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l'apport de la phénoménologie

 

 

  dernière modification de cette page le 24-sept.-2012

journal n° 19 / journée du 09/04/2005

Je ne vais pas parler de phénoménologie, mais vous faire part de mon expérience et de ma démarche. J’ai rencontré la sophrologie il y a quelques années. Je suis à l’origine professeur d’éducation physique et ma rencontre première avec la sophrologie a été une démarche personnelle en technique de communication et relations humaines. J’ai entendu parler de sophrologie liée au sport et j’ai fait la rencontre de Raymond Abrezol à Lyon. A l’issue de son exposé, j’ai été plus que séduit et je voulais faire une formation spécifique en sophrologie. Je me suis inscrit pour deux ans de formation en Suisse. Mais celle-ci abordée bien d’autres méthodes que celle de la sophrologie. Je me suis dit, alors, qu’il me faudrait quelques années pour apprendre tout cela dans l’essentiel. Et je me suis demandé si la sophrologie se suffit à elle-même, ou s’il fallait comme le présentait Raymond Abrezol, dans cette réalité objective et son approche de l’être humain, approfondir la kinésiologie, la diététique, toutes les démarches psychanalytiques, voir faire une analyse …. Puis je suis allé faire les Masters à Andorre. Et quand j’ai entendu le professeur Caycedo, j’ai eu la réponse par la clarté de son exposé, je me suis dit qu’effectivement, la sophrologie se suffit à elle-même. Et comme il n’y a pas de hasard, j ai rencontré Danièle Raynal, à l’époque responsable des écoles caycédienne en France Ces rencontres m’ont amener à reprendre ma formation de base. Je me suis inscrit à l’Institut de Sophrologie Existentielle de Bordeaux Aquitaine dont Danièle Raynal est la directrice. Je travaille toujours avec elle. Par cette formation, j’ai intégré la méthode de la sophrologie caycédienne et surtout ce que j’y est acquis c’est ce que j’appellerai « la pédagogie de la sophrologie caycédienne. »

D’emblée, Danièle Raynal nous met dans la phénoménologie. C’est ce que je vais essayer de vous communiquer.

La première phrase marquée au tableau c’est Danielle Raynal qui la pose dès le début de la formation : l’être qui vient au monde, c’est « un être jeté au monde sur un monde en avance sur lui ».

C’est une phrase tirée du livre de Heidegger « Etre et Temps » c’est le phénoménologue philosophe, après Husserl, qui est le livre de chevet de Danièle Raynal, un livre que Caycedo conseille à tous les sophrologues.

Je vais commencer par cet « être jeté au monde dans un monde en avance sur lui ».

Nous parlons bien de l’être. Il faudrait définir l’être. C’est nous enfant. Nous venons au monde et, comme le dit Heidegger, nous portons en nous cette intuition, ce désir de devoir réaliser notre vie. Cette intuition de devoir réaliser notre vie va se confronter à la réalité du monde. Ce monde objectif dans lequel l’être humain arrive. Comme vous le savez, l’enfant qui vient au monde, c’est un prématuré de 7 ans. Pourquoi ? Il a tout à apprendre et il dépend entièrement des Grands. Et au niveau du système nerveux central, de sa myélinisation, le cerveau va devenir totalement opérationnel à partir de 7 ans. C’est un âge sur lequel vous avez tous réfléchi dans vos formations. Vous retrouvez l’importance de cette période de construction, 0 – 7 ans, ce passage dans toutes les civilisations. C’est un passage clé. De zéro à sept ans, il va se passer un tas de choses. Freud l’a montré dans tous les stades de l’évolution de la personnalité. Je ne vais pas revenir sur ces stades, mais simplement en partant de cette réflexion que l’être est jeté au monde, l’enfant, que nous avons tous été va être obligé de s’adapter au monde. C’est un passage obligé pour tous. Si nous voulons devenir humain, nous sommes obligés de passer par cet apprentissage, qui va se faire effectivement dans la rencontre avec ce désir que nous portons en nous, cette intuition phénoménologique, base de la démarche phénoménologique, cette intuition, dès que j’arrive au monde, de devoir réaliser ma vie. Cette intuition va se heurter à la réalité du monde, et l’enfant va devoir s’adapter à ce monde là.

Là nous allons parler de la bidirectionnalité de la conscience. C’est que pendant tout ce temps, 7 ans, je vais me mettre en relation avec le monde. Ce qui va se passer dans cette conscience tournée vers l’extérieur, c’est que « je vais être obligé de me tisser avec le monde ». C’est une phrase d’un autre phénoménologue Merleau-Ponty. C’est un passage obligé, je ne peux pas faire autrement. Dans ce monde-là, je vais tomber dans un lieu, une culture, une famille, une histoire. Toute cette histoire va m’être transmise de façon implicite ou explicite. « Pour être aimé, reconnu des grands, je vais m’adapter. »

Ce qui va se passer dans cette construction de l’être jeté au monde, c’est qu’il va se structurer comme le dit Heidegger en « dasein impropre », en conscience naturelle comme le dit Caycedo. Dasein veut dire l’être là. C’est important de parler de l’être là, car l’être, ce que nous portons en nous, cette trace de quelque chose, de cette force de vie, cette puissance vitale, est obligée pour se réaliser de s’incarner, et s’incarner où ? Dans le « là ». Le « là » en phénoménologie, c’est le corps. Le corps, c’est-à-dire le lieux où s’exprime l’ensemble de nos capacités qu’elles soient physiologiques, psychologiques, etc. : les capacités de notre conscience.

            Dans cette rencontre du Désir de l’Etre avec le monde extérieur, va se créer en nous, à notre insu, des tensions et nous allons refouler une grande partie de nos capacités. La capacité bidirectionnelle de la conscience va nous permettre de ramener notre conscience en nous, afin de permettre à l’Etre de s’exprimer. Nous allons voir comment.

