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le schéma corporel

 

 

dernière modification de cette page le 10-mars-2013

journal n° 50 / journée du 01/12/2012

PRINCIPE : DE RÉALITÉ OBJECTIVE

PRINCIPE : LE SCHÉMA CORPOREL COMME RÉALITÉ VÉCUE

PRINCIPE : L’ACTION POSITIVE

 

Préambule 

 Pour une bonne compréhension, la lecture de ce qui suit, doit être mise en regard du « dessin » proposé en annexe N°1).

Je n’ai pu retranscrire, ici, la dynamique de l’atelier (questions, échanges, réflexions..) cela restera notre vivance et je remercie ici tous les participants. J’ai aussi dû aménager le texte pour qu’il soit, je l’espère accessible au plus grand nombre et j’ai repris, pour partie, ce qui avait été évoqué lors de l’atelier sur : la réalité objective. (Journal de la parenthèse N° 43)

LE SCHÉMA CORPOREL COMME RÉALITÉ VÉCUE

Nous avions abordé lors de notre rencontre du 26 mars 2011 ( journal de la Parenthèse N° 43)  le principe de réalité objective où nous avons perçu que la réalité objective et  l’intégration du schéma corporel  étaient étroitement liés.

Aujourd’hui, je vais éclairer ce principe fondamental de la sophrologie caycédienne qu’est le schéma corporel comme réalité vécue

Pour faire connaître quelque chose, en général, il y a deux façon de faire :

                        Expliquer la chose

Ou plus subtilement

                        Expliciter

En phénoménologie, expliquer les choses, c’est réduire le discours a ce que l’interlocuteur peut comprendre sur le moment pour qu’il le comprenne immédiatement.

Expliciter c’est tourner « autour du pot » : « de cette façon-là : c’est comme cela - de cette autre façon, c’est comme ceci… »

Faire le tour de la question pour que petit à petit il  y ai une imprégnation qui se fasse et hop « bon dieu mais c’est bien sur »…et j’ai compris.

Expliquer les choses c’est un peu la consigne: pour faire la vaisselle tu fais ça, ça et ça…

Expliciter c’est avoir tous les éclairages pour que l’autre comprenne petit à petit. En phénoménologie « il faut que ça se dégage. »

Ce que je vais faire aujourd’hui c’est expliciter. Je vais vous donner mon éclairage, ce que moi j’ai compris, mon vécu.

En sophrologie, nous parlons de schéma corporel  (Suivre le développement avec l’annexe N°1)

Il y a deux acceptations du schéma corporel. Le schéma corporel se présente sous deux formes.

Un schéma corporel qui est inscrit dans le cerveau dans la scissure de Rolando : aires motrices primaires et aire somesthésique primaire. Il existe avant de commencer la sophrologie, il est représente tout le corps et ses organes, mais de manière disproportionnée : des grosses lèvres, grandes mains, des gros pouces, des grands pieds avec un gros gros orteil, un petit corps, un petit sexe…

( voir : homonculus de penfield dans google et description annexe N°1- journal de la Parenthèse N°43).

Il peut être qualifié de schéma corporel neuronal.

Le Schéma Corporel c’est aussi le souvenir tel que le définit Bergson, une REPRESENTATION MENTALE.

C’est du non matériel, du virtuel.

La conclusion de Bergson et celle d’autres philosophes est de dire

« Deux neurones n’ont jamais pensé. »

« Un cerveau n’a jamais pensé. »

Comment situer, alors le cerveau par rapport à cela ?

La question est de dire qu’est-ce que la conscience ?

Jusqu’en 1900 on pensait que la mémoire était une configuration que l’on avait dans le cerveau.

Puis les progrès de l’anatomie, de la physiologie, neurologie, etc… ont fait des avancées conséquentes pour finalement comprendre que toute la conscience que l’on a, tous les souvenirs que l’on a , notre mémoire, n’est pas dans le cerveau, elle est virtuelle.

