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alcool, abstinence et sophrologie

 

 

  dernière modification de cette page le 26-sept.-2008

journal n° 21 / journée du 08/12/2005

Lors de cet atelier, il est apparu que l’alcool « parlait » de façons différentes à chaque personne : on peut le craindre pour l’avoir côtoyé dans sa version négative, l’aimer pour son goût ou ses effets.

Cette intervention avait pour objectif de donner quelques informations sur le processus de dépendance et les difficultés de l’abstinence afin de corriger voire éliminer certaines croyances telles que la place de la volonté dans le processus… et avoir ainsi en tête une nouvelle représentation des mécanismes afin d’adapter l’outil sophrologique lors des séances.

 

ALCOOL

Depuis toujours les civilisations utilisent des produits pour modifier l’esprit humain - besoin fondamental de l’homme de changer / découvrir des états de conscience différents :

Civilisation chinoise = opium - Moyen-Orient = haschich - Amérique du Sud = cocaïne, hallucinogènes

Occident = alcool, produit que l’on peut trouver partout sans problème

Individu + produit =  histoire d’amour en 3 actes à  1. séduction    2. conflit     3. rupture

On ne peut pas parler d’abstinence sans parler de dépendance à  3 dépendances : physique  -  psychologique  -  sociale

 

  1. DEPENDANCE PHYSIQUE = perte de la liberté du corps de s’abstenir d’alcool

Alcool   à   acétaldéhyde   (via enzymes) à   acétates (vinaigre)                                   

Alcool +++ = fabrication +++ d’enzymes = dégradation rapide +++ 

à Tolérance «+ je bois, mieux je supporte l’alcool» à  augmentation des doses pour un effet identique (conséquence de la TOLERANCE) à  l’organisme ne PEUT plus fonctionner sans alcool

Accumulation lente d’acétaldéhyde (toxique) normalement dégradée en acétates assimilées par les cellules + substances chimiques naturelles (dont la Dopamine) à le corps devient une usine chimique (étalé sur 10-20 ans) à production de substances chimiques : « endorphines - like » = produit morphinique

à vont se substituer aux endorphines naturelles (produit indispensable à la survie)

à support biologique de la sensation de plaisir

è la survie du corps dépend d’endorphines EXTERIEURES (via l’alcool)

      (tout comme une voiture a besoin d’essence pour fonctionner)

è absence d’alcool = MANQUE

MANQUE à une seule activité possible : combler – se remplir d’alcool (question de survie)

            à consommation régulière (hors horaires « sociaux ») à cachette à culpabilité

            à dépendance ä = perte de la liberté

Toxicomanie ignorée : pendant un temps pour combler le manque il faudra trouver un prétexte pour boire sans trop de culpabilité, le justifier à travers un évènement (par exemple un évènement) ; Cela  permet d’ignorer l’expérience du manque vécu sans arrêt è tolérance ä = dépendance ä = spirale sans fin è épuisement du foie à INTOLERANCE  (processus s’installant sur plusieurs années)

Intolérance : la survie du sujet dépend d’un produit que son corps ne supporte plus

Addiction = mot qui vient du langage juridique où un sujet pouvait contrainte par corps son débiteur

                    = Nécessite un produit (alcool) ou un comportement (travail, jeu, sport, sexe…)

                    = traduit une incapacité à se trouver face à soi

 

  1. LA DEPENDANCE PSYCHOLOGIQUE

Précède toujours la dépendance physique (parfois plusieurs années).

Au départ :

-          alcool plaisir : celui du goût - plaisir intérieur – sensation de bien être (« la seule caresse intime que l’on puisse s’offrir en public » selon un psychologue) – plaisir de l’absence de déplaisir

-          alcool convivial : plaisir partagé, accompagne les évènements de notre vie. En buvant je m’intègre à la société = liant social.