 

Les 3 principes de la sophrologie

 

  1. La réalité objective
  •  Dès sa naissance l’enfant est obligé de tisser sa relation au monde, sa conscience tournée vers l’extérieur.
  •  La mise en place de la relation au monde passe par le tamis des émotions.
  •  L’enfant en se tissant au monde s’approprie le monde.

Ce qu’il perçoit du monde se mélange à son monde émotionnel.

Le monde s’inscrit dans une réalité subjective.

La réalité subjective fait partie de la conscience ordinaire et il faut donc en tenir compte.

L’imaginaire de notre enfant envahit notre présent.

Par conséquent nous ne voyons pas les choses, nous croyons les voir.

  •  Sensiblerie et sensibilité

La réalité subjective de l’enfant l’installe dans une sensiblerie.

Toutes les mémoires s’inscrivent dans le corps.

 

L’enfant a un désir, le monde ne répond pas nécessairement à son désir et ce que perçoit l’enfant n’est pas la réalité du monde. Dans cette appropriation du monde nous pouvons dire que la réalité objective ne va pas exister. C’est une réalité subjective qui va se mettre en place. La réalité subjective fait partie de la conscience que Caycedo a nommée « ordinaire naturelle ».

Aujourd’hui l’imaginaire de l’enfant que nous étions envahit notre présent. Nous ne voyons pas les choses, nous croyons les voir. Ce qui va nous installer dans une sensiblerie par rapport au monde, et non dans une sensibilité. La réalité subjective de l’enfant s’installe dans une sensiblerie. Ces tensions s’inscrivent en nous partout dans le corps. L’adulte doit se réapproprier sa sensibilité dans une réalité objective, c’est-à-dire ce qui est et non ce qu’il croit ou suppose être. En tant que sophrologues, nous sommes obligés d’avoir ce constat premier : en fait rien n’est objectif. Si je poursuis cette réflexion sur l’objectivité, ce qui va apparaître au fur et à mesure des relaxations dynamiques, ce monde que nous avons mis en nous va se libérer de ses à priori, mais pour nous sophrologues, dans la démarche phénoménologique, c’est une réalité objective qui apparaît, car que pour chacun d’entre nous, au départ, c’est vrai.

 

  1. Le schéma corporel (Intégration du là)
  •  En grandissant l’enfant structure une image du corps à partir du regard de l’autre. C’est depuis le regard de l’autre que l’enfant essaie d’exister en cherchant à avoir une reconnaissance de son identité pour l’autre.
  •  Comme l’enfant, il nous faut nous découvrir, nous intégrer sans cesse. Cette appropriation de soi est ce qu’on appelle l’intégration du schéma corporel.

 

Je cesse petit à petit de me comparer avec le monde extérieur. J’existe à partir de mes propres sensations, en réalité objective, c’est-à-dire en tenant compte du monde.

 

  •  Le schéma corporel comme réalité vécue :

o       C’est la représentation mentale de notre corps qui apparaît au fur et à mesure que nous stimulons le corps.

 

Ce schéma corporel existe (scissure de Rolando). Nous l’avons depuis notre naissance. Nous avons la conscience, mais c’est celui du petit enfant. On s’aperçoit que ses aires sensitives et ses aires motrices représentent le schéma corporel de l’être humain avec de grands pieds, de grands doigts, de grosses lèvres, toutes les zones qui sont dans les premières sensibilités dans la relation au monde. La période d’oralité par exemple, la zone de sensibilité est les lèvres.

 L’enfant n’est pas encore autonome. Mais quand il va commencer se déplacer, il va se tourner vers le monde extérieur pour le conquérir. Donc il va délaisser son corps et ne s’intéresser qu’au monde extérieur.

Lors des relaxations dynamiques, à mesure que nous allons stimuler notre corps, il va s’éveiller des sensations que nous allons intégrer pour inscrire notre corps dans la zone de notre cerveau prévue à cet effet, et ainsi intégrer notre schéma corporel.

 

o       Les stimulations provoquent une arrivée de la masse sanguine qui entraîne plus d’oxygénation dans les tissus ; les sensations s’éveillent alors et la conscience fait d’emblée phénomène avec.

 

La zone stimulée est toujours prioritaire pour la masse sanguine plus oxygénée. Dans cette présence, nous allons être à l’écoute de ces sensations, qui sont, elles, une réalité objective, et vont nous permettre d’inscrire notre corps, dans notre cerveau, notre schéma corporel sera alors une réalité vécue. La sensation s’éveille et la conscience fait d’emblée phénomène avec et ce phénomène c’est quelque chose qui est dans le présent, en réalité objective. Donc en étant dans la sensation présente de la stimulation, je vais pouvoir intégrer ce qui apparaît objectivement : schéma corporel, mon corps vivant.

 

  •  L’importance du travail pour être présent en soi et d’avoir une sensation du corps vivant.

 

Nous allons créer un état de SOPHROSUNE qui désigne l’équilibre représenté par un état fait de calme, de sérénité, de centration dans son propre espace : le corps.

Sunia = espace vide à remplir = la vacuité = espace sans tension

 

Notre corps libère petit à petit toutes les mémoires inscrites en conscience naturelle comme un vieux grenier.

Vider ce vieux grenier pour créer un espace libre (Sunia) afin d’y installer consciemment le Moi phronique.