C’est une représentation. C’est le souvenir de Bergson.

Il se construit quelque chose, et nous sommes toujours en train de le construire. ( représenté par un bonhomme en pointillés sur le schéma en annexe N°1)

Le schéma corporel que nous construisons en sophrologie est aussi bien au niveau neuronal qu’au niveau virtuel : nous construisons les deux.

Ce que l’on appelle la transcendance c’est ce qui est en dehors. C’est en dehors du corps, c’est en dehors du cerveau.

Ce qu’on appelle l’immanence c’est ce qui est situé en dedans.

Chacun a sa mémoire et le cerveau n’est qu’un outil pour construire, pour pouvoir actionner cette mémoire.

Prenons l’exemple d’une balade en vélo.

Faire  du vélo c’est acquérir des connaissances procédurales : l’équilibre, appuyer sur les pédales etc…) cela s’inscrit dans le cerveau neuronal.

Lorsque je fais ma balade en vélo, je la fais au bord d’un lac avec une belle forêt.

Le corps physique fait l’expérience de l’environnement au niveau de la peau, du visuel, des sons, les odeurs etc.…nous allons appeler cela des perceptions.

Les informations du monde extérieur sont des perceptions qui sont transmises du monde extérieur au monde intérieur qui deviennent des sensations, (les perceptions sont à la périphérie, et les sensations sont à l’intérieur.)

L’information arrive, c’est traité par le cerveau avec un certain état de conscience et cela donne des sensations.

Puis après les sensations nous avons Des émotions puis Des réflexions…

Je sens la chaleur du soleil sur ma peau (perception), je ressens un état de bien être (sensation,  c’est l’éprouvé)

Si, lors de ma balade, j’entends le cri du coucou c’est une perception, mais si cela me rappelle le coucou de mon enfance … je touche le souvenir… Si j’ai mal aux mollets, c’est physique, ça s’inscrit dans mon schéma corporel neuronal (scissure de Rolando)

Tout le reste, (état de bien être, souvenir…) je vais l’inscrire dans cette mémoire : le Schéma corporel transcendant. ( Cf annexe N°1)

C’est du non matériel. Ce Schéma Corporel est un souvenir (tel que le défini Bergson) une REPRESENTATION MENTALE (Tracé du bonhomme en pointillé sur le schéma annexe N°1)

Bergson dit que la mémoire, le souvenir n’est pas moléculaire. Ce n’est pas l’agencement des molécules dans le corps ou dans le cerveau qui fait qu’on se souvient, ça se passe autre part et c’est cela la transcendance.

En balade en vélo, nous sommes dans la nature, c’est matériel, mais à un moment donné il y a quelque chose qui n’est plus dans la nature qu’on utilise consciemment qu’on appelle  l’image eidétique. C’est l’image de l’essence : ce qui nous constitue, nous définit.

La balade que j’ai faite m’a constitué et donc ça fait partie de mon essence mais ce n’est pas en moi, ça m’est transcendant.

L’homme n’est pas que matière, il est aussi essence, nous pouvons dire aussi esprit.

Question : L’imagination ? 

Chaque fois que je dois imaginer quelque chose et chaque fois que j’imagine ça passe par  le cerveau…mais ce que j’imagine n’est pas dans le cerveau c’est ailleurs, dans le schéma corporel transcendant :

- c’est ce qui s’est constitué en tant que souvenir.

- c’est ce qui s’est constitué en tant que conscience.

Ce que dit Husserl est que la conscience est mémoire : si je n’ai pas de conscience, je n’ai pas de mémoire.

Si je suis coupé de mon cerveau neuronal, je suis un « légume ».