Alcool = produit psychotrope :

à    diminue les tensions sous-tendant nos émotions, issues de nos conflits intérieurs

= alcool anxiolytique à alcool médicament

à    lève les barrières psychologiques : levée des interdits de nos désirs (oubli des complexes, pleurer, se mettre en colère, croire en soi, sentiment d’intensité et d’être soi même....)

       = alcool déshinibiteur - anti-dépresseur à alcool médicament

à    crée une inflation des désirs, permet de vivre dans l’imaginaire ou tout est permis (« A nous deux nous ferons un Dieu et nous voltigerons vers l’Infini... » Beaudelaire) = atteinte des idéaux placés trop haut possible le temps d’un instant

= alcool euphorisant - anti-dépresseur à alcool médicament

C’est par la fonction alcool - médicament  qu’il va induire la dépendance psychologique.

à fonction de pansement - amélioration de la communication - gain d’un surcroît d’existence

Le problème de cette union avec l’alcool est qu’il ne résout pas les difficultés mais permet simplement  de les éluder, de passer au-delà sans s’y confronter et éviter ainsi la souffrance de la confrontation

à remède IMMEDIAT au déplaisir    è lune de miel*

Produit = modifications de l’état de conscience = effets recherchés dans la répétition de la prise d’alcool à sensation intense – jouissance momentanée de l’absence de souffrance (différent de la présence de plaisir)

Le sujet a un recours extérieur pour résoudre un problème qui relève de l’intérieur.

Corps = otage, pas de relâchement possible sous peine de réapparition de la souffrance, de la douleur.

Dès lors, accumulation de problèmes contournés non résolus à angoisses ++ à prise d’alcool ++ pour calmer ces angoisses à dépendance physique à manque à  phase toxicomaniaque avec troubles du caractère, désintéressement pour l’entourage, dépression soignée avec l’alcool, désocialisation, solitude è lune de fiel*

à  lutte cachée du sujet contre lui-même avec difficulté à se reconnaître comme alcoolique car cela nécessiterait d’admettre les théories de Mr Toutlemonde (y compris lui même) soit : alcoolique = être méprisable, sans volonté... à installation d’un mécanisme inconscient et automatique pour se protéger de la dépression : le DENI.

 

Evolution du déni :

à    le sujet va se tester en arrêtant de boire à selon son degré de dépendance : c’est possible à possibilité de reboire sans culpabilité puisque « je m’arrête quand je veux » = alcoolisations paroxystiques (alcoolisations massives entrecoupées de périodes d’abstinence...)à l’alcool remet les compteurs à 0 avec l’inconscient (dépendance psychologique majeure avant  installation de la dépendance physique)

à    lorsque la dépendance physique sera là, le sujet prendra comme référence une personne plus avancée que lui dans la dépendance pour continuer de se donner le change et croire en lui

à    lorsqu’il aura atteint ce même niveau : boire un coup pour oublier = sauvegarder un peu de bonne image de lui.

à    DENI = mécanisme protecteur du risque dépressif à  devient une PRISON

La lutte cachée contre soi  devient une lutte ouverte lorsqu’arrive le rejet familial, professionnel, social...

 

 

  1. LA MALADIE SOCIALE

Dépendance sociale = perte d’autonomie relationnelle

A l’origine, une double peur :

-          le sujet a peur de son entourage qui représente une menace lorsqu’il est en état de manque

-          l’entourage se sent persécuté, dupé par le sujet lorsqu’il est alcoolisé (décalage entre le discours de la personne lorsqu’elle est sobre et lorsqu’elle est alcoolisée)

 

à Le travail

Dans le monde du travail, la société a toujours eu mauvaise conscience par rapport aux alcooliques puisqu’elle même s’alcoolise « légitimement » à la moindre occasion (baptême, mariage, retraite…..)

