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le corps : face cachée de l'être

 

 

dernière modification de cette page le 19-sept.-2015

journal n° 17 (09/10/04)

"Ce que je suis parle beaucoup plus que ce que je dis !".

Combien de fois une expression de la profondeur est venue réajuster un verbiage dans lequel je m'étais empêtré! Je rougis, je baisse la tête, mes mains s'agitent, mes mâchoires se contractent et... tout ce qui était sous le contrôle mental, l'instant d'avant, s'écroule devant ma vérité.

Au début, avant le verbe, était l'axe... mon être vertica­lisé, énergie d'où émergera une parole cohérente.

Dans sa racine la cohérence est ce qui a du corps ! C'est l'union invisible des divers éléments d'un corps ré­vélé dans le visible au regard de l'autre. Cette vérité qui m'habite est perçue dans la vie en terme de crédibilité.

Incarner des valeurs, les pétrir en son corps c'est se "réaxer", "sentir" le "bon sens" en soi et oser l'exprimer sans recourir à l'ambiguïté. Cela suppose exigence person­nelle et développement de l'autonomie. La crédibilité se perçoit quand le lien, entre mon corps, mon émotion et ma parole, est clair. Je découvre alors avec bonheur que les autres m'écoutent, adhérent plus facilement à mes propo­sitions et que des relations vraies, long terme, se construi­sent. Cette vérité que je suis prend également sa forme dans la confiance : la "racine de la foi !".

La con - fiance est bien plus qu'un concept, c'est une réalité corporelle, une "épaisseur" qui me densifie, la per­sonnalité, une "profondeur" qui m'assoit dans mes racines pour déployer sans crainte mes ailes vers des cieux inté­rieurs.

Cohérence - Crédibilité - Confiance reposent sur la capacité à retrouver la mémoire de son temple intérieur, c'est-à-dire des structures porteuses qui nous habitent et permettent d'assumer notre sensibilité.

J'entends souvent la question : "Comment faire pour me protéger de l'agressivité des autres, des perturbations extérieures ?". Alors prenant appui sur l'extérieur et l'ap­parence, nous nous sculptons des défenses corporelles barrières musculaires, rigidités, tensions... érigées contre les assauts des difficultés, telles des bouées de sauvetage, assurances extérieures rassurantes, faute de confiance in­térieure réelle.

Il m'arrive au cours de certaines formations en entre­prise de profiter d'un moment de relâchement (et ainsi provoquer une expérience immédiate), de pousser un grand cri, afin de créer un choc, puis continuer tranquille­ment mon animation sans trace émotionnelle, sur un ton tout à fait naturel. Cela provoque deux réactions intéres­santes que nous analysons aussitôt : Une partie du groupe extériorise son énergie par la surprise, sursaute, tressaille, pousse un cri, se protège, change d'expression. L'autre partie du groupe reste immobile, impassible, sèche, comme indifférente.

Notre système nerveux relaie notre façon d'être, notre niveau de maturité face à l'événement. Un des critères sur le chemin de la maturation est notre relation à la réactivité. "Qu'est ce qui vous fait encore réagir dans la vie ?" Médi­tez longuement sur cette question et voyez en face vos ma­nières de répondre à l'événement.

Dans notre "petite expérience", nous touchons quelque chose d'essentiel : je peux réagir sans maîtriser quoi que ce soit, mon énergie s'exprime sans conscience, directe­ment vers l'extérieur comme un ressort longtemps com­pressé et tout à coup libéré ! Libéré comment et vers quoi ?

A l'extrême, voilà cette personne, qui toute la journée a accumulé du ressenti envers son hiérarchique, n'osant pas se confronter d'une manière constructive avec lui (ce qui supposerait un bon contact avec son corps à travers les 3 C, Cohérence – Crédibilité - Confiance), en arrivant à la maison lorsque le ressort se détend... maladroitement adresse une remarque désobligeante à son épouse, donne un petit coup de pied sur le chien, une fessée au gamin énervé, lui-même, par une journée d'école etc. Qui est vraiment là à cet instant ?

A l'opposé de cette violence, exercée vers les autres (ou vers des objets), l'énergie ne se dirigeant pas vers la bonne direction, existe le contrôle, à ne pas confondre avec la maîtrise de soi !

