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mémoire sens - essence mémoire

 

 

dernière modification de cette page le 24-sept.-2012

journal n° 23 / journée du 08/04/2006

L’être vivant  qui vient au monde est le plus immature des mammifères, seuls les marsupiaux sont plus immatures mais ils ont une poche dans laquelle ils vont trouver la tétine, se sentir en sécurité pour finir de grandir : ils ont le gîte, le couvert et le moyen de transport… Le petit de l’homme lui doit s’en passer. Il est jeté au monde sur un monde en avance sur lui et pour survivre, il dépend entièrement des grands. Pour devenir humain il va devoir s’adapter au dicta du monde et délaisser cette intuition qu’il porte en lui en naissant, ce désir de réaliser sa vie. Il va devoir devenir comme les autres, il va se « tisser au monde » (Merlo Ponti). Suivant le lieu où il va tomber, il va devoir adopter : la culture, la mythologie familiale, se conformer aux modèles…il va devenir « comme » les autres  pour se faire adopté et sa survie dépend du monde qui l’entoure ! L’enfant dès son premier souffle va construire sa relation au monde.    

Comment l’enfant met-il en place cette relation ? Quand le cerveau est-il opérationnel ?

Dés le 5éme mois de grossesse, le cerveau peut enregistrer les messages quand les fibres nerveuses ont atteint leurs points d’arrivée, qu’elles sont suffisamment myélinisées pour que les conductions passent.

Le cerveau enregistre d’abord la peau (même feuillet). En poussant les parois internes du ventre avec ses talons l’embryon va sentir. Si lors d’un examen médical, on lui touche sans le vouloir son cuir chevelu, il reculera  la tête d’un mouvement brusque.

Très vite l’enfant va entendre : le cœur de sa mère, qui lui est fixe, les bruits dehors feutrés qui eux sont mobiles. Au 6éme mois il va pouvoir avaler  le liquide amniotique. Il va pouvoir sucer son pouce : le goût se développe.

Si dès la 6eme semaine il fait preuve d’une sensibilité à la lumière, c’est seulement  dans le 9éme mois que les cellules qui permettent  de voir les couleurs se développent.

Déjà dans la vie intra utérine le fœtus est un être de relation ; Nous savons aussi qu’il va réagir à l’état émotionnel de la mère.

L’innervation du cerveau va gagner : les lèvres, la bouche, les extrémités sont très innervées. Par cette sensibilité nerveuse et l’intérêt que l’enfant porte à son corps, pendant cette période : (5éme mois de la vie intra-utérine – premiers mois de sa vie aérienne) il va construire une représentation de son corps, dans les zones prévues pour cela (scissure de rolando), appelée le schéma corporel. Cette myélinisation va se poursuivre jusqu’à l’âge de 7 ans, âge où le système nerveux central est complètement opérationnel.

Mais si la conscience de l’enfant pendant les premiers mois de sa vie est encore principalement tournée vers l’intérieure, très vite, elle va s’intéresser qu’au monde extérieur. Si bien que le schéma corporel ne va plus trop évoluer. C’est une image du corps qui se construit : un corps défini par le regard des autres Nous pouvons dire que, l’adulte que nous sommes à un schéma corporel de petit enfant. A moins que cet adulte là, ait pratiqué la sophrologie, puisque vous le savait très bien, que l’un des principes de base de la sophrologie caycédienne est la conquête du schéma corporel dans sa réalité objective.

Il faudra sept années au système nerveux central pour devenir totalement opérationnel, pour que toutes les informations circulent « aller et retour. »

Au fur et à mesure que les sens se développent, il donne des possibilités, à l’enfant : ce monde, il va l’intégrer en lui. Ces cinq sens vont être les capteurs de toutes les informations qui lui parviennent. Mais dans cette période de construction des structures de sa conscience ordinaire (naturelle) l’enfant, par sa sensibilité, se qu’il ressent du monde et se qu’il en perçoit, va mettre en lui ses propres représentations. Dans se qu’il comprend du monde extérieur, il n’a pas la possibilité de faire le tri.

Ces mémoires qui sont des représentations mentales ne sont pas que dans le mental, elles sont aussi dans le corps. Nos sens sont reliés au cerveau mais aussi à toutes les parties du corps.

Qu’est qu’une représentation mentale ou une image mentale ?

Une image mentale peut être olfactive, gustative, visuelle, auditive, tactiles.

Tous les organes de nos sens ont été capteur d’images mentales (ex. : une odeur de lavande, le goût du chocolat etc.…).

En nous nous avons toutes les complexité du monde.