Je m’installe consciemment en moi

En fin de relaxation, nous sommes dans cet état de sophrosuné. Et là, nous avons, en tant que sophrologue la proposition de faire « j’intègre mes sentiments vitaux, sentiment de calme, de sérénité, de paix », parce que c’est bien à partir de ces sentiments que nous pouvons nous mettre dans l’action. Posez la question : que voulez-vous pour vous ? Que désirez-vous ? En bout de réflexion c’est toujours les sentiments vitaux qui apparaissent. Si je me sens calme, serein, tranquille, c’est à partir de là que ma pulsion de vie peut s’exprimer. En me remettant au monde, je suis dans l’expression de moi même, plus aisée. En intégrant l’espace, la région phronique, l’espace - corps, nous sortons de la confusion du monde, ce que Caycedo propose dans le 2ème degré : mon corps est limité, mais ma conscience est illimitée. Cette conscience illimitée, ça veut dire, moi, je ne sors pas de mon corps, c’est ma conscience qui est projetée à l’extérieur, donc je ne serais jamais plus mis en porte à faux face au monde, enfin de moins en moins. Donc il faut bien faire cette expérience de la conscience enveloppante, et cette capacité que ma conscience peut se projeter à l’extérieur. .Mais pour faire cette expérience, il est nécessaire d’avoir un ancrage : le corps

La « Sunia » : cet espace vide à remplir. Cet espace, la vacuité, c’est un espace vide de tensions. Dans la vivance, cet espace est « vide de plein ».C’est un espace où l’Etre s’installe

Notre corps libère petit à petit toutes les tensions inscrites en conscience naturelle donc en nous, c’est comme un vieux grenier : beaucoup de choses s’y sont inscrites à notre insu, dans notre relation au monde.

Alors nous devons accéder à ce vieux grenier pour créer un espace libre et aussi y découvrir ses richesses …. Le moi phronique c’est-à-dire le moi conscient de lui-même peut alors s’exprimer. Je m’inscris consciemment en moi.

 

  1. L’action positive
  •  L’action positive, c’est la recherche de l’authenticité.
  •  L’être humain doit découvrir ce qu’il a en lui de plus authentique, libéré de ses a priori et des jugements.
  •  Positif : développer petit à petit les qualités que chacun de nous possède : la vie est action.
  •  Négatif : inhibition à l’action et c’est là que le malaise s’installe.
    • Avoir été obligé d’être comme les autres alors qu’il s’agit d’être avec les autres.
  •  C’est la marche en avant de la mise au monde : ici et maintenant dans ma taille d’adulte.
  •  Dans le cycle réductif, nous sommes dans une réflexion sur l’action, sur l’action positive, chacun ayant son propre rythme, au rythme de sa propre histoire

 

C’est la recherche de l’authenticité. Nous sommes en recherche depuis notre naissance de cette authenticité en nous, de façon à ce que l’être puisse exprimer, et dans sa visée puisse se réaliser. Donc l’être humain doit découvrir ce qu’il y a en lui, chercher ce qu’il y a de plus authentique en lui, libéré des a priori et des jugements de valeur. Le positif : c’est de développer petit à petit les qualités que chacun de nous possède, et la vie est action. Le négatif, c’est l’inhibition de l’action, mais surtout, c’est ce qui empêche l’Etre d’être.

En fait, nous ne sommes structurés au monde, toujours dans cette relation que Freud décrit de plaisir et de déplaisir. Mais si nous sommes vivants aujourd’hui, c’est que nous avons eu un peu plus de plaisir que de déplaisir, donc le vivant que nous sommes aujourd’hui a fait un chemin initiatique. Ainsi nous ne pouvons pas dire en tant que phénoménologue, que notre vie jusqu’à présent, avant que nous ne fassions de la sophrologie ou une autre méthode, que notre vie n’a pas été positive, puisque je somme vivant aujourd’hui ; si je parle du négatif de ma vie en étant vivant aujourd’hui, il y a comme un hiatus, comme une offense à la vie elle même.

Nous avons été obligés d’être comme les autres, alors qu’il s’agit d’être avec les autres. C’est la marche en avant de la mise au monde ici et maintenant, dans ma taille d’adulte qui va faire que l’Etre puisse s’exprimer. Donc la conquête que nous allons faire petit à petit, c’est nous approprier notre schéma corporel, c’est-à-dire un autre espace où ma conscience va pouvoir s’exprimer. Petit, la conscience est tournée vers l’extérieur, et en même temps elle va refouler une partie d’elle même. Donc en ramenant notre conscience en nous, en pratiquant la « métanoïa » nous allons pouvoir petit à petit nous intéresser à cet espace pour le nettoyer, le libérer des tensions que nous avons accumulées pour nous installer dans un espace, de plus en plus, libre de tensions, c’est-à-dire dans la « vacuité » pour accéder à nos capacités.

Comme vous le savez, le cycle réductif c’est se réduire à soi-même dans le sens phénoménologique du terme, c’est-à-dire retourner notre conscience en nous dans sa bidirectionnalité, de façon à nettoyer petit à petit cet espace en soi. Ce schéma corporel est plein de tensions, nous sommes dans ce jeté au monde, nous nous installons dans une fusion - confusion avec le monde, nous sommes toujours dans une projection. Et la réalité qui apparaît, c’est une réalité qui est pour nous, notre réalité. Mais elle n’est pas la réalité.

Chacun étant unique au départ, il va se confronter au monde, avec sa demande propre, et les réponses du monde ne sont pas forcément d’accord avec ce qui est en soi, d’où le hiatus. En ramenant notre conscience en nous, par les relaxations dynamiques, nous libérons cet espace - corps des tensions pour s’installer dans cette vacuité : espace libre de tensions. Ceci se fait jusqu’au 2ème degré. Le 1er est de l’ordre des fondations, puis ça s’affine. On s’intéresse surtout à notre chair (tous les tissus profonds) par les phénomènes de pesanteur, d’irrigation sanguine. L’homéostasie s’installe peu à peu.

Le « toujours tourné vers l’extérieur » est la cause du stress. En laissant notre conscience toujours dehors, cela crée un déséquilibre. En ramenant notre conscience en nous, en créant un autre espace, c’est vraiment dans cette réalité vécue par les relaxations dynamiques que cet espace va se nommer, et en se nommant dans ses limites, c’est-à-dire jusqu’à l’intégration de la peau, la bonne distance entre moi et le monde s’installe. Le 2ème degré, c’est s’intéresser à la forme de son corps, donc accompagner les sensations jusqu’à la peau, pour que s’approprier la peau en tant que limite de mon corps. Et dans cette présence, cette vivance, un autre espace va se nommer : mon espace intérieur. Je sors de la confusion du monde.

