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la douleur

 

 

dernière modification de cette page le 19-sept.-2015

journal n° 8 / journée du 25/03/2000

Sujet vaste, complexe, mais néanmoins très intéressant à traiter.

N’étant pas médecin spécialiste de la douleur, je ne vais pas à vous faire un long exposé scientifique sur ce thème.

Je peux cependant, grâce à mon expérience de sophrologue dans ce domaine, et suite à la demande du groupe lors de notre réunion en octobre dernier, vous faire part aujourd’hui des différents résultats bénéfiques obtenus avec certains patients, et vous dire qu’elles ont été les techniques appliquées.

Tout d’abord, il me paraît opportun de vous énoncer brièvement, quelques définitions relatives aux différentes douleurs, que peut, un jour ou l’autre éprouver tout être humain.

DEFINITION

Douleur (du latin dolor) (dictionnaire médical) - qu’est-ce qu’une douleur ?

«Impression anormale et pénible reçue par une partie vivante (à l’intérieur ou à l’extérieur du corps), et perçue par le cerveau».

La transmission de la douleur se fait par les nocicepteurs, qui sont des récepteurs sensitifs captant les excitations douloureuses, dont le point de départ est le siège d’un traumatisme, transmises par le système vago-sympathique au cerveau, où elles déterminent de l’hyperhémie et / ou de l’oedème (infiltration séreuse qui a rapport au sérum liquide du tissu conjonctif du revêtement cutané ou muqueux).

On rencontre différentes douleurs, d’origines très diverses :

erratique (rhumatisme) qui change fréquemment de place,

vive, localisée en un point limité (goutte, appendicite...),

fulgurante, très vive survenant spontanément et dont la durée est courte (comparée à celle de la vitesse de l’éclair)

douleur accompagnée d’une sensation de pesanteur,

douleur morale (inquiétude pénible et indéfinissable, accaparant l’affectif - symptôme essentiel de la mélancolie)

douleur osseuse «ostéodynie» profonde, aiguë, ne coïncidant avec aucun signe extérieur,

douleur pongitive analogue à celle que ferait une pointe en pénétrant profondément,

douleur pulsatille, battements douloureux perçus dans les parties enflammées, en rapport avec les pulsations artérielles (migraine par exemple),

douleur tensive accompagnée d’une impression de distension (formation d’un abcès, inflammation d’une muqueuse...),

douleur térébrante profonde, qui semble produite par la pénétration d’un corps vulnérant (ulcération) (du latin terebare : percer),

douleur tormineuse : colique violente revenant par accès,

douleur du membre fantôme (ressentie suite à la perte d’un membre, bras, main, pied...),

le sens également de douleur au pluriel : quand on parle d’une femme qui «est entrée dans les douleurs» de l’accouchement - sensations pénibles qui accompagnent les contractions pendant le travail de l’accouchement.

Mais nous parlerons aussi maintenant de ce qu’on appelle la douleur chronique, installée, qui dure, et touche de plus en plus d’individus dans notre société. Les douleurs sont ressenties au quotidien, au point de gêner considérablement la vie normale d’un être humain, en se pérennisant.

ARGUMENTATION

La médecine a pris conscience de ce phénomène aggravant, et de nombreux centres antidouleurs se sont créés en FRANCE. Des services sont ouverts en milieu clinique et hospitalier. L’un des buts essentiel entre autre, est d’écouter le malade, de le faire parler, afin de mieux cerner son problème, comprendre pourquoi et comment une douleur devient envahissante au quotidien, au point de perturber, voire d’anéantir la vie d’une personne et de la priver plus ou moins partiellement de certaines de ces facultés.

C’est dans ce cadre là que je suis intervenue à la demande de médecins, afin de les aider dans leur tâche «psychologique» et relationnelle, avec leur patient, là où les médicaments (antalgique, anti-inflammatoires) ne réussissent pas complètement à vaincre la douleur. Ce sont des malades qui souffrent depuis plusieurs mois, plusieurs années, et les différents traitements se sont révélés inefficaces en partie.