Bien sur tout cela passe par le cerveau, ce qui se met en place, c’est aussi toutes les images et les sensations associées à ses images mentales.

 

Exemple d’une image mentale

Nous avons tous une image mentale du chocolat mais qu’est-ce qui s’associe à l’image du chocolat pour chacun de nous ?

Et qu’est-ce que je ressens par rapport au chocolat que l’on m’a donné ?

Qu’est-ce que je ressens que l’autre voulait passer avec le chocolat ?

Pensez à toutes les communications qui se mettent en place autour de la nourriture.

Lorsque je commence à me mettre en questionnement :

Qui ? Pourquoi? Comment ? C’est de la conscience naturelle.

Ce qui est important, c’est ce que j’ai ressenti car le chocolat, nous l’aimons ou nous ne l’aimons pas pour des raisons bien précises.

Ce qui est intéressant, est de réfléchir à :         

« Où je suis lorsque je goûte le chocolat ? Est-ce que je suis dehors, en conscience naturelle avec tous les à priori de la conscience naturelle ?

Est-ce que j’ai plus d’intérêt pour la personne qui me donne le chocolat ? Le pourquoi du chocolat ?

Ou

Est-ce que je suis en moi pour goûter le goût du chocolat ?

En conscience ordinaire, je ne m’intéresse pas à la réalité objective du chocolat : son goût par exemple, mais à tout ce que cela évoque pour moi en représentation subjective qui est tout ce qui s’est passé autour du chocolat.

La représentation mentale est pleine d’à priori.

Nous sommes en train de décortiquer comment, finalement, le vivant que chacun de nous est, dans sa relation au monde, a mis en place ses structures de conscience naturelle.

Sur ma langue : le sucré, l’amère, le salé, l’acide, pourquoi j’ai associé avec les sensations ce qui se passer à l’extérieur pour moi dans ma relation à l’autre. Dès le départ, la sensation est impliquée avec l’extérieur.

Chaque image est un complexe de sensations mais j’ai besoin de trouver aussi le véritable goût du chocolat.

Car avec l’image  mentale du chocolat non nettoyer de ses variables, les personnes ramènent tout le passé lié au chocolat en conscience naturelle.

Ce matin il nous a été proposé de « vivre  symboliquement la verticalité » et pour cela d’évoquer un arbre. Pour chacun de nous, il nous est apparu un arbre, un arbre différent pour chacun. Mais quel arbre ?

Celui que j’ai aperçu en venant ici, tout paré de ses couleurs du printemps ?

Celui qui est dans mon jardin dont je m’occupe avec amour depuis des années ?

Celui auprès duquel était assis mon grand-père ?

L’arbre que j’ai vu au bord de la route élagué par les ponts et chaussées ?…

Je vous renvoie à vos vivances.

Ainsi nous pouvons réfléchir différemment  sur  cette proposition qui nous a été faite de rencontrer « la symbolique de la  verticalité » en prenant comme support l’arbre et que  rencontrer l’essence de l’arbre, l’essence de la verticalité reste à découvrir.

Nous croyons connaître le monde mais ce  « connaître » est rempli d’à priori et de jugements de valeurs : c’est subjectif.

En sophrologie plus nous avançons, plus nous nous rendons compte que, ce que nous nous sommes appropriés du monde était la sensation accompagnée du monde extérieur, ce qui était avec ou autour de la sensation.

Plus je nettoie les mémoires qui chargent mes sens, plus je retrouve mon authenticité.

Nous portons en nous cette intuition de devoir réaliser notre vie (M. HIEDEGGER). Les affects recouvrent cette intuition. Ces tensions inscrites en nous à notre insu, nous devons nous en libérer pour installer en nous la vacuité dans tous nos tissus pour que circulent en nous tous le fleuves de vie.

C’est l’irrigation sanguine, consciemment accompagnée  « notre petit SAMU » qui va permettre le nettoyage des tensions. Ce nettoyage, dont parle Caycedo va s’installer petit à petit, en accord avec moi-même, en pratiquant les relaxations dynamiques. Je vais ainsi conquérir ma région phronique - mon schéma corporel dans sa forme libre de tension.

La sophrologie est une méthode douce. Nous allons permettre à nos défenses de fondre. Si nous cassons nos défenses, il n’y a plus de repères et s’il n’y a plus de repères c’est l’angoisse qui s’installe.

