».

Outil de mesure et de changement

Mode automatique : limbique ; sûr, rassurant, stable, infatigable, mais incapable de gérer l’imprévu.

Mode préfrontal : néo cortex ou préfrontal ; capable de gérer tous les imprévus par des comportements innovants et originaux. Gérer le compliqué est son plaisir, mais il est exigent, il s’ennuie vite et à souvent besoin de repos. C’est notre Néo Cortex préfrontal.

Connaître le caractère du mode limbique et du mode préfrontal pour basculer sur notre préfrontal.

 

Mode Automatique                               Mode Préfrontal

 

Routine                                                    Curiosité

Refus                                                        Acceptation

Dichotomie                                               Nuance

Certitudes                                                 Relativité

Empirisme                                                Réflexion logique

Image sociale                                             Opinion personnelle

Conséquence immédiate                                     Vision à long terme

Ma tribu                                                    L’ensemble

 

 

Comment basculer du MMA au MMP ?

 

Nous passons donc notre temps à gérer des situations en mode limbique alors que le mode préfrontal le ferait infiniment mieux et en évitant stress et angoisse.

A / Reconnaître l’état de stress ;

B / Evaluer avec l’échelle des modes mentaux, quel paramètre est touché ?

C / Exercices de Gestion des modes mentaux pour basculer sur Mode Mental Préfrontal

D / Préfrontal

 

Processus de mise en place des Modes Mentaux Préfrontaux

 

 

 

La pyramide Moyen/Exigence :

 

Il arrive que nous soyons face à une situation incohérente pour Préfrontal. Notamment lorsqu’il y a déséquilibre entre les moyens et les exigences. Le but sera de réévaluer la situation (interprétation et point de vue) pour rééquilibrer cette pyramide et la rendre acceptable par Préfrontal qui arrêtera ainsi ses alarmes.

Comment stabiliser cette pyramide ? Se reposer la question : quels sont les « véritables objectifs » ? Les prioritaires ?

Vérifier les exigences qui ne sont en rien des objectifs (maniaquerie, règle personnelle inadaptée)


 

 

La Sophrologie :

La sophrologie dans tout ça, elle nous permet de :

Développer notre capacité d’accueillir les sensations, les émotions et les sentiments de notre corps induits par Reptilien SB ;

Reconnaître que nous sommes en stress ;

Percevoir si ce stress est bénéfique pour nous ou au contraire dévastateur ; Si oui ;

Basculer du stress au calme par la respiration, SDN, les exercices d’ancrage ;

Par l’écoute du langage de notre corps, percevoir  nos  conditionnements limbiques inadaptés et défectueux par des temps de pause ;

Accepter la non-maîtrise d’une situation nouvelle, et, laisser piloter préfrontal ;

Aider notre cerveau Limbique à ouvrir plus souvent la porte au cerveau préfrontal ;

Créer des nouveaux conditionnements ;

Nous parlons en sophrologie de réalité objective pour qu’il existe une cohérence entre nos objectifs et nos moyens.

 

En conclusion :

Le stress est le premier détecteur d’une souffrance du corps, l’indicateur de refoulement du préfrontal et il nous encourage à interpréter les symptômes pour ne pas devenir malade. L’étude des Neurosciences et son appropriation par le  sophrologue sont de nature à obtenir de meilleurs résultats. La sophrologie est un moyen puissant pour laisser Limbique ouvrir la porte à Préfrontal.

Routine : Attrait pour les habitudes, la maîtrise du connu, parfois le non désir de la nouveauté voire une phobie. Une peur d’explorer ailleurs,…..

Curiosité : Recherche active et exploratrice, sensorielle, de la nouveauté, l’esprit de la découverte, la quête active de l’autre, de la différence…

Refus : persévérance, la volonté de ne pas se laisser déstabiliser par l’imprévu, l’obstination, la crainte du dérangement, la résistance aveugle au changement, à l’anticipation….

Acceptation : capacité à s’ouvrir à l’imprévu, accepter l’échec ou la souffrance comme une source possible d’apprentissage, d’enrichissement, de renouveau, de rebond, sans soumission ni résignation….

Dichotomie : décision parfois hâtive, avec une vision tranchée, simpliste avec un manque de nuance.

Nuance : perception du détail et de la complexité. Vision concevant les intermédiaires avec du positif, du négatif.

Certitudes : il est utile de s’affirmer ou affirmer, d’avoir une opinion, mais c’est aussi à l’excès la sensation que nos perceptions, notre vision du monde sont  toutes la vérité, il en découle l’intolérance….

Relativité : conscience que chacun a son propre regard sur les choses. La perception spontanée que ce que l’on voit n’est pas la réalité pleine et entière, que la carte n’est pas le territoire….

Empirisme : focalisation sur les résultats, les recettes qui marchent. L’aversion pour la réflexion perçue comme stérile et compliquée, « preneuse de tête »

Réflexion logique : recherche active de la compréhension.

Image sociale : (grégarité), c’est une perception émotionnelle de ce qui se fait, est acceptable socialement dans un groupe, mais c’est aussi une préoccupation aliénante par le regard des autres, une importance exagérée donnée au positionnement hiérarchique dans le groupe, pourvoyeuse de manque d’initiative. Le groupe est perçu comme un « tout qui juge », ce qui amène aux vécus de honte, de ridicule, de prétention, de fierté….

Opinion personnelle : nous cherchons plus l’opinion ou les sentiments de l’autre que nous craignons son jugement ; en ce sens, nous sommes à même d’affirmer son opinion, même si nous sommes seuls à l’incarner, sans être sûrs pour autant d’avoir raison.

Conséquence immédiate : je suis préoccupé par les conséquences immédiates, le court terme. Je ne veux pas de revers, pas de « perte de temps »

Vision à long terme : Je veux préparer l’avenir, gagner en expérience.

Ma tribu : seul mon clan m’intéresse, mon équipe, ma famille ou même juste moi.

L’ensemble : mes proches sont importants, mais c’est tous ensemble que l’on gagne. Ma tribu c’est tout le monde.

Florence Besson (1ère partie) et Véronique Lavastre-Hirigaray (2ème partie) – journée du 23/03/14

 

 

 

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