Tolérance de comportements intolérables à jeun à accumulation de fautes, voies de fait, absences justifiées (maladie) ou injustifiées, dangerosité, fautes professionnelles, baisse des capacités.... à tolérance dépassée

à sanction (vécue comme une persécution par le sujet) à perte d’emploi à chômage (perte de sécurité)

à alcool +++ à Précarité, désocialisation

 

à La justice

Suspension/retrait du permis de conduire, Retrait de la garde des enfants…. = la loi marque les limites

 

à L’entourage

La famille va devenir persécutante car ne sait pas qu’elle a affaire à un drogué à problèmes relationnels +++

Position de co-dépendance : le sujet dépend de l’alcool et le fonctionnement de la famille dépend du malade. à malade du « boire » et  malades du « voir boire »

 

 Comportements de l’entourage :

-          infantilisation du malade, décisions prises à sa place

-          chantage aux soins, conseils donnés en cachette au corps soignants

-          enlèvements d’enfants de femmes alcooliques par la belle-famille, les services sociaux

-          envahissement du couple par la famille,

-          enfant prenant la place du père (mère) défaillant.....

à perte de la dimension humaine du sujet pour ne devenir qu’un « alcoolique ».

à ressource de survie de l’entourage : la fuite (divorce...)

 

Toutes ces  pertes successives (familiale, professionnelle...) = prise de conscience « toucher le fond »

            â

bénéfices immédiats apportés par l’alcool dépassés par les pertes accumulées entraînées par l’alcool

å                                                                        æ

     quête d’aide                                                suicide

- rencontre d’associations d’entraide

- médecin

- centre spécialisé

         â

démarche volontaire

 

à  Maladie physique + maladie psychologique + maladie sociale

 

 

L’ABSTINENCE

 

Abstinence totale et définitive = seul traitement actuellement du fait de la mémoire cellulaire du produit

 

·         Le sevrage physique : le corps est rapidement sevré (3-10 jours maximum) = récupération de l’autonomie physique.

 

·         Le sevrage psychologique : très long (plusieurs années)

Deux périodes :  Période SANS alcool  -  Période HORS alcool

 

à Période sans alcool  = Manque psychologique du produit à la moindre tension

ü    préserver absolument les modes de compensation qui ont affaire avec la bouche : tabac, café, nourriture, besoin perpétuel de boire du liquide...

ü    faire évoluer ces modes de compensations : besoin d’action, de rencontres, de se faire plaisir...

 

Période où plus le malade s’identifiera à un malade alcoolique et le dira aux autres plus il se forgera une nouvelle identité : celle d’abstinent.

 

Réactions diverses :

-          le sujet s’isole (handicapé) – reste aveugle à ses propres capacités retrouvées

-          le sujet occulte tous les problèmes préexistants « comme s’il ne s’était rien passé »

-          la nouvelle abstinence pose des problèmes à l’entourage :

o        le sujet doit jouer des coudes pour retrouver sa place dans un système familial qui s’était lentement équilibré sans lui, autour de l’alcool et au milieu de souffrances

o        arrivée d’un nouveau personnage qui déséquilibre

o        affrontement, manque de souplesse : chute du plus fragile (souvent le sujet et d’autant plus s’il ne montre pas sa fragilité)

 

à risques de ré-alcoolisation (péjorativement « rechute ») :

=  réaction pour préserver l’installation psychique du sujet

=  pause dans la progression vers l’abstinence plus stable (prise de conscience de la force du   produit)

à déculpabilisation pour pouvoir en parler et inversement

 

à souffrance de la ré-alcoolisation = prise de conscience de ses limites, de sa fragilité

                                                         = préférable à une économie de souffrance

                                                        è réapprendre à vivre avec soi même et l’environnement

 

à Période hors alcool

Vivre est le meilleur apprentissage de la vie pour une meilleure connaissance de soi, s’accepter comme être désirant, accepter les limites de ses désirs et apprendre à les différer, différencier ses propres désirs de ceux des autres, découvrir toutes les potentialités cachées de son être :

è  apprendre à s’accepter/s’aimer tel qu’on est.