Se contrôler exige de soi-même une sur - tension qui permet de faire barrage à tout mouvement d'énergie qui permettrait de voir qui je suis au fond et ce que je vis réel­lement. Tensions musculaires, barrières énergétiques, froi­deur, rigidités comportementales, sont le lot de la per­sonne bloquée dans son expression essentielle. J'ai eu l'occasion de vérifier (en laboratoire) qu'au moment pré­cis où je criais dans la salle, les personnes "figées" déclen­chaient aussitôt une acidité sur leurs muqueuses, ces acides les "bouffant" de l'intérieur comme une violence re­tournée contre elles-mêmes.

En rentrant à la maison, enkysté dans mes problèmes, tendu, renfermé dans mes cuirasses corporelles, je ne dis rien de mes préoccupations, je les laisse me ronger et mes proches sont agressés par mon super - contrôle!

Tout ce qui ne s'exprime pas, s'imprime... mais tout ce qui s'imprime tente toujours de s'exprimer de ma­nière détournée !

Au moindre relâchement du corps, l'acte manqué sur­gira, que ce soit marcher sur les pieds de sa compagne "sans le faire exprès" ou faire une grossière erreur qui "embêtera bien" son chef de service ! Est-ce que je me laisse "bouffer" assez longtemps et alors mon corps va crier en me diminuant : je vais concrètement maigrir sous le stress, me réduire jusqu'à en être parfois "ulcéré", Est-­ce que cet événement "me gonfle" suffisamment et alors mon corps va revêtir ses bouées de sauvetage, couches successives de protection contre ce qui "m'a-graisse" ! Combien tout cela pèse-t-il sur moi ? Sans aucun régime, je peux me demander quelles sont les agressions que je porte sur moi, et en travaillant dessus, retrouver durable­ment le poids que je suis, ma propre densité.

Le corps est aussi une conscience.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce n'est pas l'événement qui est troublant, c'est bien moi qui me trouble avec ! L'événement est un fait... neutre... et trouve un terrain plus ou moins sensible qui y réagit. Morcelé, oppressé dans son souffle, fatigué, émotif avec une faible lucidité, je me "fais avoir", je perds pied. La "prise terre" au sein même de mon corps est shuntée et... je réagis au lieu d'agir. Je me débats cor­porellement, je m'agite dans mes problèmes, je ne peux donc pas me battre intérieurement en devenant "désar­mant".

Tout ce qui vit obéit à la loi de concentration et diffu­sion. Ce mouvement de vie est-il respecté pour moi ?

 

SE RECENTRER POUR S'AJUSTER

Face aux pressions de la vie, notre corps réagit primitive­ment en fuyant, en attaquant ou en se pétrifiant. Cela crée un retour momentané à l'état d'équilibre, sans pour cela régler le problème. Se défouler avec une raquette et une balle va me soulager certes mais je vais retrouver mon problème tel quel !

Aujourd'hui ces comportements sont difficilement expri­més : dans une culture de l'inhibition, de l'action, le réflexe n'est plus d'attaquer ou de fuir, mais.., de somatiser ! Notre corps engrange, transforme en toxines, en tensions, en symp­tômes, parfois en "tu - meurs". Le corps est aussi la face vi­sible de notre âme empêchée dans sa juste expression. Un sentiment refoulé créera par exemple un excès de feu qui pourra se traduire par des rougeurs et des problèmes de peau. Comment transformer cette chaleur/feu en chaleur/lumière?

En fait trois voies apparaissent clairement pour faire face aux empêcheurs d'Etre

 

1. DONNER DU SENS ET TRAVAILLER SUR SES CROYANCES

Il nous est donné de "comprendre", "d'entendre", de "voir" avec lucidité ce qui se passe dans notre corps, de nous laisser informer par ses multiples messages. Nous devrions apprendre dès l'école cette grammaire du corps, ce livre grand ouvert sur notre vérité intérieure. Chaque espace est un monde symbo­lique avec ses signes d'amour et ses cris de douleurs ! A nous d'entendre, de donner du sens... ou de se faire accompagner pour cela.