Husserl explique que pendant la guerre de quatorze, certains soldats ont eu des lésions au cerveau et ils ont perdu tous leurs souvenirs : age, famille, etc.…

A un moment donné ils ont récupéré au niveau du cerveau. Le cerveau  s’est régénéré, ailleurs avec d’autres neurones (et/ou cellules gliales !). Ils ont la possibilité de cette transcendance de revenir dans leur vécu antérieur. (récupéré de la  mémoire, )

En rééduquant on transfère cette partie lésée dans d’autres neurones qui vont pouvoir réactiver cette fonction : cela s’appelle la PLASTICITÉ ( années 1910-1940)

Le sens commun, comme les gens sont matérialistes, est de dire que le schéma corporel comme représention mentale (qui est représenté sur l’annexe 1 par le bonhomme en pointillé), ça n’existe pas.

Question : Paralysé- hémiplégie ?

Membre fantôme est encore inscrit dans la conscience, dans le souvenir , il n’est pas dans la personne, les fonctionnalités ne permettent plus d’y accéder. La personne ressentir de la douleur à son membre fantôme. En intégrant le Schéma Corporel dans sa globalité en réalité objective : il y a déconnection de l’alarme douleur.

Quand nous travaillons le schéma corporel en sophrologie, nous nous construisons une globalité : neuronale et transcendante

Dans l’expérience de la balade : la perception du monde extérieur se transforme en sensations…Lire un livre, il n’est pas dans le cerveau. Le cerveau est un outil pour constituer : le roman que j’ai lu est dans le souvenir pas dans le corps pas dans le cerveau il est dans l’esprit.

Question : comment expliquer les problèmes de mémoire lorsque ce n’est pas liés aux problèmes neuronaux ?

Autre schéma de Bergson, on rejoint l’inconscient et les habitus

 

 

Tout ce qui est prés, le cerveau y a facilement accès (mon repas d’hier), pour ce qui est plus éloigné c’est plus difficile (un repas que j’ai fait à trois ans, c’est très loin et le cerveau n’est pas très bien fait pour aller constamment chercher au plus loin). Le cerveau cherche le plus loin possible, culture générale, il a intégré et ça représente tout son souvenir.

Plus c’est loin plus c’est difficile d’accès

De plus dans ce schéma de Bergson l’individu se situe entre un passé et un futur, l’individu se déplace et il ne fait qu’intégrer et tout cela représente son souvenir, tout son esprit, sa mémoire.

Le petit bonhomme (dessiné sur le schéma de Bergson) est matériel, dans la nature matériel, donc immanent, et tout cela (le cône) est immatériel transcendant.

Ça crée mon individu, mais ce n’est pas pour cela qu’en appuyant sur un bouton  que je vais pouvoir restituer tout, tout de suite et refaire tout le « film ». Simplement, parce que, peut-être,

je n’en as pas envi, ou je n’en ai pas besoin tout de suite mais si quelqu’un m’en parle, je        ré accède au « film ».

En sophrologie existentielle en travaillant sur les sens, nous travaillons sur la capacité de mémoire, les sens : c’est la mémoire.

Le cerveau n’est pas habitué à restituer les choses immédiatement et ce n’est pas comme pour un ordinateur où il suffit de cliquer sur le fichier et en avoir le contenu. Cela peut être aussi simple, mais c’est aussi beaucoup plus complexe. Je dois souligner ici l’importance de L’INTENTIONNALITE.

Question sur l’intégration :

Ça ne veut pas dire faire un compte-rendu de suite. D’où parfois la difficulté de restituer une vivance tout de suite ? Ça peut apparaître plus tard, après être rentré à la maison ou quelques jours après. Après les Relaxations Dynamiques, la conscience est en marche.

Question: Expliquer transcendance

« Tu m’es transcendante car je ne pourrais jamais aller dans tes souvenirs et toi dans les miens. Nous pouvons vivre un même événement et ne pas le transcrire de la même façon car notre vivance a été différente (mais non ! ce n’est pas comme si, je te dis que c’était comme cela…) »

 

Q. La conscience universelle

Pour Husserl tout ce que l’on fait n’est pas anodin car tout va à la conscience universelle.