è  devenir soi = être plus authentique qu’il n’aurait été sans cette épreuve de vie, ce qui implique une acceptation de son parcours sans jugement, comme ayant été le seul possible du moment  par défaut

è  retrouver la vie en soi dans le quotidien, la notion de plaisirs simples prenant chaque jour un peu plus de place, la satisfaction d’une action finie entraînera d’autres actions…….

è retrouver une vie qui soit vivable tout simplement…

è  découvrir une autre ivresse : l’ivresse de vivre

Dès lors le besoin d’alcool peut disparaître et il est possible d’accéder à l’idée que l’alcool n’a pas la même fonction pour soi que pour les autres.

 
 

LE DESIR DE CHANGER

Le désir de changer est essentiel pour rendre la démarche thérapeutique possible.

Les circonstances diffèrent  mais comportent deux aspects convergents :

ü      le rejet de certains effets de l’alcoolisation, notamment les pertes subies tout le long du parcours alcool

ü      l’aspiration à connaître autre chose même si cet espace inconnu ou oublié représente une source d’angoisse

 

Le « déclic » comme le nomme certains mouvements d’entraide, la conscience du « ça suffit » peut intervenir après un événement précis, une rencontre avec un acteur du système alcool, une évolution ou une crise au sein du système alcool du sujet………

 

L’impossibilité d’Etre peut expliquer le non - vouloir :

avoir des convictions et des doutes avec une possibilité de libre-arbitre et de choix peut être effrayant

avoir des limites avec les autres peut demander beaucoup trop d’énergie quand le fonctionnement est sur le mode envahir ou être envahi, être insupportablement seul ou fusionnel

La notion de zone d’évolution, d’espace entre le « trop » et le « pas assez » est souvent difficile à percevoir et  source d’angoisse tant le comportement en « tout/tout de suite, tout ou rien » est installé. La peur de l’inconnu peut entraîner des sabotages inconscients tels qu’une absence a un rendez-vous important pour la reprise de l’activité professionnelle, une ré-alcoolisation au moment où un projet abouti….).

 

Retrouver l’élan vital

La notion de volonté est un facteur de malentendus chez le sujet alcoolodépendant.

La volonté - désir réclame une projection dans le temps avec une représentation de soi dans un futur, une transformation du vécu et des connaissances du sujet et de son entourage : l’abandon des préjugés paralysants prend du temps et de l’énergie.

« Le volontaire est avant tout celui qui sait il désire aller. Il ne pense qu’à son but, et plus ce but est inscrit profondément en lui, plus il saura trouver les moyens qui lui manquent. »

(J. Aubrion – SFA – bulletin n°4)

 

La mémoire est à l’origine de comportements inconscients, soulignant l’effet de modèle de certaines alcoolisations familiales ou environnementales et le rôle de l’habitude : aussi la liberté de s’abstenir de boire réclamera l’acquisition d’automatismes nouveaux, la programmation première erronée nécessitant une déprogrammation périodique (le programme « d’origine » étant toujours le premier à se mettre en route en cas de situation difficile).

La reconquête d’un élan vital passe par un face à face avec soi même sous forme de constat des capacités et des limites permettant une évaluation et une définition de son propre espace de fonctionnement avec toute la notion de sécurité que cela implique.

Elle doit donner au sujet la possibilité de découvrir ses capacités créatrices qu’il pensait ne pas avoir ou avait négligées (sauf peut-être dans le domaine artistique).

 

L’abstinence n’est pas un gage d’autonomie et ne suscite pas automatiquement l’envie de vivre installant ainsi la nostalgie d’un état d’insouciance et d’anéantissement de la pensée.

Afin d’aborder l’abstinence dans les meilleures conditions, le sujet devra faire une lecture réaliste de sa démarche, en trouver le sens et faire une évaluation objective des difficultés auxquelles il devra se préparer, ces difficultés ne représentant que des étapes vers des avantages - objectifs préalablement fixés. 