En conscience naturelle nous pensons. En phénoménologie nous allons être dans une réflexion sur l’action positive. L’action ce n’est plus : penser. Le sens de l’action c’est agir. Au fur et à mesure que je me donne le droit de pratiquer les relaxations, je vais agir pour ressentir de plus en plus. Et au premier degré c’est ressentir mon schéma corporel pour l’intégrer : l’agir va rendre positif ma présence.

 

Les concepts fondamentaux

 

1. Alliance

Chacun de nous est un être humain en recherche de lui-même.

Cette recherche est commune à chacun d’entre nous.

L’alliance se passe entre adultes.

Importance de se nommer et d’écouter les autres.

L’alliance fait partie de la démarche existentielle du sophrologue.

 

Quelque part, nous sommes tous reliés, nous sommes tous, au départ, des sujets barrés, comme dit Lacan, dans cette quête de la recherche de nous même. En fait, en tant que sophrologue, nous allons nous poser dans une relation de sujet à sujet. Le sophrologue va transmettre à l’autre la méthode, pour que l’autre puisse acquérir cette « autonomie » pour pouvoir installer en lui toutes ses capacités qui ont été refoulées. Contrairement à la psychanalyse qui est une autre démarche, qui se met en place dans une relation transférentielle (transfert - contre – transfert) ; le psychanalyste est sensé savoir.   

Nous sophrologues, nous transmettons une méthode dans sa rigueur phénoménologique qui va nous permettre des contourner nos défenses (parce que nous avons mis des défenses en place face au monde pour survivre, être accepté par le monde.) Donc nous allons contourner ces défenses pour nous intéresser à la stimulation de ce potentiel en nous. Comment contourner les défenses ? En passant par le niveau sophroliminal. Car ainsi nous déconnectons de notre néo-cortex, c’est-à-dire notre mental de relation au monde, qui par tous ses circuits, nous a installé dans nos représentations. En libérant nos tensions corps – mental, mental - corps, toutes les zones prévues dans le cerveau vont fonctionner pour ce pourquoi elles sont faites. Elles se sont assouplies de notre émotionnel qui biaise notre relation à nous-mêmes et aux autres. Nous créons des relais plus faciles entre toutes les fonctions de notre corps pour installer l’équilibre, l’harmonie en nous.

La notion de base de l’alliance c’est que chacun de nous est un être humain à l recherche de lui-même

Alliance nous renvoie à nous même. Il n’y a pas un grand qui sait tout. Nous sommes les passeurs d’une méthode pour que chacun découvre ce qu’il possède, mais à son rythme. Car chacun a son rythme, l’important, c’est d’être à la recherche de soi même : c’est l’intentionnalité …

 Dans cette recherche de nous-mêmes, et commune à chacun d’entre nous, l’alliance se passe entre adultes. Nous faisons de la relaxation pour les enfants, mais dans la démarche phénoménologique, il faut que nous soyons inscrits dans notre taille d’adulte. Nous adaptons la sophrologie au développement de la personne. Nous ne faisons pas les mêmes relaxations aux adultes, adolescents, enfants. Nous devons savoir avec qui nous travaillons, connaître les différents stades de l’évolution de la personnalité.

 

 Importance de se nommer et d’écouter les autres

 

C’est par la vivance vécue en relaxation dynamique que nous avançons, ce n’est pas par les modèles. Nous pouvons remarquer, quand chacun exprime sa vivance, ça fait tilt chez chacun d’entre nous d’où l’intérêt de parler chacun à son tour et d’écouter les autres. L’autre parle ça éveil l’idée... Du coup la résonance des personnes les unes vis-à-vis des autres crée un éveil.

 

2. Vivance (processus vivantiel)

Je mets en route un processus profond.

Les vastes respirations touchent toutes les cellules.

L’authenticité passe par l’ancrage au corps.

C’est toujours par les vivances que nous allons évoluer.

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La vivance phronique est la base de la méthode et ne peut exister que si elle est pratiquée, répétée. C’est la loi de la répétition vivantielle.

 

Je mets en route un processus profond par de vastes respirations, je touche toutes les cellules. C’est très important parce qu’en fait, nous ne respirons pas par nos poumons, nous respirons pour nos cellules. Par ces respirations conscientes, nous avons cette intentionnalité de respirer pour nos cellules. Cette appropriation du schéma corporel, cette sensation que nos cellules respirent va se faire petit à petit pour percevoir les fleuves de vie qui circulent : les tensions se libèrent petit à petit.

 

3. Existence

Avec la pratique de la répétition vivantielle, la conscience s’élargit, nous sommes plus éveillés à nous-même et aux autres, plus toniques et plus calmes, plus libres et plus responsables dans nos valeurs propres.

En sophrologie, c’est la marche en avant de l’« Etre Là », du moi - sujet, du Dasein.

Chaque sujet réalise son authenticité à partir de la méthode pour s’installer dans son existence.

           

C’est nous rendre compte que nous allons sortir d’une existence que nous avons conquis en essayant de plaire au monde, pour maintenant faire une métanoia. C'est-à-dire la conscience n’est plus dehors, elle s’installe en soi : elle se centre dans espace corps pour nous permettre, petit à petit de nous mettre nous même au monde et nous faire exister. C’est pour cela que Danièle RAYNAL nomme son école «Institut de Sophrologie Existentielle ».

