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la question du transfert

 

 

  dernière modification de cette page le 24-sept.-2012

journal n° 15 (30/12/2003)

 

1. Quelques définitions

Le terme de transfert est classiquement reconnu comme le terrain où se joue la problématique d'une cure psychanalytique, son installation, ses modalités, son interprétation et sa résolution. C'est un phénomène par lequel une personne déplace sur l'autre un ensemble d'éléments qui renvoient de façon inconsciente à sa propre histoire familiale.

Le contre-transfert est l'ensemble des ressentis de celui qui a été l'objet du transfert.

Le terme de transfert n'appartient pas en propre au vocabulaire psychanalytique, il a un sens voisin de celui de déplacement, de transport. En psychologie, on parle de transfert de sentiments.

Le transfert est un phénomène qui existe dans toutes les situations relationnelles. Il peut être un levier ou un frein dans les relations humaines. Toute relation est d'ordre transférentiel, les désirs inconscients s'actualisent, rappelant à la mémoire un vécu antérieur.

Édouard ZARIFIAN (1999) décrit le transfert dans la relation que nous établissons avec une autre personne, dans la vie quotidienne. "qu'il soit positif ou négatif, le transfert permet de comprendre le comment des situations relationnelles que nous rencontrons dans la vie quotidienne. II ne dit rien sur le pourquoi ".

- le transfert positif : "c'est un regard bienveillant qui provoque le désir de donner et de gratifier. Il se traduit par des comportements et par des actes aussi divers que de l'acquiescement, l'adhésion, la confiance, la sympathie, l'amitié, l'amour, ou encore l'identification et le mimétisme"

- le transfert négatif s'oppose point par point, comme en miroir, au transfert positif : "il s'agit d'un mouvement qui nous éloigne de l'interlocuteur. Là encore, les comportements induits sont très divers : retrait, résistance, méfiance, désaccord, contestation, évitement, antipathie, agressivité, haine".

C'est dans le transfert et le contre-transfert que se mettent en place les mécanismes de la suggestion et de l'influence (explicites ou implicites). La neutralité bienveillante est-elle possible ? Nous ne pouvons pas échapper à la circulation d'affects, d'émotions, de représentations qui traverse toute relation humaine, il est néanmoins possible d'essayer d'identifier nos ressentis pour maîtriser les comportements qui en découlent.

Je vais développer ce qui est à l'œuvre dans les séances de relation d’aide, mais il faut savoir que ces phénomènes existent aussi dans les situations d'entretien (avec les patients, les clients, les élèves...).

 

2. Le transfert en relation d’aide

Le transfert, qui naît de la rencontre de deux sujets, est inhérent à la relation d'aide. L’aidé va prendre conscience qu'il peut susciter chez le thérapeute toutes les réactions susceptibles d'être sollicitées chez un être humain par un autre être humain, et il va découvrir aussi que cela ne remet pas en question la relation d'aide qui s'est instaurée.

"Le sujet s'adresse à l'autre sous une forme telle que cet autre est amené à ne rien entendre ; telle est la difficulté. Le sujet n'entend tout ce qu'on lui dit qu'en fonction de la place qu'on lui assigne ; c'est pourquoi il est essentiel, pour le ... (thérapeute), avant.. de dire quoi que ce soit, ou avant même toute intervention, de se repérer dans le transfert, sinon, il ne peut qu'entrer dans le jeu du sujet, faire son jeu, c'est à dire devenir, sans s'en rendre compte, le partenaire de la structure dans laquelle il est enfermé ". (Yves de la MONNERAYE. La parole rééducatrice. Dunod. 2ème édition. 1999)

Pour essayer de synthétiser :

- le psychothérapeute travaille SUR le transfert, il le manie,

- le thérapeute est DANS le transfert,

- le thérapeute sait qu'il est confronté à ce problème, il fait AVEC le transfert.

 

3. Le contre-transfert en relation d’aide

Le contre-transfert est une réaction consciente ou inconsciente de quelqu'un au transfert d'un autre sur lui. C'est "l'influence du patient sur la sensibilité inconsciente du médecin" (S. FREUD. 1910. "Les chances d'avenir de la thérapie psychanalytique"). Le contre-transfert, découvert plus tardivement par S.FREUD, a fait l'objet d'un intérêt de plus en plus soutenu dans les travaux psychanalytiques contemporains.

Le thérapeute, même s'il ne veut et ne peut pas élucider l'inconscient, sent bien qu'il est pris dans des enjeux transférentiels. Le transfert est là, il n'est pas manipulé, nous ne mesurons le transfert de l’aidé qu'à travers le contre-transfert qu'il provoque en nous. Il, y a des résonances en nous, et il est important devant l’aidé qui souffre d'aller faire un tout "du côté de chez soi", d'entendre par exemple la personne qu’on a été pour entendre la personne que nous aidons. Ce repérage est essentiel, nécessaire, il importe d'en prendre conscience, de l'entendre, de prendre du recul (seul ou avec d'autres),

- pour se déprendre de cette situation

- pour contenir l’aidé

- pour donner à l’aidé la possibilité de s'exercer à d'autres rôles dans les situations de rencontres

- pour qu'il soit en mesure de poursuivre son propre cheminement.

C'est l'objet du travail hors séance, l'obligation que nous nous faisons de nous interroger sur nos ressentis, qui nous permet de poser des hypothèses et d'ajuster notre relation

- par l'écriture quand nous rédigeons le compte-rendu de séance (nos ressentis à partir des faits, des dires, des actes, des phénomènes...)

- lors des réunions de synthèse si nous travaillons en réseau.

- dans des groupes d'analyse de la pratique entre professionnels (supervision, intervision, etc...).

 

4. Le trans-faire en relation d’aide

Si la relation est essentielle dans l'aide, le thérapeute a des garanties de fonctionnement qui le protège, tout en protégeant l’aidé :

- il dispose d'un cadre de travail,

- il rédige éventuellement pour chaque aidé un projet d'aide qui lui donne des repères,

- il peut travailler aussi en réseau et l'équipe reste garante de son travail avec l’aidé

- il peut aussi parfois utiliser des médiations qui font tiers.

Je reprends volontiers l'expression de Jacqueline LIEGEOIS (Les cahiers de Beaumont. n° 73. janvier 1997, page 33) pour parler aussi de trans-faire en relation d’aide dans cet espace de création que nous proposons à l’aidé.

 

D’après un travail sur la rééducation scolaire effectué par Maryse MÉTRA.

Option G UFAIS de Lyon. 15 octobre 2002

 

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