Ma première intervention en clinique, fût donc de permettre à une personne d’agir grâce à la sophrologie, pour tenter de remédier aux douleurs d’une pancréatite aiguë et devenue chronique, qui irradiait une grande partie de l’abdomen et de la colonne vertébrale.

Suite à de longs traitements où la personne était devenue dépendante de la morphine, un protocole avait été mis en place pour la désaccoutumer et désintoxiquer de la morphine. Il fallait trouver aussi un palliatif au mental, qui l’aiderait à prendre conscience de sa douleur, en l’acceptant, pour mieux la gérer ensuite.

Le plus dur étant, bien sûr, de faire comprendre à chaque malade qu’il est bénéfique pour lui d’accepter sa douleur, de la reconnaître, de la considérer et non de la renier. Cette phase d’acceptation est la plus difficile à aborder.

Les techniques les plus simples de la relaxation, telles les respirations : synchroniques, en étoile, en carré, diaphragmatique triple, dans un premier temps, apportent un mieux être quasi-immédiat au malade. Mais l’endormissement dû aux doses massives de médicaments, est cependant une gêne considérable au début des premières séances.

En effet, ces personnes étant alitées sombrent très vite dans un sommeil profond, dès que je commence la sophronisation de base. Il faut 2 ou 3 séances pour que la personne s’adapte et ne s’endorme plus ou presque plus.

Vient ensuite, et selon chaque pathologie, la mise en place de quelques mouvements dynamiques du 1er degré (poings serrés, étirements-contraction du corps, le coup de poing, le miroir...) puis le sophro-déplacement du négatif, puis l’image neutre, et des exercices de visualisation, en expliquant toujours pourquoi et comment nous appliquons chaque méthode. D’excellents résultats sur la douleur avec le S.D.N., les respirations, la sophro analgésie, la sophro acceptation sensorielle, certaines visualisations. L’image neutre pour un malade souffrant beaucoup est plus difficile à conquérir, car son mental ne lâche pas prise facilement.

Les exercices physiques dynamiques (polichinelle, rotations axiales, enroulement, rotations de la nuque, étirements...) ne peuvent être pratiquées avec des personnes alitées ou handicapées en fauteuil roulant. Cependant, ils peuvent, après un certain nombre de séances, visualiser ces pratiques, ressentir des sensations agréables, par exemple celle de l’enracinement. Je m’adapte donc selon la nature de chaque handicap et chaque personnalité.

De même, par exemple quelqu’un qui n’est paralysé que d’un côté : je lui fais activer le côté mobile, pour lequel il ressent du bien-être (moulinets, coup de poings, étirement...) puis afin d’éviter le déséquilibre, nous travaillons par la visualisation l’autre côté, puis les deux côtés ensemble. Cela apporte des résultats concrets : détente, lâcher prise par rapport à la douleur, elle est moins vive ou totalement atténuée, chaleur dans tout le corps ou à une partie du corps...

Mais j’ai appris que dans ce domaine, il faut beaucoup, beaucoup de temps à une telle personne pour travailler le mental et le physique. Il faut être patient et ne pas craindre de réitérer x fois les techniques les plus simples :

S.B.V.,

terpnos logos,

les respirations douces, synchroniques, en étoile, etc...

signe signal,

poing serré,

Viendra plus tard :

la sophro analgésie,

sophro acceptation sensorielle,

travail des sens,

travail de prise de conscience de la corporalité etc...

pour lui permettre d’obtenir un résultat, où elle dira en ouvrant les yeux :

«je me sens bien, je suis mieux, j’avais l’impression de marcher, je ne sens plus la douleur des jambes, j’ai oublié la douleur pendant la séance, je suis détendu, je n’ai plus mal au dos, votre voix m’est agréable et douce...».

Certes, au cours de la journée, la douleur peut réapparaître, mais la personne l’apprivoisera petit à petit avec les respirations, car elle sait qu’elle a maintenant des outils en main pour essayer de prendre en charge elle-même sa douleur et la gérer au mieux.