 

En phénoménologie, il n’y a pas d’inconscient, c’est plus ou moins haut, plus ou moins facile d’y accéder. Il n’y a que la conscience.

Q. Côté immatériel de la mémoire

Ce n’est pas moléculaire, même si nous portons des traces.

Pourtant pour CHANGEUX, neurobiologiste français, tout le monde est dans l’ADN, il pense qu’en déroulant l’ADN, un jour, on va voir toute la conscience universelle. Là, c’est à l’antipode de ce que pense les phénoménologues. Ils disent que l’ADN, c’est moléculaire et que tout ce qui est représenté par le cône est transcendantal, c’est pas dans les neurones, c’est pas, dans les muscles, même si il y a des traces que l’on porte sur soi : Représentation mentale du corps et non pas neuronal.

Il faut l’intentionnalité de la conscience pour retrouver les mémoires.

 

Question : Où situer l’inconscient par rapport à tout cela ?

L’inconscient, Caycedo ne l’a pas nié, il ne s’en est pas servi, il a pris d’autres chemins. La conscience englobe tout.

Q. Mémoire du corps ?

 Si tu fais de l’haltérophilie tu fais travailler tes muscles, c’est moléculaire, mais toutes les expériences que tu auras dans la salle de gym, c’est immatériel.

 

Cas concret : Empreinte : je recevais depuis quelques séances une personne qui après avoir suivie une cure de désintoxication alcoolique, désirait continuer la pratique de la relaxation. Elle était suivie par ailleurs par une psychologue. Pendant quelques séances, je lui fais pratiquer, la RD1 et la RD2 pour lui permettre d'intégrer son schéma corporel.

A la fin d'une séance lors d'une phénodescription, elle précise : « il s’est passé quelque chose de curieux pendant la séance, car mes bras voulaient toujours aller derrière moi, malgré moi et comme ce n'était pas du tout proposé, je les ramenais toujours à leur place le long du corps. »

je lui fait remarquer que les stimulations sont des propositions, et que vous avez  la liberté de laisser s'exprimer ce qui apparaît, pour vous même, dans la séance.

Quelques jours après, elle me téléphone en me disant qu'elle ne viendra plus aux séances, car elle a vécu quelque chose de violent chez elle. Intrigué je lui demande ce qui s’est passé

« J'ai eu mes bras qui, comme lors de la dernière séance, sont partis à l'arrière. J’ai laissé s'exprimer ce mouvement.... Et ça m'est arrivé comme un éclair, je me suis retrouvée toute petite avec mes bras attachés derrière le dos par mes parents qui ne voulaient plus que je suce mon pouce et cela a été très violent et j’ai beaucoup pleurer. Alors vous pensé revivre ça...

Après l'avoir écouté, je lui demande : «  et là maintenant comment vous vous sentez ? » un petit temps de silence et elle répond : « Mais je me sens bien, oui je me sens très bien »

Je lui explique alors, qu'elle vient de vivre une libération de charge émotionnelle que c’est un processus de nettoyage, désagréable certes, mais pour que maintenant elle se sente libérée. Ce qui est important c’est : ici maintenant -  comment vous vous sentez - , vous vous êtes libérée de quelque chose  qui ne viendra plus vous mettre « sous tension » 

 

L'intégration du schéma, corporel en réalité objective, permet d'installer un ancrage : je sais où je suis, là dans ma taille d'adulte. Je peux laisser apparaître, en accord avec moi-même ce qui est nécessaire pour libérer les tensions engrammées en moi. Et m’installer dans un espace intérieur de plus en plus libre ( « maintenant je me sens bien »), où se manifestent des sentiments vitaux tels que : la présence, la vie, ainsi que la paix, la sérénité, l’harmonie, la joie, la liberté laissant l’émergence à toutes mes capacités d'avenir

 

En sophrologie, nous harmonisons : le schéma corporel neuronal (immanent) et Le Schéma Corporel en représentation mentale (transcendant).

