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la gestion mentale

 

 

dernière modification de cette page le 19-sept.-2015

journal n° 13 / journée du 19/10/2002

Pourquoi présenter la gestion mentale dans le cadre d’échanges entre sophrologues ?

Parce qu’Antoine de la Garanderie et le professeur Alfonso Caycedo sont tous deux des chercheurs phénoménologues qui ont effectué des recherches et des découvertes sur le développement de la Conscience. Le professeur Caycedo, en tant que neuropsychiatre, s’est intéressé à l’être humain dans sa globalité de personne physique et pensante alors qu’Antoine de la Garanderie, en tant que pédagogue, s’est intéressé surtout à l’apprenant.

Tous deux ont mis au point des techniques <<d’introspection>> pour permettre aux personnes qui le souhaitent de mieux connaître leurs ressources dans une perspective d’harmonisation et de plein épanouissement d’elles-mêmes.

La Gestion Mentale est le fruit de longues recherches d’Antoine de la Garanderie sur les conditions de la réussite scolaire.

Ce professeur de Philosophie, enseignant en classes préparatoires aux grandes écoles, chercha à comprendre comment les étudiants qui se préparaient à intégrer des grandes écoles opéraient pour s’approprier leurs cours et les utiliser avec brio lors des concours.

Après de nombreuses années d’observation (plus de vingt ans) et la mise en évidence de la structure propre à chacun des cinq gestes d’apprentissage que sont l’Attention, la Mémorisation, la Compréhension, la Réflexion et l’Imagination, Antoine de la Garanderie se demanda si la transmission de ces stratégies à des élèves en difficulté pourrait les aider à progresser. Il a alors organisé des ateliers avec des élèves en difficulté pour leur permettre de prendre conscience de leurs habitudes de fonctionnement et les enrichir pour réussir davantage.

Que signifie l’intitulé "Gestion Mentale" (G.M.)?

C’est la capacité à gérer des ressources intellectuelles. Ainsi faut-il prendre conscience de son mode de fonctionnement intellectuel pour pouvoir utiliser ses ressources, les exploiter et les enrichir.

Comment développer cette conscience?

Par des mises en situation accompagnées d’un dialogue pédagogique entre l’apprenant au sens large du terme et le formateur en G.M. Le dialogue pédagogique comprend deux moments : le premier qui concerne la prise de conscience par l’élève de la nature de son activité mentale. Ainsi, à partir de différentes situations d’apprentissage, le formateur va procéder à un questionnement pour essayer de faire émerger chez l’apprenant ce qui se passe dans sa tête. Le deuxième moment du dialogue pédagogique consiste à informer l’élève des gestes mentaux qu’il pourrait utiliser mais qu’il ne connaît pas.

Pour notre philosophe, inspiré des courants phénoménologiques, l’important ce sont les ressources de la personne. Lorsque l’élève a découvert son capital pédagogique, il peut le rentabiliser en l’investissant dans des situations d’apprentissage où il connaît des difficultés et l’enrichir de nouvelles procédures.

La G.M. repose sur deux piliers fondamentaux: l’évocation et la mise en projet.

Qu’est-ce que l’évocation ?

C’est la capacité à nous représenter dans notre tête ce que nous percevons avec nos cinq sens.

C’est par cette activité mentale que commence l’appropriation des connaissances.

Pour comprendre le processus de l‘évocation livrons-nous à une petite introspection cognitive: si je dis : <<pomme>> que vous représentez-vous en pensée ?

Des pommes sur un étalage, dans une corbeille à fruits ? Une tarte aux pommes ? Un pommier rempli de fruits? Vous réentendez en écho <<pomme>> ? Vous répétez : <<pomme>> ? Vous pensez à une chanson ou à un poème sur les pommes ? Vous voyez apparaître l’écriture du mot pomme ? Vous vous dîtes : <<hum ! j’en mangerais bien une>> ? Vous sentez l’odeur des pommes au four ? Vous sentez dans votre bouche la saveur d’une pomme ? etc...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi, à partir d’un mot entendu nous nous approprions les uns et les autres cette information de manière différente et variée en fonction des situations et surtout de nos habitudes d’évocations.

Ainsi, les auditifs se représentent dans leur tête un message oral en le réécoutant en pensée, ou sous forme d’un discours intérieur avec leurs propres mots. De la même manière, en présence d’un message visuel, comme l’observation d’une affiche, les auditifs devront la décrire avec des mots, se la raconter pour la faire exister dans leur tête.

A l’inverse, les visuels se représentent dans leur tête le même message oral en l’écrivant en pensée ou en l’illustrant en pensée par des photos, des scènes. Face à l’affiche, ils l’évoqueront en la revoyant à l’identique ou en la redessinant mentalement à leur manière.