 

Niveau sophroliminal

Caycedo depuis le début dit que ce n’est pas l’ « état » de « Samadhi », au bord du sommeil ou au bord de la vigilance : c’est un niveau intermédiaire. C’est une conquête que nous devons faire. D’après mon expérience, c’est par la respiration consciente qui amène plein de modifications au niveau du bulbe, du cervelet et de tout notre système nerveux central, qui fait que notre conscience se modifie petit à petit pour atteindre le niveau sophroliminal. Donc il est très intéressant de s’intéresser à sa respiration consciente, et j’en dispose tous les jours. Une fois que j’intègre une façon de me poser dans mon corps, cet acquis va faire que si je me centre dans ma respiration, je suis en moi et non plus à l’extérieur. C’est cette nouvelle position d’être qui est intéressante, parce que le monde extérieur lui, ne va pas changer, c’est notre façon de le percevoir qui va changer. Encore faut-il que j’aie intégré cet espace que Caycedo nomme la région phronique.

Le niveau sophroliminal permet l’intégration de tout ce qui nous apparaît après les stimulations.

Le travail au niveau sophroliminal est un élément essentiel dans l’originalité de la méthode

Par les pratiques mon schéma corporel dans sa réalité vécue jusque dans sa forme, est un espace que petit à petit je libère des tensions et du coup, avec le 3ème degré, je vais pouvoir mobiliser l’énergie, et l’énergie va circuler librement en moi. Si l’énergie se heurte à des nœuds, forcément, il n’y a pas une bonne circulation de l’énergie, donc mon tonus ne peut pas monter. Nous nous en rendons compte dans nos pratiques quand « quelque chose coince » dans la sensation, alors je reviens au 1er degré pour assouplir les tissus. Comme nous sommes sans cesse en relation au monde, le sophrologue qui a pratiqué le 2ème 3ème degré et même les degrés supérieurs, est obligé de revenir au 1er pour libérer ses tensions.

Parce que dans les degrés supérieurs, nous mobilisons l’énergie. Si mon corps n’est pas dans cette vacuité de tension, si je n’ai pas acquis particularité du vivant que je suis : c'est-à-dire ma verticalité (nous les seuls vivant, sur terre qui ayons une verticalité. Est-ce un hasard ?) ; Nous ne pourrons pas bénéficier pleinement de l’apport des relaxations dynamiques à partir du 3éme degré. C’est à partir de mes points d’appui que je peux avoir la perception de ma verticalité. C’est très important, parce que si je me pose dans ma verticalité, mon tonus est juste et je ne suis plus la même fatigue. En plus nous avons cette autre spécificité : la possibilité d’avoir une respiration consciente en plus d’une respiration automatique. Dés le 1er degré, ces capacités se mettent en place, à partir des points d’appuis et intégrées au niveau sophroliminal. Dans cette vacuité, vous vous êtes aperçus, que nous avons une perception du monde complètement différente. Dans cette perception le regard est à 360 degrés.

 

Phénoménologie

 

Le phénomène est le fruit d’une rencontre.

Le phénomène est la rencontre d’une sensation et de la conscience. Dans la relation, 1er et 2ème degré mental – corps, corps - mental

 

 

 

 

 

 

La conscience horizontale ou conscience du temps mondain.

 

X Par le phénomène de la conscience en moi, dans ma verticalité, je deviens présent au moment que je vis.

           

     = Temps phénoménologique : ici et maintenant

 

            Je suis le point de rencontre X de deux droites ; ce point est mon temps intérieur : la temporalité. Le temps phénoménologique inscrit ma présence au présent. (Et dans mon redéploiement au quotidien il ne peut pas y avoir de présent sans présence)

 Il crée le temps d’éternité : installé en moi le temps n’existe pas, c’est un « non temps »

 

  •  Dans la conscience ordinaire, nous avons tendance à rester dans les apparences (subjectivité du monde).
  •  Dans la conscience phronique, j’ai conscience d’être conscient (installation de la réalité objective).

 

Je suis présent ici et maintenant, je ressens donc j’existe.

Qui suis-je ? = Qu’est-ce que je sens ?

Les mémoires remontent, les accueillir. Au rythme de chacun et en accord avec soi même. 

 

       C’est la S.A.P. : Sophro. Accueil Progressif

 

Comment ?

Rythme conscient de la respiration (permet de faire le travail).

Centration à partir du souffle (chaque sujet a sa propre vivance).

Je prends conscience de mon corps comme ancrage.

    Je suis mon corps.

 

Dans la réduction phénoménologique, j’essaie d’oublier ce que je sais des choses, mes croyances, mes jugements, au profit d’une expérience à chaque fois nouvelle, car la sensation qui est celle de l’instant est toujours autre.

·        Je cesse petit à petit de me comparer avec le monde extérieur.

·        J’existe à partir de mes propres sensations en réalité objectives, c’est-à-dire en tenant compte du monde.

 

Deux étapes manifestent l’apport phénoménologique :

·        Les pauses phroniques : d’intégration ou de totalisation.

o       moment d’écoute intérieure.

o       apparition des sensations. 

·        La phénodescription

o       Temps d’expression écrite puis orale pour « recueillir » sans interprétation les sensations.

o       Elle permet : de se nommer.

o       Elle permet la réflexion.

 

Si nous voulons conquérir notre entièreté, il faut accepter le nettoyage des zones (ne pas confondre avec le négatif = arrêt).

La conscience ordinaire a intégré tous les stress du bébé, de l’enfant, etc., l’assouplissement des tissus libère ces tensions.

Ce qui est positif en sophrologie se révèle dans des nettoyages pas forcément agréables.

Nous n’avons pas tous réagis de la même façon, nous n’avons pas tous les mêmes zones sensibles.

Le point commun, c’est que nous sommes tous structurés en conscience ordinaire, avec un corps – mémoire.

Grande différence entre l’intelligence (mentale) et la sensation.

Chercher le pourquoi du comment ne résout pas le problème (c’est inscrit dans les tissus) et je peux retrouver la cause sans pour autant me libérer.

L’enfant ne peut pas devenir humain sans modèles.

Aujourd’hui je m’installe en tant qu’adulte.