En sophrologie, nous passons par le niveau de conscience modifié ( sophroliminal), c’est un accès privilégié qu’a découvert CAYCEDO pour pouvoir connecter tout cela, le relier, par la dynamique de la conscience. Nous exerçons notre cerveau ce que tout soit relié et harmonieux...

Le schéma corporel est totalement lié à la réalité objective. L’Enfant se structure avec une image du corps à partir du regard de l’autre.

Regard à partir duquel il essaie exister en cherchant à avoir une reconnaissance par l’autre de son identité.

Nous devons percevoir la différence entre : l’image du corps et forme du Schéma Corporel !

Ce qui construit l’image du corps, c’est le monde extérieur. C’est ce que j’ai intégré en en tant qu’enfant dans ma représentation du monde. ( cf. annexe  2 tableau de Françoise DOLTO)

 

En sophrologie existentielle, la pratique des relaxations dynamiques du 1er  et 2ème degré nous permettent d’intégrer le schéma corporel jusque dans sa forme ( intégration de la peau comme limite monde intérieur – monde extérieur)

Quand le schéma corporel est intégré, je perçois mes limites depuis l’intérieur (depuis ma peau). Limites de mon schéma corporel qui me permettent de bien différencier les espaces : mon espace corps ( mon espace intérieur, mon univers interne…) et espace extérieur (le monde). Je deviens un sujet conscient de lui-même. C’est la réflexion de la conscience par rapport à l’humain que je suis.

 

La réalité objective ne peut partir que d’un schéma corporel bien intégré: présence en soi de moins en moins soumise au « nous-on » mais au contraire, présence par rapport à soi-même.

Je laisse les images à l’extérieur, je m’intéresse aux sensations. (Ce qui construit la forme du Schéma Corporel vient de l’intérieur.)

Ma vérité, c’est ce que je ressens ici et maintenant, c’est assumer « sa présence » (autrement je reste dans mes représentations  du monde, Danièle Raynal parle : «  de rester dans le chapeau ».)

L’intégration du schéma corporel jusque dans sa forme permet l’encrage qui permet la présence, présence à soi-même et dans le monde.

 

La position d’être au monde change à partir de ce moment-là, c’est-à-dire, je ne suis plus

dans le « nous-on » du monde extérieur. Je prends conscience qu’en retournant « chez moi, en

moi » je me libère pour pouvoir me redéployer dans une réalité de plus en plus objective.

 

En conscience naturelle je suis COMME les autres, au monde avec tous les utiles, nécessaire pour ma survie, mais la survie ne me donne pas la vie.

Au lieu d’être le monde, je prends conscience que par mon souffle, je suis présent chez moi. Il est là mon ancrage. Mon ancrage c’est mon corps ( mon schéma corporel intégré jusque dans sa forme, plus en plus libre de tensions : ma région phronique) et c’est à partir de cet ancrage que je peux faire un redéploiement réussi parce que je suis à la bonne place. C’est ce qui installe : la bonne distance car je ne fais plus partie « de la tapisserie du monde » (Merleau Ponty).

 

La vie, c’est ce retournement, (retournement de la conscience en soi appelé métanoïa en phénoménologie) (*) qui permet, petit à petit, de se redéployer en étant vraiment soi-même, là il n’y a plus de « nous-on », chacun est responsable de lui-même.

 

Chaque mot a son sens: le « je » c’est le sujet. Le sujet n’est plus dehors, mais va s’installer dedans.

Cela nous amène à réfléchir à l’importance de l’emploi du JE dans notre terpnos logos. Car c’est le sujet qui part à la conquête de sa région phonique.

 

La conscience prend conscience de quelque chose pour elle-même sans plus passer par le regard de l'autre. La sensation me permet de me sentir vivant, c’est la vie consciente que nous allons chercher par le phénomène.