Ce travail de projection dans le temps donnera du sens au moment présent, sens portant en lui même l’énergie nécessaire pour surmonter la difficulté.

 

QUI EST LE SUJET ?

 

Souffrances sources =            Traumatismes de la petite enfance : absences de protection (holding et handling selon Winnicott), de racines, violences (verbales et/ou physiques, atmosphère), succession de ruptures…

Traumatismes précoces (avant l’accès à la parole)

                                   Traumatismes in utero (pendant la grossesse)

                                   Traumatismes transgénérationnels (inter-relations sur plusieurs générations)

 

Points communs retrouvés :

1.       Difficultés à communiquer – à utiliser la parole pour dire sa souffrance

2.       Vécu de manque – d’incomplétude – notion de vide intérieur

3.       Corps inexistant ou seulement à travers le manque ou la sensation forte

4.       Carences narcissiques (manque de confiance, de réussite) : le sujet se définit dans le regard de l’autre, attachement aux apparences (qui peuvent leurrer l’entourage) → Intolérance à la solitude (habitude de fuir la mauvaise image de soi)

5.      Fonctionnement imaginaire pauvre

6.       Recherche des limites : besoin de contenant (prison), de limites (loi)

7.      Incapacité à différer (or le plaisir réel de la vie se trouve dans le différé/projection de soi) - Exigence du tout et tout de suite – mauvaise perception des priorités (réalité) – incapacité à tolérer les frustrations

8.       perturbation de la mémoire et difficulté d’une attention soutenue

9.       maintien d’une « personnalité carapace » freinant l’aptitude au plaisir, au sentiment amoureux

10.   sentiment de culpabilité (p/r lui-même, parent, conjoint, enfant, …) renforcé par la honte sociale = désespoir neutralisé par l’alcool

 

Points communs au niveau de la famille :

1.       Carences des repères d’identification (éducation par le vu – l’exemple). Si les parents ne sont pas de bons objets d’identification il faut faire avec – se construire par le traumatisme et non le traumatisme qui construit

2.       Mauvaise qualité des liens – histoire familiale inconnue ou pauvre

3.       Carences affectives (aseptisation de la relation : on ne parle pas, on ne montre pas...)

4.       Toxicité du milieu familial : famille peu apte à donner des limites (inceste...)

5.       Dépressivité constante du parent = difficulté à donner à l’enfant par préoccupation interne

 

LA PLACE DU TRAVAIL SOPHROLOGIQUE

 

Il s’agira d’un travail en complémentarité avec ce qui peut être proposé après un sevrage en hospitalisation ou en ambulatoire c’est à dire des entretiens réguliers avec un médecin/psychologue référent, la participation à des groupes de parole, à médiation, et/ou des groupes dans le cadre de mouvements d’entraide…

 

Objectif des séances

Re-connaitre, Ré-apprivoiser son corps à// corps contrainte du fait de la dépendance avec mauvaise image de soi

Avoir des repères corporels du niveau de tension et acquérir des techniques et des stratégies de protection

Se remplir de soi (sensations) à // vide de l’absence du produit

Se relier à son environnement à  // sortir de l’isolement

àà  Trouver des bénéfices à rester abstinent

 

Cadre de travail

à Personnes volontaires  - Travail en groupe ou individuel.

  

  1. CONSTRUCTION DE L’IDENTITE MATIERE  - ENVELOPPE CORPORELLE

La maladie alcoolique est une maladie des limites aussi il sera intéressant de poser cette enveloppe corporelle. D’autre part, l’abstinence par la suppression du produit a dépouillé le sujet de son « enveloppe » le laissant nu comme l’adolescent - homard décrit par F. Dolto.

Il s’agit donc d’un temps de reconstruction qui se fera en position debout et assise pour un niveau de tonicité à la fois physique et psychique = Reprendre sa place = Expérimenter la notion d’ »homme debout » sans le produit - tuteur.