Ce qui rend le travail difficile ou délicat, c’est de se mettre à changer d’habitudes.

Il faut travailler sur : et maintenant, qu’est-ce que je veux pour moi ?

 

Plus nous rendons les tissus souples par la pratique de la méthode, plus le corps a des réponses globales qui s’améliorent au niveau du quotidien.

J’utilise de mieux en mieux toutes les fonctions du système nerveux central car par la pratique des relaxations dynamiques, je stimule tous les moyens de communication.

 

Concepts de relaxation

Dans le langage courant, c’est la détente.

En sophrologie, se relaxer, c’est s’intéresser pour découvrir un autre espace, son corps.

Je ne peux me relaxer qu’en moi-même ; prise de conscience d’un espace intérieur à occuper, la région phronique.

« Je me relaxe du monde extérieur comme le prisonnier est relaxé de prison, pour m’installer en moi dans mon espace corps. »

 

Cycle réductif

 

Sophrologie

 

sos                           phren                     logos

 

Equilibre                                      Conscience                           Science

Harmonie                                                                   

 

Science de l’harmonie de la conscience

 

Sunia = espace libre

 

Sophia = sagesse

 

La conscience est la force responsable de l’intégration de l’existence de l’être.

La sophrologie est une école de la conscience et de l’existence.

 

Les théories sont secondaires. Elles ont le plus souvent à être étudiées après les vivances (le vécu des séances).

 

En phénoménologie, j’évite la comparaison.

 

Le cycle réductif, C’est-à-dire se réduire à soi-même.

 

  •  Mise entre parenthèse
  •  Suspension du jugement
  •  Retour à la chose même

 

Nous pratiquons une parenthèse phénoménologique (mise entre parenthèse du savoir) pour s’ouvrir au vécu de la séance sans jugement.

 

Exemple le séminaire dernier sur la posture et l’imposture :exposé qui m’a beaucoup intéresser, mais si nous restons à l’extérieur de tout cela, comme dit Caycedo, « nous allons comparer, et à force de comparer nous n’en sort pas ». Ce qui va importer, c’est de faire de la pratique et d’intégrer ce qui est proposé. La position Isocay en fait va s’inscrire d’emblée pour nous dans l’acquisition de la posture. La posture, c’est s’intéresser d’abord à ses points d’appuis, à la sensation des points d’appuis consciemment. La posture entre autre agit sur notre niveau de conscience : nous devons en faire l’expérience. Par l’intégration des points d’appui, mon corps peut se poser. Nous ne montrons rien, nous proposons de sentir

 

 

1. Mise en place de la conscience naturelle : nos structures, nous sommes tissés au monde.

2. Capacités de la bidirectionnalité de ma conscience : j’ouvre les yeux, je suis à l’extérieur ; je ferme les yeux, je suis en moi

 

Je vais découvrir mon espace corps, le seul espace (endroit) où je suis finalement chez moi.

Et là, je vais laisser apparaître ce que je suis vraiment et que je n’ai jamais pu libérer, mes capacités de l’Etre humain que je suis.

 

Enfant, nous voulions être comme les autres : pour survivre jusqu’à aujourd’hui, nous avons développé suffisamment d’astuces même si nous avons mis en place des défenses.

 

Si l’enfant a survécu jusqu’à maintenant, c’est parce qu’il porte ce désir.

 

Par la pratique des relaxations dynamiques, petit à petit, nous allons nous rendre compte que nous ne sommes plus des enfants, que nous sommes dans notre taille d’adulte.

 

Ce qui a été acquis dans la survie, ce sont nos habitudes.

 

Nous allons donc pouvoir nous intéresser à plus que la survie, la Vie.

 

Présence en soi : changement de la position d’Etre.

En nous servant de notre conscience, nous nous installons dans notre taille d’adulte.

Nous n’aurons plus les mêmes peurs, nos habitudes vont être revues petit à petit.

Il y a de vielles casseroles dont je n’ai plus besoin.

Sans casser nos défenses, nous allons les faire fondre grâce à l’oxygénation qui va permettre de libérer les tensions.

Tout est mémoire en nous, il n’y a pas d’autres lieux pour les mémoires.

Avec les relaxations dynamiques, nous allons progressivement lâcher (ce n’est pas avec le mental).

Le mental est associé au corps bien sûr et c’est véritablement l’association des deux qui va se libérer.

 

Chacun à son rythme, règle de base de la sophrologie, c’est se prendre en charge vraiment en allant toutes et tous vers notre taille d’adulte.

 

C’est dans notre taille d’adulte, bien centrés, que nous n’avons aucune raison de nous sentir petit.

Nous allons tout le temps travailler sur : l’équilibre du corps et la sensation du corps de façon à nous sentir dans notre taille d’adulte, c’est notre conquête.

 

 

Relaxation dynamique

 

C’est un processus vivantiel amenant plus d’oxygénation, plus d’irrigation sanguine, permettant ainsi aux tissus de se détendre, d’irriguer les nœuds. J’accompagne les phénomènes d’irrigation avec ma conscience permettant à tout mon corps d’en bénéficier.

 

Les stimulations qui éveillent les sensations sont consciemment ressenties, laissant places aux phénomènes, qui sont accueillis sans jugement, sans a priori, et je les replace dans la globalité du corps. Si je stimule mes épaules par exemple, après une descente, après 2 ou 3 vastes respirations pour amener la masse sanguine plus oxygénée dans la zone, les sensations s’éveillent, descente au niveau sophroliminal, et présence, accueil des sensations que je viens d’éveiller : intégration du schéma corporel. Au rythme de ma respiration consciente, j’accompagne ces sensations dans la globalité du corps, parce que je suis un être entier. La zone ainsi intégrée bénéficie de tous les fleuves de vie

 A chaque fois les sensations accueillies sont placées dans la globalité du corps.

 

 

La méthode va nous permettre de nous relaxer du monde, de laisser le monde extérieur, pour s’intéresser à notre univers interne.