Dans la fusion confusion, nous perdons notre énergie, nous sommes à la portée de tout quand nous sommes dans la tapisserie du monde

 

Quand le schéma corporel est intégré, je perçois mes limites depuis l’intérieur (depuis ma peau)

 

Avec la sophrologie, nous pratiquons régulièrement un nettoyage (libération des tensions) alors qu’auparavant, nous  accumulions les tensions.

Par la pratique, nous inscrivons, en, nous le Schéma Corporel de l’adulte que nous sommes aujourd’hui et du même coup lorsque nous nous trouvons dans une situation difficile, il n’y a plus de régression possible. Par la même nous nous rendons compte combien la relation à l’autre va être améliorée. Dans le redéploiement vers l’extérieur, je suis dans une situation d’alter ego.

C’est le travail du schéma corporel dans sa forme c’est-à-dire l’encrage qui permet la présence. Je suis dans un espace intérieur de plus en plus libre, ce qui me permet d’installer en moi mes  sentiments vitaux: de présence, de vie, de paix, de sérénité, d’harmonie, de joie, de liberté etc.…et vivre  l’émergence à toutes mes capacités d'avenir.

 

Le schéma corporel et les objets que j’utilise.

    En même temps que j’ai ma taille, je sais que je peux faire rentrer dans mon Schéma Corporel : mon stylo, ma raquette, mon vélo, ma voiture, parce que ma conscience prend conscience de ce dont je me sers. C’est important pour tout individu et plus spécifiquement pour les sportifs. Au tennis j’ai besoin d’un « bras plus long » avec ma raquette. Ma conscience inscrit, ma raquette, dans mon Schéma Corporel. D’où l’intérêt de faire pratiquer les sportifs avec l’objet de leur pratique sportive : le joueur de tennis avec sa raquette, le boxeur avec ses gants, le cycliste avec son vélo etc… Ainsi que dans les gestes spécifiques : par exemple le service pour le joueur de tennis.

Le schéma Corporel est une question de conscience. Cela commence par l’intégration du schéma Corporel jusque dans sa forme : je suis dans la centration, et lorsque je joue au tennis ma raquette fait partie de mon schéma corporel.

    Lorsque je conduis ma voiture ma voiture fait partie de mon schéma corporel. C’est - à - dire que j’ai conscience de sa longueur, de sa largeur et de l’espace dans lequel je vais la garer. C’est un travail très intéressant à faire avec les personnes qui se présentent au permis de conduire.

    Je terminerai par le témoignage de Florence. Florence est une jeune femme de 35 ans qui pratique la sophrologie existentielle depuis un an, en groupe à raison d’une séance par semaine d’une durée d’environ une heure trente minute.

Voilà sa vivance.

La sophrologie dans mon cheminement

 

La sophro. a été essentielle pour moi durant cette année qui vient de passer : sortie petit à petit d’une dépression (qui m’a quand même ouvert la porte de l’immobilité et de l’écoute intérieure), je sens que je ne suis plus la même et que je ne veux plus être la même…

La sophro.  n’est pas le seul « facteur » de mes prises de conscience et de mon nouveau ressenti, les lectures et les rencontres sont essentielles aussi. Mais, la sophro. me permet d’ancrer le changement que je sens en moi, malgré un sentiment global de fragilité.

Sentir son corps comme un nouvel univers à découvrir, Etre présent à soi, S’habiter

Ah ! Il y a encore peu de temps, j’ignorais quasiment que j’avais un corps ! J’ai grandi dans une famille catholique et paysanne où l’esprit et le corps étaient clairement séparés. « Prendre soin de soi » était un défaut, le corps n’existait pas (et je ne parle même pas de sexualité). Alors bien sûr, il est difficile de se déprogrammer complètement…

La fatigue et la maladie dans toutes ses dimensions, physique et psychique, aident à bousculer les habitudes et les repères. Je prends progressivement conscience que j’ai un corps et qu’il me relie à ma vie (psychique ?), qu’il en fait partie, qu’il la porte. C’est bien la globalité de la vie que je découvre dans cette période, et en particulier en sophrologie.