Les croyances que nous avons forgées depuis l'enfance sont très opératoires et peuvent nous délier corporelle­ment, comme nous bloquer. J'ai le souvenir de cette femme âgée qui venait à un de mes ateliers, toujours dyna­mique. Elle arriva un jour toute raide en me disant

-"Je ne ferai pas grand chose aujourd'hui, excusez­-moi !',

- "Que se passe-t-il ?" lui demandai-je.

- "Eh bien, le docteur m'a dit que j'étais bloquée ! J'ai la colonne vertébrale bloquée !"

Et voilà cette pauvre dame, tout à coup pétrifiée dans ce verdict, installée dans cette nouvelle croyance, son iden­tité/axe, sans énergie. Il a fallu deux heures de séance sur le corps et la parole pour que l'énergie circule à nouveau et que cette brave femme, bien vivante, reparte d'un bon pas, réassurée dans son axe. La parole adressée à l'autre peut pénétrer telle un poignard dans la chair et blesser profondément ou au contraire libérer tout à coup le souffle et faire vivre ! Le Corps que je Suis exige respect et humi­lité, c'est une attention sans tension qui me permet de m'ajuster, d'être dans ma justesse.

 

2. STIMULER LA CREATION ET L'EXPRES­SION

Jung, à la fin de sa vie, proposait souvent aux patients qui s'asseyaient en face de lui "d'inventer" quelque chose avec les objets posés sur son bureau, avant d'engager toute analyse, qui aurait pu rester trop mentale.

Est-ce que chaque jour vous prenez un moment pour inventer et créer du neuf ? Prenez le temps de voir cela en face...

Le jeu et l'expression sont des fonctions essentielles de l'être humain. L'enfant développe son potentiel, son futur en jouant "à tout et à rien" avec une telle implication, qu'il imprime des programmes porteurs de sens et de réalisa­tion. L'adulte a comme arrêté son enfant intérieur et tout son potentiel de développement vers... l'inconnu ! Peur de changer ? Peur de désirer ? Peur d'être mal vu ? Cer­tains masques gèlent nos potentiels créateurs. Oser... Oser au risque de ! Pas de dynamique créatrice sans cette capacité à la prise de risque !

Continuez à jouer, à inventer, à créer. Nous savons au­jourd'hui que plus nous vieillissons, plus nos neurones cherchent à créer de nouveaux réseaux. Nous sommes en expansion permanente avec un potentiel qui dépasse large­ment nos 87 ans actuels de durée de vie officielle ! Notre corps est une énergie vivante qui se réalise en créant. Que ce soit votre jardin, la musique ou votre métier, dans vos zones d'initiative... stimulez le plus souvent possible ce sens de la création.

 

3. LE CENTRAGE ET LE SILENCE

Le centre dont je veux parler ici est en phase avec mon système anatomophysiologique dont nous venons de par­ler, mais il est encore beaucoup plus que cela : c'est la personne toute entière dans sa manière d'être là, présente au monde.

Les Orientaux parlent de HARA et nous avons tous vu ces statues de Bouddhas arborant un "magnifique" ventre bien rebondi. Avoir du Hara, ce n'est malheureusement pas laisser aller son ventre mais bien se laisser aller dans son ventre ! Ou plutôt dans son centre. Les Orientaux ont toujours symbolisé les expériences intérieures (un gros ventre pour l'épanouissement intérieur, les grands lobes d'oreille pour la sagesse, etc.) alors soyons précis sur la signification de ce mot HARA. En fait, il a été bien souvent confondu avec le "tan-tien" point central de l'individu, situé trois doigts sous le nombril. Les adeptes du nombrilisme sont d'ailleurs très nombreux, c'est une pratique très répandue ! En réalité, cette secte a vraiment existé et ses membres portaient leur attention sur cette région du corps. Le Hara n'est ni le tan-tien, ni notre centre de gravité, ni tout autre point particulier. Le Hara est un véritable paradoxe à vivre : HA - l'empereur, RA - le soleil. Traduire : le soi dans son rayonnement ! Le soleil ne peut rayonner que dans la mesure où il a un centre et des rayons qui permettent la circulation de la lumière. Nous sommes ainsi trop centrés sur nous-mêmes, sur notre nombril, sur notre expir, nous étouffons notre lumière, elle devient alors feu couvant (cause des inflammations et autres irritations !). Trop extériorisé et dans la périphérie, la lumière séparée de son centre s'épuise dans les apparences, être falot, luciole fugitive (cause des pertes d'énergie vitale, fatigue, etc.).