La mise en place de nouveaux repères est nécessaire. Ils créent l’ancrage. (cf. pratique ci-jointe)

Ils sont :

  1. Avant de commencer la pratique regarder le monde autour de soit pour s’en relaxer consciemment
  2. Fermer consciemment les paupières.
  3. S’installer dans sa respiration consciente « j’inspire par mes narines, je souffle par la bouche… »
  4. S’installer consciemment sur ses points d’appui.
  5. Puis c’est le schéma corporel qui devient l’ancrage. Il est intégré au niveau sophroliminal par la pratique des relaxations dynamiques ; s’il n’y a pas passage par le niveau sophroliminal rien ne se passe : nous faisons de la gymnastique. Intégration :  

- des  tissus profonds 1er degré des relaxations dynamiques.

- des  tissus de la peau : la forme du corps 2ème degré des relaxations dynamiques.

Installé dans la forme de mon corps je vais pouvoir m’intéresser à mes sens.  Travailler mes sens pour, petit à petit, me donner le droit de retrouver la subtilité de la vie par rapport à mes capacités qu’elles soient gustatives, olfactives, visuelles, auditives, tactiles. Et en même temps, je crée les canaux qui vont amener au niveau des mémoires, pour libérer toutes ces zones, afin de, petit à petit,  me mettre de plus en plus au présent.

Nous avons besoin de nos sens pour percevoir le monde « comme si c’était la première fois » mais encore faut-il libérer la surcharge. La mise en place des structures de la conscience ordinaire est un passage obligé pour devenir grand : il a fallu que je survive.

Ce qui est à nettoyer, c’est le négatif qui m’empêche d’être dans mon authenticité, en relation au monde, au présent. Je ne suis plus « comme », mais avec les autres.

Maintenant, installé dans ma taille d’adulte (« la forme de mon schéma corporel »), je peux m’intéresser à autre chose que la survie : la vie. Je peux faire mes choix et me débarrasser de ce qui me gêne, je garde ce qui ne me dérange pas. Etre dans son authenticité, c’est pouvoir faire des choix. Ce n’est pas devenir tout puissant, c’est devenir plus sensible.

Je remets  mes mémoires à leur place, je ne les fais pas disparaître, je les libère de tout l’affect qui me relie au monde dans la subjectivité liée à ces mémoires.

Les mémoires qui n’empêchent pas ma relation au monde sont un trésor d’imaginaire. Mon imaginaire est comme un vieux grenier plein de trésors. Ma capacité de créativité est liée à ces mémoires.

Installer en moi dans ma présence, tous mes sens en éveil, je peux jouir du monde. Jouir dans tous les sens du terme.

 

METHODOLOGIE (cf. pratique à la rubrique séances)

Il est important de se rappeler que tous les sens communiquent. Même si on parle de l’ouie, on peut avoir une image qui rappelle quelque chose. Même si cela a  mis 7 ans  pour tout se rejoindre au moment de la myélinisation du cerveau, il n’y a pas un sens qui fonctionne sans les autres. Nous pouvons très bien nous rappeler une odeur et avoir une image ; avoir un goût et au niveau du toucher avoir une sensibilité.

Tout ce qui est de l’ordre des sens se regroupe pour avoir une relation au monde. En faite, les stimulations multiples éveillent d’une manière multiple.

Tous nos sens fonctionnent en même temps et lorsque vous commencer un travail comme nous l’avons fait, vous ne pouvez pas faire un seul sens. Vous devez faire les cinq. Notre relation au monde est une relation avec nos cinq sens.

Le travail sur les sens se situe au deuxième degré dans sa deuxième partie. Cela implique que le schéma corporel est inscrit (1er degré) jusque dans sa forme (2éme degré).

L’ancrage est nécessaire (cf. : plus haut)

Entre chaque sens stimulés : retour par la lecture à la forme du corps.

POUR FAIRE VIVRE A VOS ANIMES UNE  « BONNE SEANCE » LE TERPNOS LOGOS DE LA SEANCE CI-JOINTE DOIT ETRE RIGOUREUSEMENT RESPECTE.

« Je me suis réveillée affamée »

Pour ne plus avoir mangée depuis des lustres, j’avais faim de terre, de continents, d’orages, de tumultes. Un appétit dévorant de parfums me tenaillait le ventre : sel sur la peau, résine des grands sapins noirs, herbe en tendresse fauchée au printemps. J’avais envie de mordre la chair crue d’un poisson, de déployer mon ouïe dans la symphonie du monde, de regarder pour voir vraiment et m’éblouir de lumière, de plonger mes mains dans la terre chaude et la gueule humide des loups. Retourner au monde qui roule et qui mugit. »

Hélène GRIMAUD – «  Leçons particulières »

Gilles Paillet le 08/04/06

(gillespaillet@wanadoo.fr)

 

 

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