 

Cette centration va s’installer petit à petit par :

·        La respiration consciente

·        L’installation dans la posture

·        L’appropriation du schéma corporel, notre corps vivant au présent, ce lieu à vivre.

·        Par les stimulations qui éveillent des sensations consciemment ressenties, laissant place aux phénomènes qui sont accueillis sans jugement ni a priori et replacés dans la globalité du corps.

 

La visée de la démarche est de viser à l’Etre là que je suis de se révéler.

 

 

Mise en place de la conscience ordinaire

 

La topologie de l’inconscient de Freud nous aide à comprendre la mise en place de tensions en nous, dans notre corps.

 

 

– TOPOLOGIE DE L’INCONSCIENT - FREUD

 

En sophrologie le moi conscient va sortir de l’inconscient.

                 

En conscience ordinaire :

Nous avons tendances à rester dans les apparences, toujours tournés vers le monde extérieur

 

En conscience phronique :

     J’ai conscience d’être conscient.

     Conscience de soi en soi.

 

            A partir de la topologie de Freud nous pouvons réfléchir : tout ce qui s’est inscrit en nous petit, s’est mis en place à notre insu. Donc, par la pratique, vont apparaître des « choses » : le surmoi que j’ai inscrit en moi, petit à petit se soulage, pour que le « ça », qui pousse toujours, le « ça veut vivre en moi » : la pulsion de vie (nous sommes toujours vivants aujourd’hui), circule et que le moi ne soit plus coincé entre le surmoi qui écrase et un « ça », qui pousse.

 

      L’être jeté au monde dans un monde en avance sur lui.

 

Dasein propre = réaliser son authenticité

 

Dasein = Etre là (dès notre naissance nous sommes Dasein)

 

     Dasein impropre = prendre position dans le monde extérieur en adoptant ce qui paraît le moins dangereux pour soi (conscience ordinaire).

 

                           « Impropre » : C’est être impropre à nous même.

 

 

Le terpnos logos

 

La manière de parler de l’animateur.

C’est une expression d’origine grecque indiquant une action verbale.

L’animateur fait des propositions qui s’inscrivent dans la rigueur de la méthode :

            La voix est perçue par les « animés » comme amenant la moitié du phénomène.

            La voix qui anime doit avoir une rigueur : rythme – prise de conscience du temps nécessaire – choix des mots.

C’est comme un fil d’Ariane qui permet le lien avec l’extérieur tout en étant centré : c’est-à-dire en nous, relaxer.

 

Le terpnos logos permet au sujet de centrer son attention, sa centration, sur son vécu.

Il permet de circuler dans tous les lieux du corps.

L’animateur ne suggère rien, il propose (différent de l’hypnose).

L’animateur est là pour tout le monde et pour personne.

 

C’est dans les zones stimulées que la masse sanguine arrive en priorité entraînant des sensations ; ma conscience doit alors s’intéresser à la sensation pour créer le phénomène.

Je fais phénomène lorsque ma conscience s’intéresse à ce qui se passe.

 

Ce sont nos sensations qui vont nous permettre progressivement d’intégrer le corps dans le mental, de manière à ce que le corps soit relié au mental et le mental dans le corps.

 

Pour revenir au terpnos logos, la manière de parler de l’animateur. Ce sont ses propositions qui s’inscrivent dans la rigueur de la méthode, cette rigueur est importante, car elle va ancrer le sophrologue. C’est impossible de vouloir quelque chose pour l’autre. Mais si je suis passé par une méthode que je l’ai intégrée, je sais comment l’Etre va pouvoir s’installer, à ce moment, je passe une méthode et je ne suis plus « responsable », ce qui va s’exprimer chez l’autre : cela lui appartient. Bien sûr je suis responsable de la méthode. C’est bien parce que je sais que ce qui apparaît chez l’autre lui appartient, que le phénomène va pouvoir émerger librement. Mais si je suis en train d’interpréter…

. Dès qu’on donne une réponse au phénomène, si je l’explique par le mental, j’arrête le phénomène dans sa dynamique, alors que nous avons à simplement laisser émerger le phénomène, à l’exprimer, à en parler (vivance, parole, écriture…).

Terpnos logos, c’est comme un fil d’Ariane, il permet un lien avec l’extérieur tout en étant centré, c’est-à-dire relaxé en nous. Nous revenons à la notion de relaxation. Ce n’est pas se détendre, même si nous passons par la détente, c’est dans cette détermination phénoménologique et cette définition phénoménologique, c’est en fait nous nous relaxons du monde pour nous intéresser à notre espace, notre espace corps, pour nous l’approprier et sortir de cette, fusion - confusion avec monde, donc c’est bien se relaxer du monde, comme le prisonnier est relaxé de prison. Je me mets entre parenthèses pour un temps. Il y a cette nécessité pour que ma conscience prenne conscience d’elle-même et que je puisse utiliser cette capacité de conscience que Caycedo a nommée, « force d’intégration » de l’être en soi, nous avons à l’utiliser cette force pour nous approprier notre espace intérieur et permettre à l’Etre de s’exprimer.

   Cette Métanoïa : ce retournement de la conscience en soi est quelque chose de complètement nouveau et il ne faut pas s’étonner qu’au début certaines personnes aient du mal à fermer les yeux.

 

Quand nous abordons le terpnos logos, il est incontournable d’évoquer la conscience dans sa bipolarité, de sa capacité à s’intéresser à.