Et les choses commencent : sentir ma respiration, découvrir que quelque chose circule, que les stimulations laissent la place à un espace corporel qui devient sensations… Et cet univers intérieur nouveau qui porte ma vie replace le monde extérieur à sa place ! Cette phrase ne peut être plus parlante pour moi. Je ne suis plus seulement un être social, qui agit, qui travaille, qui est en relation, je suis aussi, et au départ, un être vivant et humain qui palpite, qui ressent et qui vit des émotions. Et c’est cette partie de mon être qui est entrain de retrouver sa juste place.

Donc en (re)découvrant mon intériorité, je relativise le monde extérieur, mais je me sens aussi plus riche et plus autonome dans la relation amoureuse.  J’ai en effet été longtemps une « dépendante affective » attendant le retour de mon compagnon, insatisfaite quand il se consacrait à ses activités personnelles… Aujourd’hui, je me sens moins en attente, moins dépendante et plus riche de mes propres activités ou intérêts personnels. De la même façon, je suis moins dans l’attente d’événements à venir, du « ce sera mieux après » et donc plus légère et plus ancrée dans le présent. Bien sûr, ça n’empêche pas les déceptions. Mais dans ce cas, je suis consciente du processus et je me sens moins atteinte en profondeur.

Accepter ce que je suis

La sophro. m’aide à mieux m’accepter. Je suis timide, plutôt silencieuse et contemplative. Je suis souvent en retrait dans le groupe. Je me sens fragile et émotive en général et encore plus avec la maladie.

J’ai pris conscience que j’étais complexée par rapport à ce tempérament. Je ne me sentais pas à l’aise avec la gens (pas à la hauteur ??) Je me jugeais parce que cette façon d’être ne correspond pas à la norme (ou ce que j’ai longtemps perçu comme la norme) : il faut être actif, sur de soi, parler haut, être beaucoup en relation…, notamment dans le cadre du travail et de la vie sociale (et je travaille dans le développement local !!).

Et là, je découvre qu’il y a d’autres « vérités » possibles : telle que je suis, dans ma nature profonde, j’ai une grande richesse et une créativité à développer. Ecouter l’autre, pouvoir exprimer ses sentiments et ses émotions, être calme, se sont aussi des qualités et une posture pour rencontrer l’autre. Ca change totalement le regard que je me porte…

Cette confiance et cette indulgence envers moi, c’est la parole collective qui me l’a donnée mais aussi, l’intégration corporelle elle-même qui m’a révélé « l’univers intérieur » du corps et de la conscience. L’univers extérieur (la vie sociale, l’action, le travail…) c’est une réalité, mais elle n’est pas la seule : ici, j’en (re)découvre une autre et c’est comme une continent nouveau qui s’offre à moi et dans lequel je suis à l’aise et je me retrouve moi-même !

Accepter les difficultés que je rencontre (… Un jour viendra où j’utiliserai le verbe « accueillir »)

Je vis une période de grande fatigue et de vulnérabilité. En effet, beaucoup de facteurs extérieurs (un projet collectif, du travail à fournir, des propositions d’amis,….) m’appellent à l’action et à l’effort. J’ai le sentiment que mon corps ne veut pas suivre. La sophrologie m’apprend à accueillir la fatigue et à la vivre, non comme un obstacle ou une contrainte mais comme une étape juste, qui a aussi des choses à m’enseigner… Elle m’aide à équilibrer les vies intérieure et extérieure et à sortir de l’opposition.