Centré et rayonnant, voilà donc ce paradoxe qui définit le mieux cette notion de Hara pour l'Occidental. Totalement relié à mon centre (ou soi), je laisse circu1er, diffuser jusqu'au bout de moi-même la vie sans jamais me couper de ce centre (c'est là le problème !) même quand j'exprime au plus loin dans l'espace un geste, un son ou toute autre ex-pression. J'ai tellement rencontré d'adeptes du yoga, de la méditation ou autres pratiques corporelles... éteints ! Ce n'est pas la pratique qui est à remettre en cause, mais bien le "comment" je me vis dans l'exercice. Accepter de rayonner ce que je suis, c'est dépasser la "faute" de vivre, la grande culpabilité de fond d'exister. Osez être vous-mêmes jusqu'au bout de vos doigts, de vos cheveux et au-delà !

Mais attention, notre véritable centre est là pour nous ramener, dans le point le plus profond, le plus petit de nous-mêmes. Toujours sentir les deux... et laisser surgir !

C'est donc une manière d'être là, réorienté dans son corps, dans son coeur et dans la conscience pour une qualité de présence (certains nomment cela charisme, magnétisme, etc., cela dépend au service de quoi je place mon énergie !).

Nous avons accès facilement aujourd'hui à la froide lumière du mental, néon éclairant notre réalité, mais c'est au sein de nos entrailles que le feu s'active, soufflet qui sti­mule la vie pour que le coeur soit véritablement chaleu­reux.

L'être tout entier peut alors transformer ce feu et cette chaleur en lumière. Le sens est là, l'être est relié.

Nous allons ensemble découvrir une suite pédagogique très concrète qui va vous permettre de contacter des res­sources impressionnantes et cependant naturelles. A tra­vers chaque expression populaire mise sous forme de titre, c'est une véritable école de vie, une pratique du quotidien. Voici ce qui "se trame" dans notre ventre au ni­veau des grandes orientations musculaires. Ce sont les piliers du temple ! Ici se joue la "tenue" de l'Etre, lieu d'enracinement et de structuration nécessaires au "bon ordre" en soi, ce qui est visible reflète toujours une qualité de l'invisible !

Voici, symbolisé, notre mandata intérieur. Ce symbole s'enracine dans notre réalité anatomique et peut servir de visualisation dans les exercices. Les chiffres indiquent un muscle réel au sein de notre espace central, situé entre le fond du bassin et l'espace thoracique, espace qui enracine notre attention.

 

 

ETRE DANS SA FORCE

Première phase : Nelly se positionne comme elle veut, et place son index au contact de son pouce pour former un anneau. Je lui demande de résister quand je tente d'ouvrir ses doigts : elle crispe ses muscles, grimace, se tord, rou­git et bloque sa respiration. La force musculaire est coû­teuse !

Deuxième phase : Nelly se centre comme précédem­ment (chaque étape permet d'intégrer un peu plus profon­dément la centration et la confiance en soi !), détend sa musculature, se détend elle-même en s'enracinant dans la force terrestre. Seul le contact des deux doigts est fixé comme avec une super - colle !

Je tente à nouveau lentement, avec la même force, d'écarter l'anneau : impossible ! (ou plus difficile, selon les progrès !). Nelly constate elle-même que sa force est plus importante alors qu'elle est détendue, concentrée, rayonnante.

Exercez-vous au quotidien en ouvrant les pots de confi­ture, portez le pot au niveau du bas ventre. Expirez lente­ment, quand vous êtes en fin de souffle, dans votre bassin alors ouvrez le couvercle, c'est dix fois plus facile ! J'en­seigne également cette attitude pour porter avec plus d'économie les malades dans les hôpitaux. Ne loupez au­cune occasion d'être dans votre vraie force, vous serez plus serein dans votre rapport au pouvoir !