 

La RD1 va permettre  de travailler :

La sécurité : qui sera assurée par la présence permanente de la voix qui va constituer une première enveloppe sonore permettant un début de lâcher. Elle permettra également la fixation de l’attention évitant ainsi la dispersion.

 

La confiance : la fermeture des yeux (ou yeux baissés) va permettre de poser son attention sur soi et donc se reconnaître comme sujet d’intérêt et accéder ainsi à l’idée de pouvoir s’apporter quelque chose (du confort), y « avoir droit ».

 

L’équilibre : perception satisfaisante de la position du corps dans l’espace souvent difficile et douloureuse physiquement, manque d’ancrage. A travailler en variant la forme (marche, oscillations…)

 

Le corps matière : découverte des différents segments corporels, de sensations agréables sans produit extérieur à expérimenter entre les séances, le sophrologue ne devant pas devenir un produit de substitution (importance du cadre à respecter : lieu, horaires, parole…)= Faire l’expérience d’un « nouveau » corps autre que corps douleur – manque - contrainte

Petit à petit en avançant dans le cycle, va être abordée la notion de Progression – de marge de manœuvre

= affinement des exercices par découpage des mouvements - variation de l’amplitude et de l’intensité des mises en tension/relâchements – intentionnalité – recherche de nuances, d’harmonie à le sujet fonctionnant habituellement en « tout ou rien » fait l’apprentissage d’un « entre-deux », découvre une nouvelle marge de manœuvre.

 

La lecture du corps va permettre d’apprendre à repérer les tensions et expérimenter les techniques de relâchement - de focalisation sur le positif ressenti = découverte de l’autonomie, d’un possible choix face aux manifestations corporelles.

 

La présence à l’instant – à soi : par la pause d’intégration et l’écoute des sensations, du phénomène émergeant à le sujet ayant tendance à être dans la fuite de lui face à une réalité insupportable

Le constat bienveillant sans analyse ni jugement va permettre l’accès à l’acceptation à le sujet ayant souffert d’un manque/d’une insuffisance de  reconnaissance inconditionnelle.

 

L’identité à la mise en mots lors du feed-back donnera accès à la rationalisation, à la conscience de sa singularité

 

La vivance – l’espace intérieur : travail de la respiration amené progressivement lorsque la fonction respiratoire a été suffisamment intégrée tout au long des exercices de RD1  = notion de vivance en soi, de dedans/dehors àintéressante par rapport à la notion de vide sans contour  laissé par l’absence du produit

 

La Concentration = Fixation de l’attention sur la voix, sur une image d’apaisement à travailler avec beaucoup de douceur car très souvent apparaissent des « flash » d’alcool  (sensation/image liées à l’alcool) = la répétition permettra de créer un automatisme image/état corporel et surtout d’expérimenter la persistance de l’état après disparition de l’image àle sujet étant souvent « éparpillé » et immature sur le plan affectif

 

A la fin de chaque séance : proposition d’une CONSIGNE par rapport au quotidien 

= expérimenter- mettre en application  les techniques pour expérimenter l’autonomie.

 

Ce travail va amener à la notion de consistance – de place,  intéressant pour le sujet qui a un vécu d’incomplétude avec sensation de vide laissé par l’absence du produit

 

  1. REDECOUVERTE DE LA DIMENSION EMOTIONNELLE

 « Percevoir finit par n’être plus qu’une occasion de se souvenir » Bergson

 Les émotions ressenties permettent de porter une appréciation sur la réalité vécue, de se positionner face à elles = choix d’une réponse pertinente et adaptée. Contrairement, boire est une réponse non pertinente et inadaptée – notion de débordement par un vécu difficile (constat des dégâts familiaux, professionnels...)

Il s’agira donc de redécouvrir les différentes nuances positives des émotions - apprendre à « neutraliser » les manifestations corporelles émotionnelles - se ré-affirmer dans ses capacités de plaisir, de joie, d’émerveillement...