J’utilise donc ensuite très rapidement les techniques du gant anesthésique, du froid, de la chaleur, de la caisse, du ballon. Il est important de mettre en confiance le malade avec lui-même. Quand il prend conscience que seul, chez lui ou dans sa chambre, il peut grâce au gant, au S.D.N, aux respirations déplacer, voire atténuer sa douleur, il est heureux de restituer son expérience et de me la faire partager, ainsi qu’à son médecin. Ceci va permettre au malade de ressentir ensuite, non seulement la nécessité, mais le besoin de pratiquer très régulièrement la sophrologie et il se prendra alors en charge, deviendra totalement responsable de lui-même et ne sera plus dans l’attente... pour éprouver un mieux-être.

Tout ce travail en amont permettra la possibilité de dynamiser les chakras, les centres d’énergie, avec les couleurs et les vibrations sonores.

La S.A.P et la stratégie de l’objectif sont utilisées de même avec des personnes qui ont des traitements lourds avec effets secondaires (chimiothérapie...) peur du cancer, de la perte des cheveux, de la dégradation physique...

J’ai obtenu de très bons résultats avec une dame qui, en quelques séances, après une grave opération, a fini par accepté le traitement préventif, à vaincre ses peurs, a repris goût à la vie, a retrouvé ses forces. Elle est redevenue souriante, confiante, son visage plus lumineux; elle avait retrouvé le sommeil, et n’appréhendait plus chaque mois, la séance ambulatoire de chimio... Je lui ai fait prendre conscience que la chimio l’aiderait à retrouver la forme, si elle l’acceptait et s’en faisait une amie plutôt qu’une ennemie. Anticipation positive de la guérison et reprise de vie normale dans sa famille. Ses forces physiques sont revenues très vite avec son sourire.

En fait, quand une relation de confiance s’établit entre le malade, le sophrologue, et le médecin, cette relation aide le malade à se prendre en charge pour accepter ses traitements.

Je tiens toujours au courant (en respectant la règle de confidentialité) le médecin des progrès et de l’avancée de son patient avec la sophrologie.

L’intérêt commun, c’est la santé de la personne, l’amélioration de sa vie, sa guérison à plus ou moins long terme.

Je me suis rendue compte aussi combien à travers chaque personne rencontrée, son mental est imbriqué et étroitement lié à la douleur. Je pense donc que le fait de l’écouter lui permet une prise de conscience et quelque part peut l’aider d’ «exorciser» une partie de sa douleur. Il y a toujours un événement dans le passé qui la relie à sa douleur (accident, deuil, peurs incontrôlées, chômage, ruptures diverses non acceptées, manque d’amour dans l’enfance, culpabilisations, etc...).

CONCLUSION

En conclusion et en fonction de mon expérience professionnelle dans ce domaine pure, je suis limitée dans le choix de certains exercices physiques dynamiques, pour travailler avec des personnes alitées et/ou à mobilité réduite ou inexistante.

C’est donc grâce à la respiration avant tout, le timbre de voix , un peu de poésie parfois, et plus tard les visualisations, que l’on peut arriver à un résultat probant.

Les techniques analgésiques, tels le gant, le froid, la chaleur, sont aussi très utiles et réclamées par les patients lorsqu’elles sont efficaces.

Ce que peux affirmer aujourd’hui, c’est que la prise en charge de la douleur passe avant tout par l’écoute, le dialogue, la confiance d’une relation.

Une personne qui se sait entendue et comprise, est déjà sur la voie de l’amélioration qui la conduira à son rythme et en fonction de son investissement, vers une amélioration certaine, voire la guérison.

Il me faut parfois intervenir en très peu de temps, très peu de séances, envisager et trouver le plus rapidement possible les techniques adaptées au malade, qui lui feront obtenir des résultats probants très rapidement (sur des périodes d’hospitalisation variables de 1 semaine à 3 semaines maximum).

C’est en cela que le regard des médecins, favorables à la relaxation, deviendra plus confiant face aux techniques de la sophrologie caycédienne, et que l’ouverture se fera de plus en plus pour aider à gérer la douleur.

Je rencontre des malades, parfois en grande détresse devant la douleur et j’ai confiance en moi, j’ai confiance en la sophrologie et en tout ce qu’elle apporte de positif dans la vie et entre autre ce qui me paraît le plus essentiel dans ce contexte : la santé.

Jocelyne Lacour (25/03/2000)

 

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