VAINCRE LA PEUR

Bien centré, j'expire lente­ment et je "descends mon re­gard" et ma tête vers mon bas­sin. Je m'unifie autour de ce centre... et je me laisse tomber sans perdre le centre, les bras amortissant au dernier mo­ment le contact... et je m'aban­donne au sol. Travaillez avec un gros matelas dessous au début !

Constatez : De mes yeux, au sol... cela fait peur. De mon bassin/centre au sol... la sen­sation est rassurante, mon mental ne joue plus à la peur, j'ai rejoint ma zone de confiance.

Que ce soit au bord du vide en altitude, dans un tunnel de spéléologie, pour se lancer à nager, pour rencontrer... l'in­connu.

Exercez-vous à vaincre la peur du vide dans cet exer­cice, intériorisez la sensation, puis visualisez vos situations de peur à partir de cette attitude. Retrouvez-la ensuite en situation réelle.

 

ETRE LE MAÎTRE DANS LA MAISON

"C'est la faute à... !" que ce soit le vent ou mon parte­naire... Cette petite phrase est bien pratique pour ne pas me responsabiliser. Plus je suis responsable de moi-même, moins j'incrimine les autres.

Voyez ce bâton en équilibre, il suffit d'un petit décalage dans mon propre équilibre (corps, émotion ou mental) pour me rece­voir... l'événement sur le nez ! Le bâ­ton est un témoin fidèle de ma situa­tion intérieure.

Soit nous pouvons rester ensemble dans une tranquillité immobile (au moins une minute) : je suis le joueur. Soit mon agitation donne le pouvoir au bâton qui me fait aller dans tous les sens : je suis joué. Le bâton re­pose sur le doigt central qui accueille son poids. Je suis là en contact avec mon centre, je vérifie le sommet du bâton par un regard tranquille et au milieu ma respiration est paisible.

Vous pouvez ainsi maîtriser une marche lente et régulière vers un ob­jectif précis (l'enjeu crée un stress in­téressant !). Voila, pour 7,50 F (le prix du bâton !) vous avez un outil de maîtrise exceptionnel !

LE REFLEXE DE CENTRATION

L'exercice des 10 secondes. Cet exercice est un véri­table "rappel".

• Faites un simple petit saut en l'air, détendu et retom­bez dans votre aplomb naturel, les pieds se posent alors à leur place naturelle (environ largeur du bassin pour l'écartement) et l'équilibre se fait aussitôt droite ­– gauche / avant - arrière.

• Ecoutez le son de votre chute ! Si vous êtes raide le son sera sec et retenu. Si vous êtes dans votre confiance, le son sera profond.

• Imaginez aussitôt qu'on vous pousse de tout côté au niveau du bassin et trouvez votre centre en chutant inté­rieurement vers le bas.

Reliez stabilité corporelle, sérénité émotionnelle (res­piration basse) et objectif mental simple et précis. Sentez les trois et voyez... qui est là ? Tout ceci, en dix secondes, c'est possible, c'est un réflexe qui peut... changer la vie !

Tenir debout, faire le poids, être à la hauteur, avoir la tête sur les épaules, faire face, être dans sa force, vaincre la peur, avoir du ressort et être le maître dans la maison.., sont des prétextes qui peuvent ouvrir sur la profondeur.

A chaque expérience, je peux approfondir cette attitude centrée qui est la clé de la confiance. La confiance ouvre sur la foi ! Attention, ces mêmes exercices peuvent nourrir mon petit moi dans sa recherche de petits pouvoirs. HITLER avait un super HARA ! NAPOLÉON également ! Au service de quoi, de qui, je place cette force, ce rayonnement ? Entre une Mère THÉRÈSA et un S. HUSSEIN, il y a 1 millimètre d'écart dans la puissance mais un gouffre dans l'intention !

 

ENFIN, J'AIMERAI TERMINER PAR "LE GRAND EXERCICE"

Celui de l'accès au silence, chemin le plus fréquenté par l'Être qui m'habite ! Le corps méditatif est une réalité bien palpable : même si je ne pense pas... JE SUIS !

Tout d'abord, on ne médite pas, on est médité. Il n'y a rien à faire, rien à attendre ou espérer, car la méditation n'apporte rien, elle dévoile ! La méditation surgit d'elle­-même. Au début, elle survient, causée par la rencontre d'un événement extérieur qui nous éveille à une expé­rience instantanée : JE SUIS UN.