Le travail des sens va permettre de renforcer la conscience de l’espace intérieur/espace extérieur et la notion d’échange, la différenciation Moi/non Moi à ouverture à l’espace environnant tout en restant à l’écoute de son ressenti, en se situant à Travail particulièrement intéressant par rapport à l’isolement ressenti par le sujet et à son fonctionnement fusionnel ou rejetant.

Travail d’ évocations libres de souvenirs positifs liés aux 5 sens   à   constitution d’une gamme émotionnelle  à Souplesse - Se percevoir autrement qu’en tout/rien – bon/mauvais - noir/blanc – mais plutôt en multicolore à Trouver une échelle de graduation et y repérer son seuil acceptable – confortable.

Relier les sensations à des situations permet d’aborder la notion de réflexes dans le lien corps - mental par la prise de conscience du rapport entre certaines images, mots et des manifestations émotionnelles excessives. Les émotions deviennent alors un point de repère supplémentaire, une nouvelle référence (voyant du tableau bord) à Utiliser la force compensatrice du sentiment positif dans les moments difficiles : voir le chemin parcouru plus que le chemin à parcourir

à Aborder la notion de choix de vivre l’intensité émotionnelle tolérée dans le respect de soi – de ses limites – de son confort = acquérir une certaine autonomie face aux évènements va alors renforcer la conscience de l’identité et l’idée d’une existence possible hors alcool.

 

  1. Ce champ de conscience plus large va permettre la projection dans le FUTUR.

Retrouver les souvenirs positifs, compétences, réussites, qualités, savoir-faire en recontactant les sensations positives associées va donner une coloration différente au passé et permettre d’intégrer son histoire avec l’alcool comme une étape de vie à notion de continuité dans le temps, de cohérence, d’évolution qui va autoriser le sujet à se projeter dans le futur car n’oublions pas que la maladie alcoolique est une maladie de la rupture, que vouloir « échapper » à son histoire mobilise beaucoup d’énergie et place le sujet dans une position de contrôle et de défense le protégeant de toute émotion négative mais aussi….positive qui pourrait nourrir sa motivation au soin. D’autre part, voir les bénéfices amène à trouver le sens de la démarche « ce que je cherche au delà de l’abstinence » et à l’idée que les choses peuvent être différentes : le sujet pouvant avoir un sentiment de « destinée » négative quoi qu’il fasse. Toutefois, l’activation positive du futur est parfois difficile à mettre en route dans certains cas où la dépression est bien installée.

Il semble très intéressant d’insister sur « les petites choses sans importance », dans l’idée de sentir la vie à chaque instant (il n’y a pas d’heure sans minutes ni de minute sans secondes) et de favoriser la réalisation de petites actions afin de récupérer la satisfaction - énergie de l’action finie pour la mise en place d’une autre action….

 

LIMITE DE L’OUTIL

La personne alcoolisée par difficulté de concentration, distorsion des informations sensorielles, émotions exacerbées/émoussées, intuition perdue dans l’irréalité.

 

Le travail demande de savoir réviser en permanence ses objectifs, s’adapter au rythme d’évolution et aux possibilités du sujet tout en maintenant fermement le cadre qui ne manquera pas d’être  bousculé, discuté, contesté… car l’évolution n’est pas toujours chose facile de même que l’idée d’avoir droit à un mieux être, le débat s’engageant entre pulsion de vie et pulsion de mort.

 

Il semblait important d’avoir ces quelques données en tête afin d’utiliser la méthode au mieux avec ce type de sujet.

La question de la position du sophrologue a également été posée : le sophrologue doit être très clair quant à sa place : soit face à un sujet qui a un problème avec l’alcool, soit face à un membre de l’entourage du sujet, le travail n’étant alors pas le même.

 

Annie Berthon le 08/10/05

 

 

 

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