Pour être plus précise : c’est en prenant soin de moi, en activant ma conscience corporelle dans la sophrologie, que j’arrive à prendre du recul par rapport au monde extérieur et à retrouver de la confiance qui me donne d’avantage envie d’agir. Ou finalement, je prends conscience que c’est la peur et le stress, bien plus que la fatigue physique, qui me donnent un sentiment de contrainte et d’effort.

Si la sophro. m’a permis d’avancer sur mon autonomie et mon image, je sens que j’ai plus de difficultés en ce moment sur cette dimension du stress et de la peur (face au travail notamment). Mais tout est à construire et reconstruire sans cesse. C’est aussi cela que je découvre dans la sophro. et dans la connaissance de soi en général.

Le rôle du groupe

Il y a une chose que je tiens à souligner absolument : c’est le rôle du groupe. Il est à la fois une cellule de réconfort, de force et un miroir.

Je ne suis pas seule à vivre des difficultés : je peux les partager et partager celles des autres. Les autres me donnent leur attention et leur chaleur et je peux donner les miennes. Et dans une période où j’ai la sensation d’être beaucoup centrée sur moi (avec une once de culpabilité…), le fait d’être attentive et tendue vers l’autre, recréé l’équilibre entre moi et les autres.

Et puis, il y a l’effet miroir : l’autre est bien un autre moi-même. Quand Marylène dit « Je voulais me rendre invisible », j’ai l’impression qu’elle exprime quelque chose que je pourrais dire mais surtout que je n’avais encore jamais formulé aussi bien ! Florence - Le 30 octobre 2012

A lire

1) dans Google :

             - *métanoïa phénoménologie : Le journal de l’intégral : la Voie de l’Intuition (2) La Métanoïa )

            - L’image du corps et la conscience de soi: de l’éducation somatique dans le champ psychologique ( par Yvan Joly  M.A.)

2) « Le processus de la Présence » de Michael Brown édit. Ariane

 

 

  

Zone de Texte: Annexe N° 2
 

Françoise Dolto dans son livre « l’image inconsciente du corps » a cette approche entre schéma corporel et image du corps.

 

 

SCHEMA CORPOREL d'après F. Dolto

IMAGE DU CORPS d'après F. Dolto

 

 

 

 

 

 

 

 

Le schéma corporel est le même pour tous les individus

L'image du corps est propre à chacun, elle est liée au sujet et à son histoire

Le schéma corporel est en partie inconscient, mais aussi préconscient et conscient

L'image du corps est éminemment inconsciente. Elle peut devenir en partie préconsciente quand elle s’associe au langage conscient

 

L'image du corps est la synthèse vivante de nos expériences émotionnelles. Elle peut être considérée comme l'incarnation symbolique inconsciente du sujet désirant. Elle est à chaque moment mémoire inconsciente de tout le vécu relationnel.

 

C'est grâce à notre image du corps portée par - et croisée à - notre schéma corporel que nous pouvons entrer en communication avec autrui.

 

 

 

 

L'image du corps est le support du narcissisme.

Le schéma corporel est évolutif dans le temps et l’espace

Dans l'image du corps le temps se croise à l'espace le passé inconscient résonne dans la relation présente

Le schéma corporel, abstraction d'un vécu du corps dans les trois dimensions de la réalité, se structure par l’apprentissage et l’expérience

L'image du corps se structure par la communication entre sujets et la trace, au jour le jour mémorisée du jouir frustré, réprimé ou interdit ( castration du désir, au sens psychanalytique)

Le schéma corporel réfère le corps actuel dans l’espace à l’expérience immédiate. Il peut être indépendant du langage

L'image du corps réfère le sujet du désir à son jouir, médiatisé par le langage mémorisé de la communication entre sujets.

 

 

 

 

L'image du corps est toujours inconsciente, constituée de l’articulation dynamique d’une image de base, d’une image fonctionnelle et d’une image des zones érogènes où s’exprime la tensions des pulsions

 

          

Gilles Paillet – 28ème journée (01/12/12)

 

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