Oui n'a pas été, un jour, totalement retourné par un re­gard d'enfant, un coucher de soleil, la lumière de l'océan quand le soir s'annonce, ou encore une parole re­çue au juste moment ! Je ne parle pas ici d'émotion ou de romantisme, cela je m'en souviens, mais de ce moment unique que je ne peux même pas traiter ensuite par le men­tal : c'était ! Il s'est passé quelque chose en moi, j'étais UN... et une qualité de tranquillité m'habite sim­plement maintenant. Tout est en ordre ! Eh bien, voilà la méditation en tant qu'expérience spontanée vous êtes conduit vers votre centre... sans le vouloir !

Oui, chaque jour, chaque instant est porteur de petites grâces, occa­sions d'être un avec, éveillé. "Nous sommes peut-être conscients deux minutes par jour !" me disait un de mes "maîtres". Alors, n'attendons pas l'événement extérieur pour faire monter en nous cet éveil, mais ouvrons totalement notre propre nature.

La méditation surgira de l'intérieur, naturellement, sans effort particulier. Oui, mais voilà, tous les êtres qui "sont" ce niveau d'éveil ont fait des gammes, et ces gammes, ce n'est pas "faire de la méditation !". Elles sont les clés qui ont accès au grenier poussiéreux, à la cave encombrée, et aux autres pièces de ma maison en désordre. Revenir chez moi, dans une maison en ordre, pleine de vie, dans un sen­timent unifié, permet de voir clair, donc de se laisser aller au centre de chaque chose, chaque être, chaque événe­ment. C'est cela, être en méditation. C'est notre état simple et naturel.

Alors, quel est l'exercice qui va nous rendre sensible, éveillé aux petites grâces de la vie, à une toute nouvelle at­tention ?

L'assise en silence est la réponse. Elle me permet d'être telle la corde d'un instrument parfaitement accordé (tech­nique parfaite), tout à fait sensible au son de l'Etre. Trop tendu, ma peau se ferme, mes oreilles se serrent, mon re­gard se rétrécit... je ne suis pas là. Trop relâché, mon axe se défait, ma respiration s'endort... je ne suis pas là.

Être en résonance, c'est être une per - sonne à l'écoute de ce qui veut sonner en moi, surgir en moi, m'informer (me former de l'intérieur). Dans cette résonance, le son peut se propager dans l'immensité du monde, présence re­çue par des milliers d'hommes et de femmes.

L'Assise silencieuse est la pratique d'une manière d'être là, relié (religare), pouvant éventuellement s'ouvrir sur un état de méditation. L'Assise en silence est le grand exercice sur le chemin du développement personnel. En entreprise, je prends souvent l'exemple de la voiture : imaginez un instant que vous passiez sans cesse vos différentes vitesses sans jamais repasser par le point mort Réfléchissez : com­bien de fois dans une journée, vous arrêtez-vous totale­ment, au-delà des "changements de vitesse" ou des pres­sions exercées sur vous ? Considérez-vous comme aussi vital pour votre vie ce moment où vous vous remettez au point, que ce moment où vous devez terminer ce courrier, alors que le téléphone sonne et que votre rendez-vous est dans dix minutes ? L'un est-il pour vous plus urgent que l'autre ? De quelle urgence parle-t-on ?

Trouver le bon rythme devient aujourd'hui essentiel, afin de briser le cercle vicieux : activisme - dépression, qui a remplacé l'activité sereine.

Non, ne réagissez pas... Agissez avec tranquillité dans une vision élargie où le silence intérieur est au centre des bruits de notre existence.

Le corps, face visible de l'être, révèle notre degré de cohérence, c'est-à-dire l'unité entre notre ordre corpo­rel, nos états d'âmes et notre parole/action dans le monde. Il est le siège et notre con - fiance grâce à la culture inten­sive de notre centre et de notre capacité à rayonner. Il est également source de notre vérité, donc de notre crédibilité dans la vie de tous les jours.

Seul l'exercice posé sur le chemin cultivera au quoti­dien cet arbre de vie, dans chacune de nos fibres, vers notre maturité intérieure.

Jacques Dechance – Pratiques corporelles n°120 - septembre 1998

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