Notre conscience est toujours mouvement vers quelque chose et c’est dans cette quête de nous-mêmes, qui passe par l’intégration du schéma corporel, que le sophrologue va proposer, avec son terpnos logos, d’orienter la conscience vers les sensations. Le phénomène va alors apparaître. Donc le terpnos logos permet de circuler dans tous les lieux du corps, l’animateur ne suggère rien, il propose. D’où l’importance des mots employés. Si je dis « je suis présent dans ma respiration » être présent dans ma respiration veut dire quoi ? Je sens l’air que j’inspire par mes narines, je sens l’air que je souffle par ma bouche. Je m'installe dans ma respiration consciente. Cela est une proposition. Chacun ressent ce qu’il ressent. Induire quelque chose, ce serait dire j’inspire l’air et je sens la chaleur ou la fraîcheur de l’air que j’inspire. Si je parle de température, chacun va sentir… Il n’y a pas sujétion, il y a proposition. Je suis dans cette liberté de l’expression du phénomène, ma conscience s’intéresse à ma sensation.

Le terpnos logos donne des directions significatives, sinon il n’y aura pas phénomène, donc pas d’intégration. Si la conscience ne s’intéresse pas, il ne peut pas y avoir d’intégration.

Le terpnos logos permet au sujet de centrer son attention, sa conscience, sur son vécu personnel. Pour nous c’est bien dans les zones stimulées que la masse sanguine arrive en priorité, c’est là qu’il se passe « quelque chose » ma conscience est là pour s’intéresser à ce qui se nomme.

 

Ce sont nos sensations qui vont progressivement permettre d’intégrer le corps dans le mental, de manière à ce que le corps soit relié au mental, et le mental au corps.

 

Qu’est ce que veux dire : « pensées parasites ».

       Les débutants, en sophrologie, sont toujours en conscience naturelle ; donc apparition des pensées parasites qui maintiennent à l’extérieur. Pour moi les pensées qui apparaissent : c’est le mental qui se libère. Les pensées parasites, c’est : j’ai oublié d’éteindre les phares de la voiture. Je fais une relaxation et cet oubli me vient, je reste dans la séance, vous imaginez comment la conscience est tiraillée par l’extérieur : entre les obligations et le fait d’être dans la séance. 

Les personnes qui veulent absolument suivre les propositions de l’animateur pendant la séance.

Les personnes qui ne veulent surtout pas s’endormir

Là aussi il y a lutte avec soi-même.

Si j’accueille le besoin de dormir, je me repose parce que j’en ai besoin, du coup c’est bien ma relaxation, ma pratique, et après je peux revenir dans la séance puisque le terpnos logos est là, et je serais disponible à moi - même.

L’animateur donne les indications, « projeter la conscience pour chercher ce qui se passe dans telle ou telle zone ». Il donne des directions significatives. J’envoie ma conscience à la recherche de la sensation, et c’est pour ramener le phénomène. Notre conscience part à la pêche, si elle a un à priori, si elle part avec l’idée que quelque chose doit apparaître, rien ne se manifestera que je ne sais déjà. La conscience va à la recherche des sensations, c’est tout. L’animateur n’a pas d’autre existence dans les relaxations que de donner des directions significatives.

 

 

L’impact du langage, l’impact de la voix

 

C’est pour permettre de vous intéresser consciemment.

La conscience est toujours :

·        Conscience de...

·        Conscience vers...

L’animateur donne des indications pour projeter la conscience, pour chercher ce qui se passe dans telle ou telle zone.

Il donne des directions significatives : j’envoie ma conscience à la recherche de la sensation.

C’est à nous ensuite à ramener le phénomène.

L’animateur n’a pas d’autre existence ni d’autre rôle dans les relaxations.

 

La conscience est toujours conscience de, et conscience vers : la conscience est toujours en mouvement.

Si je laisse ma conscience faire tout ce qu’elle veut, elle se tourne vers l’extérieur. Si je ne m’intéresse pas à la sensation, tout peut venir. C’est un processus normal de libération du mental, je mets en ordre: pris par notre monde extérieur, cela met un certain temps à s’installer.

Le fait de me poser, il me revient ma journée, là je dois simplement accueillir les choses comme elles se présentent à moi, un peu comme disent les orientaux, cette proposition de laisser passer les pensées, « comme des nuages poussés par le vent, dans un ciel bleu », une pensée chassant l’autre.

 

Voilà mon expérience.

Comment directement dans notre pratique, nous pouvons aller dans la chose même, car la chose même c’est notre corps libre de tensions. Après la mise entre parenthèses sans jugement sans a priori nous sommes dans l’accueil. Le phénomène est au présent. Les choses vont apparaître, à mon propre rythme, en accord avec moi-même, ainsi je peux accueillir les choses. Il faut que je parte d’un point d’ancrage. Notre région phronique, l’espace corps, c’est une oasis. Je dois être là pour que ma conscience parte à la pêche de quelque chose. Si elle ne peut pas revenir dans un lieu qu’elle connaît, elle ne partira pas à l’aventure. Donc dans ce mouvement de ma conscience, peu à peu des choses vont se libérer en accord avec moi-même. L’expérience montre que la libération de tensions est multiple, ce peut être une zone douloureuse qui va se réveiller lors des relaxations, ou un froid intense, un « cinéma fantastique » qui va se présenter dans mon mental. La visée étant l’installation du Dasein l’important c’est de toujours revenir au présent, et après que la personne ait exposé sa vivance la question est : « et maintenant comment te sens-tu ? » Dans ce maintenant ici, je me sens bien.

. Or nous devons nous installer dans un plaisir dans tous les sens de la vie, en accord avec nous-mêmes et non plus dans le regard des autres.

Pour terminer, la sophrologie c’est l’éveil de la conscience et, nous pouvons dire, une psychothérapie à médiation corporelle.

Partant de ce « jeté au monde dans un monde en avance sur nous » avec la sophrologie nous avons les moyens, à notre rythme, de laisser apparaître dans notre relation avec le monde, l’Etre que chacun d’entre nous est.

 

Je vous remercie de votre écoute.

 

Gilles Paillet le 09/04/05


 

Si on ignore ses limites, on ne peut avoir de rapports avec autrui.

 

 

 

 

 

 

Où est le monde ?

 

 

 

 

 

La peau : limite entre moi et le monde

(1975)
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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