Prenons garde à classer trop hâtivement des individus comme étant visuels ou auditifs car nombreuses sont les personnes qui changent de registre d’évocations en fonction des situations; nous pouvons parler alors d’évocations mixtes.

En tant que sophrologue, nous pouvons rencontrer dans nos groupes de pratique des personnes qui se trouvent dans l’impossibilité de se représenter en pensée leur corps sous une forme visuelle, aussi pouvons-nous les inviter dans un premier temps à se décrire leur corps puis à se construire une illustration visuelle dans le prolongement de leur description. Demander à un auditif de visualiser une scène peut le bloquer et l’inquiéter. dans notre terpnos logos, pensons à leur donner le choix entre voir ou, à défaut, se décrire (cf. événements du passé, situations futures, objet neutre, etc...).

L’évocation mentale est donc une action volontaire par laquelle nous faisons exister dans notre tête ce que nous percevons dans l’instant ou avons perçu antérieurement.

Si nous approfondissons notre observation des évocations, nous remarquons qu’au-delà des classifications "auditifs", "visuels" ou "mixtes", celles-ci peuvent se manifester dans des domaines d’appréhension du réel différents.

Antoine de la Garanderie a mis en évidence quatre domaines d’appréhension du réel :

le paramètre 1 : c’est le domaine de la réalité(nous regardons une affiche et nous nous la représentons en pensée à l’identique).

le paramètre 2 : c’est le domaine des symboles, des chiffres, des mots, du par cœur (nous entendons le mot <<pomme>> et nous revoyons ou nous épelons en pensée l’écriture du mot pomme).

Le paramètre 3 : c’est le paramètre du raisonnement, de la logique, de l’esprit de synthèse (nous entendons le mot <<pomme>> et pensons aux caractéristiques de ce fruit, soit en images soit en nous tenant un discours intérieur).

Le paramètre 4 : c’est le paramètre de l’imagination, de l’inédit ; c’est le paramètre des inventions et des découvertes (nous entendons le mot <<pomme>> et nous inventons un poème sur les pommes ou dessinons une maison en forme de pomme).

Paramètre 1

Paramètre 2

Paramètre 3

Paramètre 4

choses

scènes

chiffres

mots écrits

par cœur

analogie

classements

raisonnements

découvertes

inventions

métaphores

Qu’est-ce que le projet ?

Par projet il faut entendre cette intention d’agir dans le futur, ce qui suppose une mobilisation volontaire. L’apprenant devient acteur de ses apprentissages et non plus spectateur.

Chaque geste d’apprentissage comporte un projet spécifique :

L’Attention implique d’avoir le projet de transformer les perceptions en représentations mentales à l’aide d’images visuelles ou de mots ou les deux.

 

 

 

 

 

La Mémorisation implique d’avoir le projet d’évoquer ce que nous percevons dans le présent et de nous imaginer réutiliser ce perçu dans le futur (nous regardons une affiche avec le projet d’en parler à quelqu’un à un autre moment, dans un autre lieu).

 

 

 

 

 

 

La Compréhension implique le projet de confronter les perceptions présentes avec différentes évocations que nous pouvons nous donner[nous nous représentons en pensée les différents signifiés du mot <<pomme>> le fruit, familièrement une personne (ma pomme, sa pomme), une personne crédule, le prénom de l’actrice Isabelle Huppert dans le film la Dentellière de Claude Goretta, Apple (le nom d’une société d’informatique)].

 

 

 

 

 

 

 

La Réflexion est la combinatoire des gestes d’attention, de mémorisation et de compréhension. Elle implique d’avoir le projet d’évoquer la situation, de la confronter à des connaissances antérieures pouvant aider à trouver une solution (nous avons devant les yeux une recette de cuisine mais il nous manque le temps de cuisson et nous voulons réaliser ce plat tout en étant dans l’impossibilité de trouver le temps de cuisson dans un livre ou auprès d’une personne ; comment faire? Nous allons évoquer les composants de la recette et leur assemblage puis comparer nos évocations avec les évocations que nous avons d’autres recettes susceptibles de lui ressembler et dont nous connaissons le temps de cuisson afin de choisir le temps de cuisson qui nous semblera le plus approprié).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Imagination implique d’avoir le projet de rechercher dans ce qui est vu ou entendu ce qui pourrait être vu ou entendu autrement pour améliorer ou transformer (trouver un nouvel usage thérapeutique de la pomme ou d’utiliser la pomme dans la fabrication d’un nouveau matériau, etc…).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie Claude Roche (19/10/2002)

 

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